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La séparation parentale : comment se séparer, annoncer la séparation aux enfants sans culpabiliser ?

La séparation parentale : comment se séparer, annoncer la séparation aux enfants sans culpabiliser ?

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La séparation parentale : comment se séparer, comment annoncer la séparation aux enfants sans culpabiliser ?

Un article écrit par Isabelle du site sos-parents-separes.

Vous êtes parent et vous envisagez de vous séparer

Trop de disputes ou pas assez, rien de va plus dans le couple.

L’un de vous a rencontré un nouvel amour.

Quelle qu’en soit la cause, l’éventualité d’une séparation vous traverse l’esprit ou revient de manière récurrente dans vos réflexions.

Et envisager une séparation provoque peut-être une certaine angoisse.

En effet, la séparation c’est la fin de l’histoire commune de deux personnes.

La fin de l’histoire est synonyme dans bien des cas d’abandon, de trahison pour au moins l’un des deux. Il faut faire le deuil de l’histoire, du mariage, du couple et cela peut être perçu comme un échec.

C’est le temps des bilans du vécu de l’histoire par chacun et ils ne sont, bien sûr, pas identiques.

Si le couple se sépare, c’est que le commun a posé problèmes ou a été insuffisant. Conséquence d’un manque de communication, par lâcheté, par manque de résilience, ou simplement d’une erreur, d’une illusion sur la nature du sentiment éprouvé ou du besoin à combler.

Mais pendant cette histoire commune, ces deux personnes sont devenues parents et le resteront jusqu’à la fin de leur vie.

C’est une réalité qu’il est nécessaire d’intégrer dès la séparation.
Si un couple peut mettre fin à une union, par une signature, par une procédure, il ne pourra jamais mettre fin à sa parentalité avec l’autre, que cette parentalité soit effective ou abandonnée. C’est un lien à vie, quoi qu’il se passe.

La Séparation parentale et la culpabilité

Envisager la séparation provoque bien souvent une certaine panique en pensant à son ou à ses enfants. La culpabilité face à sa responsabilité parentale arrive au grand galop.

Et la culpabilité est toujours mauvaise conseillère.

En effet, un enfant ne doit pas être responsable d’une vie de couple gâchée, pour l’un ou pour ses deux parents. Se sacrifier n’est ni un cadeau, ni un exemple à donner à nos enfants.
Ce n’est pas une ambiance joyeuse et un modèle relationnel pour l’enfant en construction. Il risquera de reproduire ce schéma plus tard, puisque c’est le seul qu’il connaîtra.

Une séparation s’accompagne bien souvent d’une charge plus ou moins lourde de culpabilité et/ou de culpabilisation.

Cependant, être responsable ne veut pas dire être coupable.

Etre le parent responsable, c’est-à-dire à l’origine de la rupture ne signifie pas être coupable ni de la décision ni du bouleversement qui en est la conséquence.

Malheureusement, trop souvent, celui qui décide la séparation devient le bourreau de son conjoint et de la famille.

La séparation parentale fait partie des événements qui peuvent être à l’origine de troubles plus ou moins importants chez l’enfant, mais comme d’autres circonstances, un déménagement ou l’arrivée d’un autre enfant.

Il n’est ni possible, ni souhaitable d’éviter tout changement dans la vie d’un enfant, car cela revient à le protéger de la vie.  Et la vie n’est que mouvement, changement et adaptation.

Etre un parent responsable, c’est assumer sa décision d’adulte et savoir anticiper le mieux possible les conséquences pour l’enfant.

La responsabilité parentale n’est pas de réussir son histoire de couple, ni d’être des parents parfaits mais de permettre à son enfant de développer sa personnalité propre et le meilleur potentiel possible pour le bonheur.

Une séparation est préférable à une relation conflictuelle ou devenue inexistante.

La mésentente d’un couple parental peut être plus destructrice qu’une séparation assumée.

« Ne cherchez pas à éviter à vos enfants les difficultés de la vie ; apprenez-leur à les surmonter ». Louis Pasteur

Annoncer la séparation aux enfants : un moment redouté par les parents

Quand les parents se séparent, c’est le couple qui se sépare.

Mais avez-vous déjà essayé d’imaginer vos parents en train de faire l’amour ? Rares sont ceux qui y parviennent.

Pour un enfant, ses parents sont des parents, pas des individus avec une vie de couple.

Cette partie de la vie des parents est étrangère à l’enfant et c’est pour cela qu’il a bien souvent beaucoup de mal à comprendre pourquoi ses parents se séparent, même s’il vit des disputes fréquentes.

L’enfant a besoin que la séparation parentale lui soit expliquée, quel que soit son âge, même bébé. Dans la plupart des cas, l’enfant sait que ses parents sont en souffrance et cela le met lui aussi en souffrance et en insécurité.

La vérité au sens de la réalité, quelle qu’elle soit, doit être dite à l’enfant qui subit directement les conséquences d’une décision ou d’une attitude parentale.

De plus, la réalité est bien souvent mieux vécue que le fantasme, bien pire, qui la remplace dans la tête d’un enfant.

Très souvent l’enfant pensera qu’il est le responsable de la séparation de ses parents, parce qu’il a été méchant, ou du départ de son parent qui ne l’aime plus.

C’est la façon, l’état émotionnel du ou des parents et de l’enfant, le moment choisi pour le faire qui est alors important.

Attention au conflit de loyauté chez l’enfant

En effet, c’est la manière dont se déroule la séparation, les tensions familiales qui l’entourent qui sont sources des principales perturbations pour les enfants, dont le conflit de loyauté, étroitement lié à la culpabilité.

C’est l’un des fléaux psychologiques pour les enfants dont les parents se séparent dans le conflit.

Les enfants jusqu’à 12 ans, sont très vulnérables à ce processus qui n’est pas une conséquence de la fixation de la résidence chez l’un ou l’autre des parents.

Le conflit de loyauté est attaché à la souffrance ou à l’orgueil ressenti par le parent qui subit la séparation, celui qui ne l’a pas initiée ou ne la souhaite pas, que ce soit le parent résidant (qui a la résidence principale) ou pas.

L’enfant va se fondre dans l’émotionnel de son parent en souffrance, en abandon, victime. Il vivra de la culpabilité s’il s’autorise à aimer et à prendre du plaisir avec l’autre parent, celui qui est vécu comme responsable et fautif. L’enfant a le sentiment de trahir le parent malheureux et victime et a peur de perdre son amour.

Pour fuir cette culpabilité, il peut devenir insupportable avec le parent tenu responsable ou inventer des prétextes pour ne plus aller en week-end ou en vacances avec ce parent.

Ce sentiment qui est instinctif chez l’enfant va disparaître ou perdurer selon l’état d’esprit et l’attitude du parent victime, s’il est en guerre avec l’autre ou en reconstruction personnelle.

Le plus grand dommage pour les enfants est que nous ayons bien souvent besoin de renier celui ou celle que nous avons aimé, lorsque notre amour ou celui de l’autre s’est transformé ou a été supplanté par une nouvelle relation. Cette impulsion peut être difficilement contrôlable dans les premiers temps de la séparation.

La douleur d’être abandonné(e) ou la culpabilité d’infliger la rupture détruisent souvent dans un premier temps ou définitivement, le sentiment qui, bien que devenu insuffisant aujourd’hui, a pourtant généré notre parentalité.

Et une séparation ne met pas fin à la parentalité, bien heureusement.

L’enfant a plus que tout besoin d’être rassuré sur cette parentalité conjointe et sur l’amour de ses deux parents.

Et cet amour pour son ou ses enfants sera le meilleur, si ce n’est le seul le modérateur, le point de convergence, le fer de lance dans le conflit parental.

Une séparation responsable peut transformer l’échec du couple en réussite familiale et personnelle pour chacun mais surtout pour l’enfant. Elle s’inscrira alors dans le cycle de l’apprentissage de chacun et dans le respect de tous.

Isabelle Chevalier

Fondatrice de Sos-parents-séparés

Accompagnement à la séparation et à la pédagogie parentale

http://sos-parents-separes.fr/

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