Une journée type de mère célibataire : témoignage d’une maman solo

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Devenir des parents est un bouleversement. C’est logique, avoir un enfant entraîne de nouvelles habitudes, un nouveau rythme à prendre, des obligations et responsabilités. Si c’est un grand bonheur, cela peut aussi devenir une source de fatigue, d’angoisse et de stress, notamment pour un père ou une mère célibataire. En effet, on sait à quel point le rythme est soutenu pour une maman solo qui a la garde de ses enfants et qui gère tout, toute seule. Epuisement émotionnel, charge mentale, dépression souriante parfois ou burn-out maternel, les risques de craquer sont bien présents. Pour le comprendre, voici le témoignage d’une maman solo sur une journée type de mère célibataire. Un moyen de comprendre que, répétée presque 365 jours sur 365, une telle journée pour une maman solo est une course permanente contre le temps, les aléas, contre elle-même. Même si cela n’enlève rien à l’amour qu’elle porte à ses enfants.

Une journée type de mère célibataire : témoignage d’une maman solo

Il est plus de 22 heures 30 et encore une fois, je n’aurai pas eu le temps de me détendre devant un épisode de ma série ou de m’échapper dans les pages d’un roman. Là, je n’ai qu’une envie : aller dormir, abrutie de fatigue. Mon corps et mon cerveau n’aspirent qu’au repos. Et je croise les doigts pour ne pas affronter une insomnie qui m’empêchera de trouver le sommeil. Mais en ce moment, c’est récurrent. Je me refais le film de ma journée puis j’enchaine avec tout ce que j’ai à faire le lendemain. Cela m’épuise d’avance et je mets des heures à m’endormir.

Ce cycle infernal va-t-il enfin prendre fin bientôt ?

Si je me couche maintenant, j’aurais exceptionnellement mes 8 heures de sommeil. Ça se tente. Adieu détente du soir dans le silence et le calme, bonne nuit avec ma couette ?

Ma journée de mère célibataire commence à 6h30

Demain, le réveil sonnera à 6h30. J’aurai alors 30 minutes pour me préparer avant d’aller réveiller mes deux petits monstres et d’attaquer une nouvelle journée type de mère célibataire.. Un réveil en douceur mais avec fermeté si je ne veux pas passer 15 minutes à les sortir du lit.

Le lever, le petit-déjeuner, le brossage de dents, les coiffer, les aider à s’habiller même s’ils sont autonomes. Mais il y a toujours une fermeture qui coince, un bouton qui ne veut pas se fermer, un lacet réfractaire.

Hop, on enfile chaussures et manteaux et on file en voiture pour le périscolaire où je les dépose à 8 heures. Pendant ces 45 minutes de préparation avec eux à la maison, déjà douchée et habillée, j’aurai normalement rangé le petit-déjeuner, parfois étendu une lessive, rempli ou vidé le lave-vaisselle, essayé de me maquiller, fait les lits et préparé mes affaires pour ma journée de travail.

Tout cela entrecoupé évidemment de « maman !! » répétés 10 fois assortis de « je veux encore une tartine, j’ai renversé mon verre, je trouve pas ma brosse à dents, j’aime pas cette robe, j’ai perdu ma deuxième chaussette, j’ai mal au ventre… »

A 8h environ, je pars donc pour le travail, situé à une demi-heure de chez moi en voiture. Je commence « tôt » pour ne pas rentrer « trop tard » le soir pour les enfants. Mais je ne les récupère qu’à 18h quand même.

J’aime mon travail, je me sens utile même si les journées sont longues et que je sais en partant que la journée est loin d’être terminée.

Journée type de mère célibataire : ma 2e journée commence après le travail

Départ donc vers 17h30 pour récupérer mes enfants au périscolaire à 18h. Ils y sont depuis 16h30 et mangent à la cantine le midi. Ce sont des frais et mon budget en prend un coup mais je n’ai pas le choix. Une nounou me coûterait plus cher. Et mes parents me rendent déjà un énorme service en gardant les enfants tous les mercredis.

Je vais donc les chercher. Parfois je prends un créneau de 10 minutes pour aller récupérer un colis ou mon drive de courses sur la route.

Vers 18h15, nous sommes tous les trois de retour à la maison, quand tout va bien. Ils me racontent leur journée dans la voiture.

Arrivés à la maison, c’est parti pour le fameux tunnel du soir que connaissent tous les parents. Les devoirs, la douche, le dîner, un temps de jeux de société ou de papotage ensemble, l’histoire du soir, le rituel du coucher. Pendant que je prépare le dîner, ils ont leur temps libre avec leurs jouets, un dessin animé. J’essaie de limiter les écrans au maximum, notamment le soir, et en semaine. Je suis plus cool le mercredi et le weekend.

Quand tout va bien, ils dorment avant 21 heures, après un énième bisou, verre d’eau, passage aux toilettes…

C’est sur ce créneau que je m’occupe du reste : le linge, la vaisselle, préparer les affaires, anticiper quand je le peux les repas, m’occuper de démarches administratives, faire un drive de courses. Pour ne pas me coucher tous les soirs à minuit, sinon je suis une zombie le lendemain au réveil !

J’essaie d’être la plus organisée possible pour ne pas me laisser submerger mais je ne veux pas non plus d’un rythme militaire et rigide. Ce n’est pas dans mon caractère et je ne veux pas que mes enfants soient envahis par mon stress.

Le mardi soir par exemple, sachant que le lendemain ils sont avec leurs grands-parents, la soirée est plus détendue, l’heure du coucher moins figée. C’est surtout le vendredi soir où on profite différemment. Soirée crêpes, plateau TV, restaurant, invitation d’amies avec leurs enfants, soirée pyjama. On prend le temps de fêter le weekend qui arrive.

Si la semaine suit un rythme précis, école et travail obligent, le lâcher prise a lieu le weekend. Et le mercredi, j’ai la chance que mes parents soient disponibles pour garder les enfants. Ils viennent à la maison ou je leur amène, une semaine sur deux. Je peux compter sur eux pour les devoirs, le repas du midi, et ils emmènent les enfants à leurs activités : judo pour l’un et piscine pour l’autre.

Voilà ma journée type, ma semaine de maman solo quand tout va bien.

Mais, car il y a souvent un mais, c’est sans compter sur les aléas. Du plus petit grain de sable dans l’engrenage à la plus grosse urgence, il est rare qu’une semaine se passe exactement comme prévu.

Car il faut ajouter à cet emploi du temps déjà bien chargé les rendez-vous médicaux après le travail, les réunions à l’école, les compétitions sportives. Et les appels et démarches administratives qui ne peuvent se faire en ligne le soir et pour lesquelles je sacrifie régulièrement mon heure de déjeuner.

Ma vie est un marathon qui commence du lundi au vendredi à 6h30 pour se finir au mieux à 22 heures.

Je ne veux pas me plaindre. J’ai de la chance d’être bien entourée, d’avoir un bon boulot et des enfants que j’aime plus que tout.

Mais être maman solo à plein temps, c’est sportif, il faut bien l’avouer.

Mes deux enfants ne voient leur père qu’aux vacances scolaires car il est parti vivre loin et il n’a jamais essayé de gérer un autre mode de garde. Donc les weekends ne sont évidemment pas de tout repos. Même si le rythme est moins soutenu, je reste une maman H24 ces deux jours-là.

Parfois, je me dis que je ne sais pas quand je trouverai le temps pour un homme dans tout ça, si je voulais refaire ma vie ! Mais ce qui me manque le plus, c’est une activité rien que pour moi. Du temps rien qu’à moi.

J’essaie, une ou deux fois par mois, de prendre une soirée pour sortir entre amis. Mes enfants vont chez papy ou mamy ou j’engage une baby-sitter pour la soirée, selon mon budget.

Je cale l’essentiel de mes rendez-vous personnels et médicaux sur le temps des vacances scolaires quand mes enfants sont chez leur père. Cela demande de l’anticipation sans arrêt et de l’organisation.

Il faut prévoir, anticiper, se projeter des semaines et même des mois à l’avance. Mais il faut aussi réagir dans l’urgence au moindre problème, à la moindre galère.

Être maman solo à plein temps ou presque, c’est être un peu aussi le papa, mais surtout être multifonctions au quotidien. Gérer les petits bobos et chagrins des enfants, mais aussi les pannes de machine à laver ou de voiture, s’improviser plombier, maîtresse d’école, infirmière. C’est apprendre l’indépendance totale parfois sur le tas et surtout rendre ses enfants autonomes peut-être plus vite, c’est vrai.

Mes enfants m’aident, ils rangent leurs chambres, mettent et débarrassent la table, commencent à savoir préparer leurs affaires correctement.

Le weekend, le grand ménage du matin se fait ensemble en musique pour que ce soit ludique comme aussi dès que je le peux un atelier cuisine pour préparer quelques menus de la semaine à l’avance.

Voilà ce qu’est mon quotidien, ma réalité de maman solo et encore, je sais que je m’en sors bien.

Pour ma part, être mère célibataire n’est pas un choix au départ. Je n’ai pas choisi de faire un bébé toute seule. Si j’assume ma séparation, j’admets que depuis, il a fallu un temps d’adaptation à cette nouvelle vie de maman solo.

Je ne vais pas nier la charge mentale que cela implique, la charge émotionnelle aussi, la fatigue, le stress et la peur parfois de ne pas y arriver.

La frontière peut sembler mince parfois avec l’idée de sacrifice. Mais si je craque parfois et peine à me relever, car je suis fatiguée, stressée, je ne m’effondre pas. Je ne laisse pas la solitude affective prendre toute la place et je pratique la gratitude et la résilience pour rester forte.

Pour moi, malgré la fatigue, je vais de l’avant. C’est une grande fierté que d’aider mes enfants à bien grandir et évidemment un bonheur sans pareil d’être leur maman.

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