« La fille noyée dans ses larmes » Texte d’Océanne

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait pouvoir écrire... Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons mots, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la lettre parfaite:

Parce que le harcèlement moral et physique existe partout et qu’il faut réagir…

Les yeux fermés, je revois tout. Comme un flash-back, je revenais en arrière sans cesse.

Ma seule question est : pourquoi moi ?

 Bah oui ! C’est vrai, je suis pareille que les autres non ?

Je suis une jeune fille de 16 ans, tout à fait normale.

J’ai des problèmes de dyslexie. J’écris en faisant des fautes à chaque phrase et alors ? Il y a un problème à ça ?
Parfois, je me demande pourquoi cela a déclenché un tel cauchemar.

J’allais à l’école la tête baissée en sachant que tôt ou tard, j’allais me faire taper dessus.
Souvent, on ne me le disait pas, mais on me le faisait ressentir.
Vous savez cette haine que vous pouvez avoir envers une personne qui aurait commis un crime.
Ce sentiment, les gens me le faisaient sentir ou même le criaient haut et fort.

Je n’étais pas habillée comme les autres. Non, je n’avais pas de vêtements de marque, j’étais tout simplement naturelle et je vivais avec.

Puis, plus le temps passait plus mon cas s’aggravait. Je devenais davantage « le souffre-douleur » ou « la Tête de Turque »
Ils venaient à l’école en sachant qui irriter. Mes cela est rapidement devenu du harcèlement total.
Puis…Ça ne se produisait pas qu’à l’école… Mais aussi en dehors.

J’étais en classe…

On me rend ma feuille et la prof me dit : « c’est bien, tu as fait de gros progrès ».
Le professeur donne d’autres feuilles aux élèves en passant entre nos tables. Pendant ce temps, j’entends:
« Alors l’handicapé, elle a encore triché ». Je faisais mine que je n’entendais rien. Je retenais mes larmes. Le point serré d’exaspération.
Je voulais me retourner et leur dire à tous : « mais fermez vos gueules » pourtant, je me retenais. Je le savais. Je savais que je n’étais pas assez puissante pour leur dire droit dans les yeux mes pensées.

Dehors …

Ils étaient plusieurs. J’ai entendu :

« C’est elle ! Tapez-la ! »

Je n’ai même pas eu le temps de prendre peur. J’étais par terre. Mon esprit s »était éteint, enfui. Ça n’avait duré que quelque minutes.
Je vous assure qu’à mes yeux, c’était les plus longues de ma vie.
J’ai eu cette impression que mon âme avait quitté mon corps.
J’étais devant ce groupe de personnes, allongée sur le sol. Je ne pouvais rien faire. J’étais transparente tel un fantôme.

Après tous les fais, je suis rentrée. J’ai caché toutes ces blessures. J’avais tous gardé au plus profond de moi. C’était mon secret. Mais ça ne pouvait pas durer…
Ma mère se doutait bien. J’ai dû lâcher. J’ai dû parler. Dire ce que mon arrière-pensée avait à rapporter.
Cependant, je n’en avais pas envie, car je savais qu’en en parlant, j’allais le revivre une seconde fois.

Ma mère m’a aidée. J’ai tout changé. J’ai changé de collège ainsi que de fréquentations.
J’étais traumatisée. Abattue. Je ne comprenais pas pourquoi moi ? Pourquoi avais-je cette différence? J’avais peur du monde qui m’entourait, je ne voulais pas revoir la brutalité qu’on m’avait affligée.

1 mois plus tard …

Me voilà dans un nouveau collège.
J’étais la « Nouvelle », arrivée en cour d’année.
Tout se passait bien, je m’étais dit qu’enfin, je me sentais bien, dans ma tête et dans mon corps.

J’ai parlé trop vite.

Trois semaines se sont écoulées …

Et cela recommence, cependant ce n’était plus pour ma dyslexie.
Non, c’était parce que je m’entends « trop bien » avec les garçons.
D’un jour a l’autre, j’étais devenu une « Salope » « une pute », « une putain » « une mal propre » etc.
J’avais encore tout perdu.

J’étais redevenue seule. Je pleurais dans mon coin. Cachée dans ces toilettes tellement sales, infestées de mauvaises odeurs pestilentielles. J’étais assise près de ce mur rempli d’écritures de toutes formes, de toutes couleurs. J’étais seule avec ces mauvaises choses autour de moi.

J’étais désespérée. Le couteau, le sang, la fumée grisâtre étaient devenus mes plus grands amis.
Je n’avais que ma douleur pour me soulager de cette vie répugnante.

Je me suis noyée dans mes larmes.

Mais pourquoi on m’en veut merde ! Pourquoi moi ? Putain !!
Je suis devenu insolente oui ! Je parle mal ! Je le sais et alors ?
Vous voulez savoir pourquoi ? Parce que vous m’avez poussée à bout.
Les jours passent, mon seul désir est de devenir poussière !

Regardez-moi…
Regardez ce que je suis devenue.

Avant de parler, réfléchissez car vous pouvez blesser. Vous pouvez tuer…

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