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Charge mentale et solitude affective : la réalité des parents solos ?

Charge mentale et solitude affective : la réalité des parents solos ?

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Devenir parent solo, c’est rarement un choix fait de gaieté de cœur. Cela peut être un choix certes, à l’issue d’une séparation mais parfois on y est contraint. On n’est pas toujours décisionnaire et surtout on ne peut pas savoir à l’avance ce que l’avenir réserve à son couple et sa famille. C’est triste, douloureux, on a un sentiment de gâchis énorme. Mais c’est une réalité, les parents solos sont de plus en plus nombreux. Et avec ce nouveau statut se développe un nouveau mode de vie, seul avec ses enfants, dans ce qu’on appelle les familles monoparentales. Cela ne se fait pas sans mal et s’accompagne souvent de moments de solitude et entraîne l’apparition de la charge mentale. Être seul pour élever ses enfants, pour tout gérer, c’est en effet une lourde charge par moments. Charge mentale et solitude affective : la réalité des parents solos ?

La charge mentale des parents solos

Retour sur la définition de charge émotionnelle

La charge mentale a été définie pour la première fois par Monique Haicault, sociologue française en 1984 et se traduit par le fait de devoir penser simultanément à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement. Par exemple, la maman au travail qui pense à ce qu’elle doit faire le soir en rentrant.

Ce terme s’est popularisé pour désigner la charge cognitive, invisible, que représente l’organisation de tout ce qui se situe dans la sphère domestique : tâches ménagères, rendez-vous, achats, soins aux enfants, etc. La charge mentale  est d’autant plus vraie pour les parents qui travaillent, solos, célibataires, séparés ou divorcés avec enfants principalement en garde exclusive ou classique. Elle s’invite de plus en plus dans les familles monoparentales.

Les symptômes typiques de la pression exercée par la charge mentale sont :

  • Le sentiment de manquer de temps et de devoir tout faire dans l’urgence ;
  • L’impression d’être toujours débordée et d’avoir 1001 choses à faire ;
  • Faire des « to do list » mais ne jamais arriver au bout ;
  • Se comparer aux autres et culpabiliser parce qu’on n’y arrive pas.

Le poids des responsabilités

Un parent solo doit s’occuper de tout et essayer de ne rien oublier. C’est un défi quotidien difficile à tenir. Cela occasionne un stress constant, la peur de l’échec. C’est un état usant à moyen terme.

Être parent solo, c’est penser à ses enfants avant de penser à soi. C’est avoir des préoccupations permanentes pour leur confort et leur bien-être, et même pour les petites choses du quotidien.

Alors oui, être parent, quoi qu’il en soit, c’est se faire du souci, prendre en charge ses enfants, et avoir des responsabilités. Et les assumer. Mais le parent solo, lui, assume tout cela seul, sans conjoint pour partager ce poids. Il s’occupe de tout mais il n’a personne pour s’occuper de lui. Il a peu d’espace de décompression et de temps pour recharger ses batteries. Et puis surtout, il est le pilier pour ses enfants et à ce titre il doit tenir debout et faire face à toutes les situations du quotidien comme les urgences sans s’effondrer.

Être le parent référent

Quand on élève seul ses enfants, qu’on a la garde principale, qu’on soit mère ou père, le résultat est le même, on devient le parent référent. Le point de repère de son ou ses enfants. C’est évidemment une source de joie, de bonheur, de fierté avant tout. Mais c’est aussi ce qui peut occasionner cette charge mentale, car cela veut dire être toujours présent, disponible, fiable, stable pour ses enfants.

Cette charge mentale peut exister également au sein des couples avec enfants, des familles. Personne n’est à l’abri de subir un jour ce poids trop fort du quotidien et de frôler le burn out. Mais à la différence de deux parents qui vivent ensemble et partagent les tâches relatives à l’éducation et  au bien-être de leurs enfants, le parent solo, lui, est seul pour gérer tout ça.

Une garde exclusive ou classique permet rarement à l’autre parent, plutôt absent, de prendre la mesure de cette charge mentale, de la comprendre ou même de l’admettre. Le parent absent a choisi de ne pas assumer. Le parent solo présent, qui s’occupe de ses enfants, le fait en connaissance de cause.

Mais se voiler la face ne sert à rien et il faut avoir conscience que cette charge mentale peut nous tomber dessus. D’autant plus que le parent, maman ou papa solo, n’a personne à qui parler et se confier. Il ne partage pas avec l’autre parent les soucis et les angoisses quand ça va mal. Ni les petits et grands bonheurs et les moments de fierté.

Parent solo et solitude affective

Si être parent reste un des plus beaux rôles que la vie nous offre, devenir parent solo c’est accepter de se confronter et de lutter contre cette charge mentale. Mais également, d’avoir comme compagne principale la solitude affective, tant que l’amour ne s’invite pas à nouveau dans notre vie.

Le poids émotionnel

Si la charge mentale est une conséquence très matérielle de ce nouveau statut de parent solo, la solitude affective, elle, en est la conséquence émotionnelle.

Une fois les enfants couchés, toutes les tâches accomplies, la soirée est généralement bien entamée et il est vrai que le calme et le silence sont appréciables. Et la fatigue est parfois si intense que la couette est notre meilleure amie.

Mais comme pour tout, on s’adapte à sa nouvelle réalité de famille monoparentale. On prend le rythme, on instaure des règles et des rituels pour contrer cette charge mentale qui nous nargue justement. Et on essaie de diminuer au maximum le stress au quotidien. C’est un travail de longue haleine parfois que de trouver un nouveau rythme de vie seul avec son ou ses enfants.

Et au début, la solitude peut même être nécessaire, bienvenue et apaisante. Seulement au bout de quelques temps, il n’est pas rare de se sentir vraiment seul, trop seul. Le poids de cette solitude essentiellement affective est alors omniprésent.

Les enfants, la famille, les amis, les collègues, la solitude n’est évidemment pas totale. Mais affectivement, sentimentalement, on est passé de couple à célibataire, et selon son état d’esprit, cela peut être une réalité difficile à vivre .

Une solitude qu’il faut assumer ?

Devenir parent solo, c’est accepter le fait de redevenir célibataire. Pour un temps ou pour longtemps, c’est un fait. Seulement l’accepter, ce n’est pas forcément l’avoir anticipé.

On se sépare, on veut la garde de ses enfants, on choisit de les élever, de conserver son rôle de parent référent, on pare au plus urgent, au plus pressé. On est noyé sous les choses matérielles à gérer, la nouvelle vie quotidienne à organiser mais le bien-être des enfants demeure la priorité.

Donc pour un temps, variable selon les parents solos, la solitude  affective est une réalité à assumer, le célibat est une donnée réelle mais qui passe au second plan.

Beaucoup de gens pensent que les parents solos sont des personnes fortes qui s’assument, gèrent tout et donc ne craquent jamais. Les moins bien-pensants vont même jusqu’à dire que la séparation est un choix, voire une faute et qu’à ce titre il faut en assumer les conséquences et ne pas se plaindre. Pour certains, les termes de charge mentale et de solitude affective ne sont que du blabla, et les parents solos sont responsables de leur condition. Soit, chacun peut penser ce qu’il veut de la réalité des familles monoparentales.

Toujours est-il, que ce soit par choix ou par obligation, la réalité de la séparation est là. Celle de la responsabilité des enfants qu’on a choisi d’assumer aussi. Et personne ne peut deviner, comprendre, saisir ce que peut être cette solitude affective qui s’invite parfois sans qu’on lui demande.

La solitude affective, une émotion à apprivoiser ?

Cette sensation de vide, ce désert affectif est une vérité que beaucoup de parents solos connaissent. Si la séparation était inévitable, il n’en demeure pas moins qu’on a connu la vie de couple et de famille. Il est donc normal de se retrouver perdu et de se sentir seul une fois la séparation validée et sa nouvelle vie de famille monoparentale lancée.

Passer du statut en couple à célibataire, ce n’est pas juste une case à cocher sur les réseaux sociaux. C’est une réalité de vie. Émotionnellement, il faut accepter le récent échec de  sa vie amoureuse et son nouveau statut sentimental.

Si être en couple n’est pas une obligation ni un gage de bonheur, et que refaire sa vie n’est pas une fin en soi, la solitude affective est une émotion nouvelle pour tous les parents solos. Un temps d’adaptation, pour l’apprivoiser, l’accepter, et vivre avec est donc tout à fait normal.

Cela va de pair avec le poids de la charge mentale à doser et à contrer. Devenir parent solo, c’est accepter une nouvelle réalité de vie. Qui peut faire peur au début, angoisser, stresser. Mais comme pour toute situation, on a la capacité de s’adapter et de trouver les clés pour faire de cette vie un nouveau départ.

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