Maman solo : comment vivre sa vie de femme ?

Maman solo : comment vivre sa vie de femme ? C’est là une question que beaucoup de mamans célibataires se posent !

Ma double vie de maman solo

Parfois, j’ai l’impression que je mène une double vie, que je suis deux personnes à la fois, deux femmes, ou plutôt maman et femme. Non, je ne suis pas schizophrène ou bipolaire, ni mythomane, je ne m’invente pas une vie de femme mariée infidèle. Rien de tout cela.

Je suis juste une maman solo, célibataire, qui gère en une seule vie ce qui pourrait aisément en remplir deux. Alors l’équation est totalement déséquilibrée, c’est de l’ordre de 90% maman/10% femme en terme de planning, car c’est un fait, je mets ma vie de maman solo « entre parenthèses » seulement deux weekends par mois et la moitié des vacances scolaires, pour ouvrir la porte de mon autre vie.

Trentenaire, célibataire, indépendante, sans obligations quatre jours par mois. C’est peu. Peu pour laisser un autre rythme de vie s’installer, pour se dédoubler vraiment, pour avoir deux vies parallèles en quelque sorte. Mais pendant ces moments où le mode maman est désactivé, je me retrouve à me poser beaucoup plus de questions en rapport avec mon statut de célibataire.

Je me pose des questions en rapport avec mon statut de célibataire

Est-ce une forme d’autorisation que je m’accorde, parce que je n’ai pas mon fils ? De laisser la femme reprendre une place plus centrale ? Très certainement.

Pourtant, j’ai enterré depuis quelques temps déjà ma culpabilité, elle est tombée dans le puits aux oubliettes, je n’ai plus ce sentiment d’être mère avant d’être femme, d’être une maman uniquement. Ce ressenti a pris beaucoup de place à ma séparation, pendant presque deux ans. Je me souviens que le poids de cette culpabilité était lourd à porter, que j’étais vulnérable, blessée par la moindre critique ; j’étais à fleur de peau en permanence et un simple conseil devenait un jugement de valeur et surtout je laissais aux gens mal intentionnés, malveillants la possibilité de me juger et de me faire du mal.

Pourquoi ?

Parce que j’avais honte, parce que j’étais seule, perdue, que je me sentais incomprise, coupable et que bêtement, à la moindre chose que je faisais avec mon fils, je me sentais suivie du regard, presque montrée du doigt, comme jugée : « Où est le père ? Ah, encore une mère célibataire »…

Je crois que je n’assumais pas mon statut de mère célibataire

C’est ridicule, je sais. Je crois que je n’assumais pas, tout simplement. Pendant des mois je me suis sentie démunie, mal à l’aise en public, développant une forme d’agoraphobie, moi qui suis pourtant sociable, recherchant un soutien, une entraide. Inconsciemment, une forme de légitimité. Et puis j’ai compris que j’étais en train de me punir pour l’échec de ma famille mais qu’en agissant ainsi je punissais également mon fils, je nous isolais et je le privais de moments heureux avec moi. Des choses simples de la vie, comme une promenade, aller à la piscine, au cinéma, faire des courses…

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Oui, ce quotidien qu’il fallait désormais affronter seule avec mon petit garçon. J’ai réussi à passer ce cap, à retrouver confiance en moi, non sans mal, à m’ouvrir à nouveau aux autres et surtout à ne plus culpabiliser. Car le parent absent dans la vie de mon fils, ce n’est pas moi. Je n’ai pas fui mes responsabilités même si je commets des erreurs, mais j’ai toute la légitimité pour vivre une relation sereine avec mon enfant. Non sans mal, non sans larmes, nous avons réussi à nous bâtir notre cocon, notre nid douillet mère-fils, nos petits rituels, nos activités, à notre rythme, en se créant notre équilibre de vie. J’ai enfin la sensation de remplir mon rôle de maman solo du mieux possible, et si je peux aujourd’hui m’épanouir dans ce rôle, c’est aussi parce que j’ai compris que je ne devais pas m’oublier en tant que femme.

Mon équilibre de vie tient au subtil dosage à faire entre ces deux composantes

Je suis évidemment femme et mère en même temps mais c’est vrai que parfois j’ai l’impression de revêtir une tenue différente pour passer d’un rôle à l’autre. Cette sensation, je la ressens surtout lorsque mon fils est chez son père. Pendant deux jours, deux fois par mois et une à deux semaines consécutives six fois par an, je n’ai plus à faire passer les besoins de mon fils avant les miens, en priorité, de façon instinctive.

Au début, le manque était douloureux et quasi permanent. Aujourd’hui, mon fils me manque toujours mais cette sensation de vide apparaît désormais au bout de quelques jours pendant les vacances et, le weekend, je suis contente de le retrouver le dimanche soir, mais lorsqu’il part le vendredi, je sais que je vais pouvoir recharger les batteries pour les deux semaines à venir. Et je n’ai pas honte de dire que cela m’est vital. Pendant à peine 48 heures, je peux ne penser qu’à moi, mon bien-être, me reposer ou sortir, profiter du silence, échanger avec des adultes sans être interrompue toutes les cinq minutes, m’offrir un moment de détente sans regarder l’heure.

Mots d’ordre : zéro culpabilité et lâcher prise !

Je ne me sens absolument plus égoïste de penser ainsi, ni coupable. Les moments rien qu’à moi me sont essentiels pour rester une femme, ne pas me laisser aller, ne pas me renfermer, avoir une vie sociale mais aussi prendre le temps de me recentrer sur moi-même.

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Stop au cliché de la maman solo !

Alors le cliché de la maman solo qui dort et déprime tout le weekend parce que son enfant est chez le papa ? Je n’en suis plus là. A contrario, celui de la mère célibataire qui va draguer toute la nuit, boire plus que de raison et ramener un homme dans son lit pour la nuit, non plus ! On peut être maman solo, célibataire et équilibrée ! Profiter de ses amis, faire une rencontre oui et heureusement mais sans pour autant être cataloguée de femme facile ; ou de dépressive si notre envie du samedi soir est de regarder notre série préférée sous un plaid, un masque sur le visage en mangeant du chocolat !

Je n’aime pas les étiquettes, les cases, les clichés, les jugements hâtifs. Je suis une maman présente, aimante et responsable et je donnerai tout, comme la majorité des parents, pour que mon fils soit heureux. Mais je suis aussi une femme, célibataire de surcroît, et à ce titre, j’ai le droit de vivre ma vie comme je l’entends, libre aux autres de me cataloguer de vieille fille ou de femme facile au choix !

Entre parents solos, on se comprend

Personne ne connaît mieux que nous, parents solos, la réalité de notre  quotidien en garde exclusive, classique ou alternée, que nous-mêmes. Personne ne peut savoir que le mode de garde influe directement sur notre rythme de vie et ainsi sur l’équilibre entre notre rôle de parent et notre statut de femme, ou d’homme, célibataire, ou tentant une nouvelle relation amoureuse. Je ne mets pas de barrières infranchissables entre ces deux pans de ma vie, je reste femme quand je suis maman et mère quand je suis femme, puisque ce rôle définit la femme que je suis devenue depuis la naissance de mon fils. Mais tout le défi qu’il a fallu relever depuis ma séparation c’est de trouver cet équilibre, de m’épanouir dans les deux facettes de ma vie actuelle, de ne pas me sentir enfermée, voire piégée dans un seul rôle.

En trouvant, petit à petit, les clés de cet épanouissement ; j’avance sur le bon chemin pour profiter de ma vie de maman solo et de femme bien dans ses baskets, qui s’assume pleinement tous les jours, que je sois seule ou tenant la main de mon fils dans la rue.

Audrey

 

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