Parler d'Amour
C’est à peu près tout ce dont on se souvient, l’Amour.

C’est à peu près tout ce dont on se souvient, l’Amour.

Auteur

On voit le Monde tourner à l’orage, la haine des hommes et leurs méchantes manies, on voit le temps filer à la vitesse d’une fusée et les espoirs détruits, les enfants, le soleil, on voit l’horreur et le beau se battre tout emmêlés dans des combats stériles, et le beau bien souvent partir se planquer dans un oubli forcé. Le temps d’une vie on mange on boit trop, on pourchasse des rêves beaucoup plus grands que nous, et on pleure tant sur des petites misères qui n’ont jamais de sens ni même de raison d’être. Mais ces souvenirs se perdent, se noient dans un mélange et à la fin se confondent ; quand la mémoire fatigue arrive l’heure du constat, et le sourire discret on se souvient l’Amour. On se rappelle les baisers qui font disparaître l’encombrement et les bruits de la ville tout autour et qui nous font tourner à en perdre la tête, les caresses délicates sur notre corps tremblant et l’amour dans un lit sans doutes et sans alarme, on se rappelle les mots qui se comprennent et s’arrangent parfaitement, tous ces moments ensemble qui valent plus que la peur. Le laid n’est pas une charge quand on est amoureux, il ne fait plus le poids au milieu du secours et la force partagés ; la douleur est dépossédée de ses lignes tranchantes lorsque nos larmes échouent sur l’épaule réconfortante d’une femme ou d’un homme, qui étreignant notre âme nous jure sans même mentir que tout ira bien, que les jours meilleurs sont à venir tant que l’on s’aime, tant que notre peau transpire dans la même chambre, qu’il y aura toujours du courage en réserve, “ne t’inquiètes pas”. Et les mains enlacées c’est la chaleur qui rapplique, on se sent invincible et puissant, prêt pour la suite et dès maintenant ; on se rit des obstacles tant qu’on est amoureux parce qu’on a triomphé de toutes nos anciennes grimaces, qu’on a atteint le comble du bonheur face au visage radieux, aux promesses de bien-être, au charme qui émane de chacun de ses gestes, dans chacun de ses mots, parce que c’est un danseur, parce que c’est un poète, parce qu’il a rendu vaine l’absurde poursuite aveugle de la perfection. Emplis d’un plaisir frémissant ils se contemplent sans rougir et devisent avec le sourire qu’ils ont dans les yeux, le temps a cessé de battre la mesure, les secondes s’éternisent et ils vieillissent doucement. Ils évoquent leurs mouvements, la musique et les fêtes, ils parlent du passé comme des instants discrets, des anecdotes amusantes à se remémorer dans leurs décors tantôt sombres, tantôt colorés. En avançant ainsi sur les chemins de leur existence révolue, ils s’oublient peu à peu dans ce face à face amoureux, ils oublient les objets, les lieux, les parfums, les fatigues, les dessins, les paroles même, ils oublient tout sauf les autres qui ont peuplé leur vie ; ils oublient tout sauf la perle qui brillera à jamais, cette lueur éternelle qui brûlera jusque dans la nuit, la raison même de leur voyage avant la mort, l’Amour.

 

Ailleurs sur le web (sponsorisé)
Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Cet article vous a plu ? Devenez membre PDA!

Rejoignez mes lecteurs privilégiés et recevez une fois par mois un e-mail rassemblant mes nouveaux articles et mes conseils amoureux.