Lettre ouverte aux parents absents de la vie de leurs enfants

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Il y a quelques années, vous avez fondé une famille avec votre conjoint. Seulement est arrivé ce que tout couple redoute, il y a eu séparation ou divorce. Entre vous, la seule solution viable était de rompre. C’est évidemment une décision lourde de conséquences, mais comme on dit, il vaut mieux des parents heureux séparés que des parents malheureux ensemble pour l’équilibre des enfants. Dans les faits, c’est souvent plus compliqué, on ne va pas se mentir. Le bien-être des enfants doit être la priorité et heureusement de nombreux parents séparés font les choses intelligemment. Hélas, dans de trop nombreux cas, les enfants paient le prix fort. Se séparer de son ex conjoint ne signifie pas se séparer également de ses enfants. Et pourtant, des pères et des mères prennent cette direction. Ils font ce choix de ne plus considérer leurs enfants comme une priorité mais à peine une option dans leur vie. A peine une présence, parfois plus aucun signe de vie. Alors se pose la question : pourquoi ? C’est le sens de cette lettre ouverte aux parents absents de la vie de leurs enfants, par choix. Pourquoi avoir renoncé ou oublié vos enfants ?

Lettre ouverte aux parents absents de la vie de leurs enfants

Cette lettre n’est pas une leçon de morale adressée aux parents qui ont choisi tel ou tel mode de garde. Chaque cas est différent. Chaque couple qui se sépare doit prendre la décision, en son âme et conscience, au mieux pour ses enfants, de choisir le mode de garde le plus adapté.

Bien entendu, cela se passe parfois dans la douleur, dans la froideur des tribunaux lorsque les deux parents ne sont pas d’accord. Il n’y a rien de plus triste que deux parents qui se déchirent et prennent leurs enfants en otages alors que les enfants, eux, ne souhaitent qu’une chose, continuer à voir leurs deux parents. Encore une fois, on ne parle pas ici des cas graves où la garde est retirée à l’un des parents parce qu’il est inapte ou dangereux pour ses enfants.

Non, ce qu’on veut dire ici, ce qui est dommage, c’est de se déchirer alors qu’au fond, aucun des deux parents ne veut disparaître de la vie de ses enfants. C’est une chance de rester sur la même longueur d’onde après une séparation. Il ne faut pas faire des enfants les victimes de sa mesquinerie ou de son désir de vengeance.

On lit souvent des témoignages ou des commentaires sur les articles publiés sur les parents solos, pleins de rancœur ou de haine à l’égard du papa ou de la maman solo.

Pourquoi cela devrait toujours être une guerre permanente ? Ne serait-il pas plus intelligent, mature, quand cela est possible de faire preuve de bienveillance et de penser à ses enfants ?

On peut ne plus s’aimer, se détester même suite à une tromperie, une infidélité, un adultère, mais les enfants n’ont pas à payer pour cela.

C’est là qu’on doit faire la différence entre son ancien couple et sa famille, entre son ego de femme ou d’homme blessé(e) et son rôle de parent.

Lire aussi : Parents épanouis, enfants épanouis ? De l’importance du bonheur parental

Lettre ouverte aux parents absents de la vie de leurs enfants

Mais cette réflexion s’adresse aux parents qui ont fait le choix de ne plus s’occuper de leurs enfants. De ne pas demander la garde ou de ne pas en respecter les modalités, à l’amiable ou suite à un jugement. De ne pas les voir grandir alors que rien ne les en empêche. Ni l’autre parent, ni une décision de justice.

Ces parents démissionnaires, cette mère absente, ce père absent, ils existent. Ce sont ceux qui ne demandent pas à avoir la garde. Ceux qui ne prennent pas leurs enfants le weekend alors qu’ils en ont le droit et le devoir. Ceux encore qui écourtent les vacances, ou ne prennent même plus la peine de jouir de leur droit de visite ou d’hébergement.

Au début, ce sont les messages et les appels qui se font de plus en plus rares. Ensuite les weekends et les vacances raccourcis ou annulés. Après, il ne reste plus qu’un cadeau choisi sur Internet ou une carte envoyée pour les anniversaires et Noël. Mais après, même la boîte aux lettres reste vide. Et pour finir, c’est le silence, la disparition totale de la vie de leurs enfants. Pour un mois, un an, des années, toujours…

Lire aussi : La séparation parentale : comment se séparer, annoncer la séparation aux enfants sans culpabiliser ?

Les causes ou raisons évoquées au début, ou plutôt les prétextes ? Le travail, un nouveau conjoint, un déménagement loin, une nouvelle famille recomposée.

Les réelles (dé)motivations ? La crise de la quarantaine (de la trentaine ou de la cinquantaine, ça marche aussi), une nouvelle vie de célibataire, une nouvelle passion amoureuse, les enfants vus comme une contrainte, l’incapacité ou l’ennui à s’en occuper, le fait de faire payer l’autre parent…

Parce qu’en effet, on parle souvent du parent, et ce sont encore en majorité les femmes, qui a la garde des enfants, comme celui qui pourrit la vie de l’autre. Comment ? En réclamant une pension alimentaire, en refusant le droit de visite et d’hébergement, en filtrant les appels… Oui ça existe mais il y a aussi le parent absent qui agit ainsi.

Il croit qu’en privant ses enfants de sa présence, il va atteindre son ex… L’empêcher de refaire sa vie, d’avoir du temps libre, ou d’autres mesquineries du genre. Mais en agissant ainsi, c’est lui ou elle qui se prive du bonheur de voir ses enfants, et les enfants qui souffrent évidemment de la situation.

Lire aussi : Comment faire le deuil de sa vie de famille après une séparation ou un divorce ?

On ne peut nier qu’en se séparant, encore trop de parents associent leurs enfants à la rupture. D’un revers de main, ils balaient leur vie passée, enfants compris.

Cela laisse des traces, des séquelles même, à vie. Chez certains enfants, cela finit par cicatriser, pour d’autres le chemin est plus long, plus douloureux. Et c’est parfois à l’âge adulte que le traumatisme leur revient en pleine figure. Notamment quand ils se mettent en couple ou songent à devenir parents à leur tour.

Trop d’enfants culpabilisent face à l’absence d’un parent alors qu’ils n’y sont pour rien, et souffrent le martyre de se sentir désaimés, rejetés, abandonnés. L’autre parent n’a alors d’autre choix que de les rassurer et de devoir remplir les deux rôles.

Devant tant de souffrances causées à des enfants innocents, et alors que votre ex ne vous a jamais empêché(e) de rester un parent présent et investi, pourquoi ce choix de disparaître de la vie de vos enfants ?

Quelle est votre raison, votre excuse, votre motivation ?

Aux parents en intérim, présents quand ça les arrange par intermittence. Aux parents totalement absents de la vie de leurs enfants. Cette question est pour vous : pourquoi ?

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4 réflexions au sujet de “Lettre ouverte aux parents absents de la vie de leurs enfants”

  1. Pour répondre à vos questionnements, voici ce que j’ai encore de vous laisser comme commentaire :
    Car je suis en instabilité et anxiété financière, sans logement fixe pour les accueillir, avec une communication tombée dans l’herméthisme avec le co-parent, que nos familles respectives ont pris parti dans une histoire de rupture qui est notre histoire de vie et d’ex-vie de famille en couple puis à 4. Et enfin qu’avec ce cocktail, je me sens être une source d’anxiété et de souffrance pour mes enfnats en leur présence qui me renvoie au défi supplémentaire lorsqu’il s’agit de mon autorité naturelle envers eux et pour eux, maintenant quasi disparue. Ils sont donc provisoirement plus stables avec d’autres référents éducatifs autour d’eux qu’avec moi leur maman. Je souhaite que la situation évolue vers des retrouvailles en toute sécurité affective et physique pour nous 3 et sur une longue periode pour vivre sereinement ensemble.
    Le temps devrait m’aider à trouver comment trouver les clés de nos retrouvailles.

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  2. Je suis une enfant abandonnée depuis maintenant 11 ans aujourd’hui j’ai 21 ans et j’admets que quand on est enfant on pense avoir chassé cette douleur mais quand on grandit et qu’on commence à aimé quelqu’un on a peur de l’abandon donc on fait tous pour arriver à une rupture. Je suis la victime de la séparation de mes parents et j’en souffre aujourd’hui.
    En lisant se texte je me suis reconnu et j’en ai pleuré

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  3. Malgré tout ce que le gentil papa m’avait fait il n était pas question pour moi d empêcher mes fils de le voir mais malgré tout il l avait décidé ainsi si on se séparait il les abandonnerait… Et c est ce qu il a fait il ne les prenait que quelques heures une ou deux fois par an, ma laissant seule la charge de leur éducation, ne payant pas de pension. Ce n est que lorsqu’ils ont été adolescent vers 15 ans qu il a pris l aîné pour quelques jours il ne voulait pas du deuxième, mais mon fils ne voulait pas y aller non plus remettant complétement ce père absent…bref il a été un père complétement absent, ne voulant rien faire pour eux ni m aider financièrement, il croyait certainement me punir … Maintenant il est fier de ce que ses fils deviennent en tant que jeunes adultes mais il n y est pour rien… Mes fils le fréquentent un peu mais en ayant bien en tête qu ils ne lui doivent rien…

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