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Maman solo : J’aimerais juste être une maman comme les autres…

Maman solo : J’aimerais juste être une maman comme les autres…

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Il n’y a, à mon sens, rien de plus puissant, de plus infini que l’amour maternel. C’est un sentiment qui nous transporte, qui nous dépasse. Qui ne s’explique pas. Qui fait partie de nous, intrinsèquement. Qui définit par définir une partie de ce que l’on est, qui nous fait comprendre ce que signifie vraiment le verbe aimer. De façon inconditionnelle. Et pourtant, même si avoir un enfant met de l’amour chaque jour dans votre vie, cela vous fait également prendre conscience de vos limites, de vos difficultés à tenir ce rôle de maman. On n’est jamais prête à être mère même si l’envie est là, on apprend toutes à le devenir, on expérimente et notre instinct maternel nous guide. Mais il n’y a pas de bonne définition de la maternité, pas une seule façon de bien remplir son rôle de maman. Alors parfois, les doutes prennent le dessus, on se remet en question. Face à une difficulté, une incapacité, l’angoisse prend le dessus malgré tout l’amour ressenti. Oui parfois, on aimerait juste être une maman comme les autres.

Le jour où je suis devenue maman

Devenir mère, c’est une -si ce n’est LA- des expériences les plus extraordinaires que la vie nous offre. Il n’y a pas de superlatifs assez forts pour décrire ce que l’on ressent pour son enfant, pas assez de mots pour traduire ce lien unique. Unique, amour maternel inconditionnel, je crois que c’est ce qui convient le mieux.

Lorsque je suis devenue ta maman, la force de mon amour pour toi m’a guidée, mon instinct maternel s’est réveillé naturellement pour me guider. Il n’y avait pas à réfléchir, ton bien-être était ma priorité, prendre soin de toi une évidence et cela est devenu le rôle principal de ma vie.

On m’a souvent dit que j’étais -que je suis ?- une maman fusionnelle. Peut-être, sans doute, certainement… je ne sais pas. Je n’ai pas réfléchi à cela pendant tes premiers mois de vie c’était ainsi, tout était tourné vers toi, cela me semblait juste naturel, et c’est ainsi que je me sentais comblée, épanouie, heureuse.

Il y avait des sources d’inquiétudes, des angoisses inhérentes au rôle de jeune maman mais je pensais que t’aimer de tout mon cœur serait suffisant à ton bonheur.

Ai-je eu tort, me suis –je trompée ?

L’amour maternel ne préserve pas de toutes les épreuves de la vie

Tu as grandi, devenant un petit garçon espiègle, rieur, intelligent, curieux. Mais aussi sensible, émotif, à fleur de peau. Et je m’en veux. Parce que cette fragilité que tu as en toi, cette vulnérabilité qui t’empêche de vivre dans l’insouciance comme tous les petits garçons de ton âge, c’est à cause de moi. Si petit, et déjà tant d’épreuves à accepter, assumer, surmonter, affronter. J’ai voulu te protéger au maximum mais je ne peux rien contre certains aléas de la vie, hélas…

La séparation d’avec ton père

Comme beaucoup, comme trop, d’enfants, tu as dû subir la séparation entre papa et maman. Tu étais petit certes, mais pas au point de ne pas comprendre. Et cela a éveillé ton sixième sens, ton sens aigu de l’analyse, ta sensibilité, si incroyables pour ton âge. J’ai essayé de gérer cette situation au mieux, de te rassurer avec un cadre, des rituels, et un rythme de vie, de te laisser t’exprimer et te consoler, de t’expliquer tout en gardant autant que possible insouciance et joie de vivre.

L’équilibre est tellement précaire, fragile. Difficile à trouver. Encore aujourd’hui, je me remets en question, je culpabilise, je me demande ce que j’ai mal fait. J’ai assumé seule puis j’ai demandé de l’aide, j’ai écouté les conseils et accepté les mains tendus, fait les démarches nécessaires. Et pourtant l’équilibre est toujours en suspens, ne tenant parfois qu’à un fil. Sans doute à cause de cette autre épreuve que la vie nous a imposée.

Maman est malade

Comme si cela ne suffisait pas pour tes épaules de petit garçon, il a fallu que la vie nous envoie ma maladie chronique et tu as vu ta maman, tu m’as vue, changer. Comment ne pas culpabiliser quand vous avez la sensation de ne plus être une bonne mère, de ne plus être capable d’être une maman comme les autres ?

 C’est douloureux de lire dans tes yeux de petit garçon innocent cette dualité entre ton amour pour moi et ta colère. Colère qui s’exprime par ton comportement plus agité, plus perturbé, plus difficile à canaliser. Et face auquel je me sens si souvent impuissante…

Tu as utilisé ce mot si vrai pour décrire ce qui nous arrive. Tu as parlé d’injustice. Et tu as tellement raison. C’est injuste de t’infliger cela. De t’imposer ma maladie, mes douleurs, ma fatigue, mes limites, ma tristesse, mon désespoir parfois. J’essaie de garder le cap mais c’est difficile certains jours de faire semblant que tout va bien. Je me suis fait le serment de toujours te protéger, de faire de ton bonheur ma priorité et je m’y emploie, je m’y efforce mais il y a des jours où hélas les forces me manquent. Et où te voir évoluer au milieu de ces contraintes de vie que je t’impose malgré moi me donne envie de hurler.

Je voulais juste être une maman comme les autres…

Une maman pleine de joie, de vie, sans contraintes de corps et d’esprit. Une maman dont tu serais fier. J’essaie de ne pas culpabiliser car je sais que cela ne sert à rien, que je ne suis pas responsable et que cela ne me fera pas avancer.

J’essaie de ne pas avoir honte de celle que je suis devenue. Moins jolie, moins forte, moins fiable. Mais dans tes yeux pourtant innocents il y a parfois cet éclair de tristesse, de regrets… Où est passée ta super maman ?

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 C’est ce qui est le plus douloureux, voir cela dans tes yeux. Et entendre tes mots d’enfant qui posent des questions auxquelles je n’ai hélas pas les réponses ou pas les bonnes… « La maladie va-t-elle partir ? Te laisser tranquille ? Seras-tu guérie un jour ? Seras-tu une maman normale à nouveau comme les autres ? »

 La plaie s’ouvre, le cœur saigne face à de telles interrogations. Mais les yeux tentent de rester secs. Car je suis l’adulte, la maman, le pilier. Et qu’il faut que tu vois en moi ce courage et cette force malgré tout. Afin que tu puisses acquérir cette confiance en toi, cette assurance nécessaire pour bien grandir, pour t’épanouir, pour pousser sur une terre fertile, bien enraciné afin de grandir droit, fier, serein, heureux.

Je sais que tu aurais aimé une autre vie. Une maman toujours en forme, un papa présent, une vraie famille.

Je sais que je ne t’offre pas toutes les chances d’emblée pour bien grandir. Mais je te promets que mon amour pour toi lui, n’est pas malade, pas moins fort au contraire il est indéfectible, il est mon fils conducteur, mon moteur. Moi aussi, j’aimerais être la maman dont tu rêves. Ressembler à cette image d’Épinal que tu t’es construite dans ta tête, dans ton imaginaire idéal de petit garçon. Je ne peux que te promettre de le devenir. Et je te jure que je fais tout chaque jour pour lui ressembler.

Et pour te faire comprendre qu’il y a plein de mamans différentes, de familles différentes mais que cela n’empêche pas l’amour.

Toi et moi on est une famille. Envers et contre tout. Les obstacles, les épreuves. J’espère qu’en grandissant, tu comprendras que j’ai toujours fait de mon mieux. Moi aussi mon cœur j’aurais aimé être une maman comme les autres mais dis-toi que la maman que je suis sera toujours là pour toi et que tu seras toujours ma source de joie et de fierté. Ma raison de vivre.

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