Parler d'Amour
Lettre d’amour d’une maman à sa fille chérie

Lettre d’amour d’une maman à sa fille chérie

Auteur

Aurélie est la fondatrice du superbe blog Nous les femmes qui met en valeur les femmes qui créent, qui font, qui imaginent, les femmes, tout simplement 🙂 Cette jeune maman m’a envoyé sa à elle en imaginant qu’elle la lira à ses 40 ans… Un beau cadeau pour ce passage symbolique !

 

Quelle folie cela a été pour moi de devenir maman, de devenir ta maman ! Je voulais qu’une petite fée se penche sur nous et permette le miracle… Nous avons été gâtés ! J’ai littéralement senti que je ‘tombais’ enceinte, c’était juste avant l’arrivée du printemps. Etre enceinte, c’est la meilleure école du zen ! Attendre, accueillir, chérir, protéger, se tenir tranquille… J’ai passé des heures à te rêver, à t’imaginer, à te ressentir. Ce ventre plein de bosses, tous tes petits mouvements, ta présence, ta vitalité, ton grain de folie, tout cela déjà dans mon ventre ! Précisément à la date à laquelle ma gynécologue m’avait permis de me tenir debout, après des semaines d’immobilité, je n’avais qu’une envie : sortir de notre appartement, me promener dans ce parc que tu aimes tant et à peine quelques heures plus tard tu étais là, déjà impatiente ! Ce fut un accouchement plein de tendresse, où tout s’est parfaitement déroulé. Te prendre moi-même pour te poser sur moi, c’était carrément surnaturel. Je ne pouvais te quitter des yeux les premières heures, les premiers jours, les premières semaines qui ont suivi ta naissance. J’ai même pensé que je ne pourrais plus rien faire d’autre ! Ce fut la découverte d’un monde enchanté, j’étais totalement émerveillée, subjuguée par toi ! Ton papa était tout en émotions, douceur et fierté, à la fois excité, serein et amusé. Comme nous avons aimé tout de suite ton odeur… Tu nous faisais penser à une pâtisserie sortie du four, qui exhale encore le beurre chaud et le sucre fondus !

Ma toute douce, les premières heures de ta vie, j’ai été le témoin privilégié de ton incroyable instinct de survie. J’ai eu tant de plaisir à observer l’apaisement sur ton visage lorsque tu dormais. J’ai tant aimé suivre l’évolution de tes expressions, de tes sourires, de toutes ces nuances que tu as acquises au fil du temps. Te regarder te réveiller, t’endormir, chercher la détente au creux de mes bras, voilà des choses dont je ne me suis jamais lassée. Un visage et un corps apaisés, quelle récompense pour celle qui t’a donné la vie ! Je ne t’ai jamais considérée comme un prolongement de moi-même, un être qui découle de moi, mais, dès le premier signe de ta vie, comme une personne à part entière, un être qui est venu vers moi, vers nous, ton papa et moi, et qui nous a comblés de joie !

Je me suis fait confiance en te mettant au monde. J’ai suivi mon intuition. Durant les premiers mois de ta vie, je t’ai beaucoup portée contre moi, nous étions en contact presque permanent l’une avec l’autre. J’avais décidé de t’allaiter – comme j’en ai bavé les premiers jours… – mais j’ai tenu bon car tu étais carrément en extase ! Tant de fois nous nous sommes endormies ensemble, dans un sentiment de plénitude partagé. Je n’ai pas craint que cette étape fusionnelle entre nous soit une entrave à ta future indépendance, bien au contraire ! Je ressentais que ce que l’on vivait là, à nous deux, blotties l’une contre l’autre, cela alimenterait de solides racines qui se prolongeraient tout au long de notre vie. Combien d’adultes essayent de combler l’amour et la présence qu’ils n’ont pas reçus enfant. Combien d’adultes essayent d’attirer en permanence l’attention vers eux pour combler le vide ressenti lorsqu’ils étaient petits. Progressivement, on sort de l’état fusionnel, et on retrouve un équilibre avec le papa aussi ! Il reste ce magnifique lien qui ne s’use pas avec le temps. Loin de moi l’idée que la maman a un rôle exclusif. Chacun s’investit autrement. Ce qui est génial, chose dont tu ne te rends pas compte nécessairement sur le moment, c’est que si tu as pu vivre ce moment fusionnel en tant que maman, c’est aussi grâce au papa qui a veillé à tant de choses pour qu’il en soit ainsi.

Toute petite, tu me faisais fondre quand tu me disais : « je t’adore maman ! ». Tu me faisais fondre avec tes exclamations de joie quand nous jouions ensemble, avec tes sourires ravageurs quand tu désirais ardemment quelque chose de moi, avec tes yeux brillants quand je t’annonçais une surprise ! Nous avons passé de longs moments à nous regarder dans les yeux au petit matin quand tu venais nous rejoindre dans notre lit, lorsque je te racontais une histoire et que tu te lovais contre moi, lorsque tu avais besoin d’un petit câlin ou d’un petit ‘repos’ avec ton doudou ! Ah ce doudou, quel symbole de douceur et de tendresse pour toi ! Il comptait au moins autant que moi ! Je me disais souvent alors : « faisons le plein d’amour, de tendresse, de magie ». Ces moments sont le socle de notre relation, de ta relation aux autres. Ces moments étaient réellement enchanteurs et … drôles aussi ! Tu n’as jamais manqué d’humour et d’espièglerie ! Câline et coquine à la fois ! J’ai eu envie de représenter une oasis d’affection pour toi, afin que quoi qu’il arrive, tu saches que tu peux compter sur une source inépuisable d’amour et de réconfort. J’ai toujours aimé cette image de la canne avec ses petits canetons qui la suivent, s’éloignent d’elle, reviennent dans son sillage et s’éloignent à nouveau, conscients qu’elle est là, à la fois proche et lointaine, toujours disposée à les accueillir et à les protéger, proche sans être étouffante ! Le défi réside, me semble-t-il, pour beaucoup de mamans, dans le fait de ne pas inonder nos enfants de notre amour. Un des mots que je préfère dans la langue française, c’est le mot envol. Et je t’ai vue t’envoler, de mes bras, de notre nid, sans tristesse ou mélancolie car notre lien est présent à chaque instant.

Je me suis souvent demandé comment ‘bien’ t’aimer, comment t’aimer de sorte que tu deviennes une enfant, une adolescente, une adulte épanouie, comment te donner de solides bases de sécurité, comment être disponible sans être trop excessive, comment te permettre de grandir à la fois protégée et exposée au monde qui nous entoure, comment éviter un lien trop fusionnel entre nous, comment éviter de faire peser sur toi des attentes démesurées. J’ai trouvé beaucoup de réponses en une seule : en m’aimant d’abord moi-même… En étant bien avec moi-même, je suis bien avec toi !  Selon la psychanalyse, ce qui complique la relation mère-fille, c’est que la petite fille tente de se conformer aux rêves de sa mère, de devenir celle que sa mère aurait voulu être… C’est interpellant car en effet, tu m’as renvoyée à la petite fille que j’étais. J’ai conscience que ma façon d’être avec toi, que certaines orientations que j’ai choisies pour toi, se sont basées sur mes propres désirs et besoins, sur mes propres failles et angoisses. Ton papa m’a aidée à ne pas te transférer mes limites ou croyances, comme par exemple le fait de croire que tu ne serais pas capable de rester en pleine forme malgré des nuits trop courtes ! J’ai tenté de ne pas – trop ! – projeter sur toi ce que je désirais pour moi, en respectant ta personnalité. Cela m’a permis de comprendre ce qui te réussissait, ce qui était juste pour toi. Cela m’a permis de t’accompagner dans tes choix, de rester ouverte et attentive à ta façon d’appréhender la réalité. Je n’ai jamais été jalouse de toi, bien au contraire, comme je suis fière de toi ! Je n’ai ressenti à aucun moment que tu étais une rivale, cela me parait fou d’imaginer un tel sentiment entre nous !

Se faire écrire une lettre par un écrivain public

On demande si souvent aux petites filles d’être mignonnes, sages, calmes… Oh oui, je l’avoue, j’ai aimé que l’on dise de toi que tu étais une gentille petite fille. C’est fou comme ce cliché s’imposait ‘naturellement’ à moi… Mais, grâce à ta personnalité, tu ne t’es pas laissé faire ! Tu as eu besoin de remettre régulièrement en cause ma manière de voir les choses. Tu m’as habituée dès ton plus jeune âge à ne pas accepter les choses sans explication, sans pouvoir donner ton point de vue, cela m’a aidée à être ouverte, à accueillir ta propre vision et surtout à ‘lâcher’ du lest sur ce que je désirais et qui n’était pas forcément ce à quoi TU aspirais ! Je sais que tu te sens libre du regard, de l’approbation, du jugement des autres et que tu te sens en harmonie avec toi-même.

Je reconnais que j’ai du parfois faire de gros efforts pour laisser de la place à ton papa lorsque tu étais toute petite ! Je pensais – comme beaucoup de mamans il me semble … – que je savais mieux que quiconque ce qui t’était nécessaire, que je savais mieux m’y ‘prendre’. Une amie m’a dit alors : « Tu sais, ta fille, elle s’en fout si son papa ne fait pas tout comme toi, au contraire, je suis sûre qu’elle adore ça ! » Et elle avait bien raison ! Il y a tant de choses et d’activités auxquelles je n’aurais jamais pensé, tant de façons de faire différentes avec un papa – et avec tout notre entourage d’ailleurs ! C’est tellement plus riche que l’exclusivité !

Ai-je eu des rêves, des ambitions particulières pour toi … Oui bien sûr ! Quelle mère n’imagine pas un destin extraordinaire pour ses enfants ?! Notre grande ambition en tant que parents devrait être que nos enfants puissent être parfaitement eux-mêmes, qu’ils s’aiment comme ils sont et qu’ils soient indépendants de nous. Mais on ne peut s’empêcher d’ajouter quelques touches personnelles à ce tableau pourtant déjà très ambitieux… On a tout de même quelques ‘petites’ idées sur ce qui vous ferait une belle vie ! Ah la la, si nos rêves de mères étaient dits à voix haute, nous serions parfois bien gênées n’est-ce pas ?!

J’ai eu envie d’incarner différentes facettes: maman douce, maman zen, maman ludique, maman forte, maman câline. Etre maman, quel laboratoire magnifique pour déployer ce que l’on désire être, explorer nos multiples facettes, d’ailleurs, nous n’avons pas vraiment le choix, nous devons apprendre à passer d’une attitude affectueuse à une attitude ferme, ce fut un vrai challenge pour moi qui ai tant de mal avec tout type d’autorité ! Même si nous voulons être la ‘super maman’, omniprésente, nous ne sommes toujours qu’une maman à temps partiel. J’ai du apprendre à passer de moments de ‘maternage intensif’ à des moments où j’étais loin de toi. Comme parfois j’en ai été triste… tout en étant conscience qu’une relation forte avec une mère n’est pas forcément une garantie de bien-être pour son enfant. C’est parfois même l’inverse, trop d’attention mène aux tensions ! Je savais que je ne devais pas être égoïste et vouloir te garder toute entière pour moi ! C’est ainsi que tu as noué de si belles relations en famille et avec tes amis. J’ai vite réalisé que tu avais autant besoin que moi d’une vie sociale, que le monde ne se réduisait – heureusement – pas à moi ! J’ai vu autour de moi beaucoup de mamans qui étaient soucieuses du moindre geste de leurs enfants, parfois si excessivement présentes. Combien ont compris trop tard à quel point avoir une vie à soi est équilibrant pour les enfants… et les parents ! Ma maman a toujours considéré qu’elle avait sa vie d’adulte à côté de sa vie de mère. Elle faisait la part des choses. Elle avait vu ses propres parents conserver leur sphère intime. Cela semblait tout à fait normal pour mes parents de faire la fête le weekend et de nous confier à des baby-sitters – ce que nous adorions !

Ma chérie, j’ai eu, durant toute ton enfance, une sorte d’obsession : te procurer un maximum de moments agréables, que ce soit en jouant avec toi, en organisant des fêtes avec tes amis, en faisant les fou-fous avec ton papa, en te câlinant, en étant attentive à te faire souvent des surprises, en ayant des fou-rires ensemble ! On parle de l’époque ‘bénie’ de l’enfance et j’espère que c’est ainsi que tu te souviens de cette période… On aimerait tant être la ‘super’ maman qui, emplie de sagesse, de tendresse et de délicatesse, élève ses enfants dans un cocon de douceur. Mais j’ai souvent craqué : fatigue, irritation, frustrations, et la super maman se transforme en ouragan ! Tu chantais petite ‘Libérée, délivrée’ et moi aussi j’avais besoin de me libérer régulièrement ! On peut parfois littéralement péter les plombs n’est-ce pas ?! Je ne peux que t’encourager à laisser parfois libre cours toi aussi à ton tempérament ! Comme nous sommes parfois enclines à tomber dans la culpabilité, nous, les mamans ! J’ai toujours été surprise de voir que cette culpabilité était bien plus l’apanage des femmes. Les papas ne tombent pas dans le piège de la culpabilité, qu’ils aident donc les mamans afin que tout le monde se sente plus léger !

“On ne naît pas mère, on le devient”. Cela vaut pour nous toutes et pour moi en particulier… Les vents ont d’abord été contraires en ce qui me concerne. On a beau avoir été une petite fille qui adorait jouer à la poupée, qui ne s’imaginait pas un instant ne pas devenir maman, il faut parfois endurer des épreuves pour devenir ce que l’on sentait confusément que l’on était depuis toujours : une figure maternelle. Romain Gary a écrit «Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais.» J’espère avoir tenu ma promesse envers toi ma chérie… Je me doutais dès ton arrivée dans ma vie que l’amour maternel déborderait toujours en moi pour toi, je n’avais pas imaginé à quel point j’allais aussi être aimée par toi… Cet amour-là n’est pas une promesse, c’est une chance et une merveille !

 Aurélie

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