Parler d'Amour

Le désir sans amour, est-ce suffisant ?

Le désir sans amour, est-ce suffisant ?

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Dans la vie, il y a parfois une rencontre qui nous tombe dessus et bouleverse nos certitudes. On rêve de grand amour, on n’a jamais envisagé le désir seul, le désir avant tout et pourtant il s’invite, s’impose et on ne sait plus quoi faire. On ne contrôle plus rien. Rien d’autre ne semble avoir d’importance que ce désir qui prend toute la place, incontrôlable. Cette tentation qui prend le pas sur tout le reste, tellement représentatif du fruit défendu. La citation d’Oscar Wilde résume à elle seule cet état d’esprit « Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu’elle s’interdit. » Tout à coup, plus rien n’a d’importance et on est sous l’emprise de son propre désir. On sait que l’amour ne sera pas forcément la belle conclusion de cette rencontre, le désir prédomine et se suffit à lui-même. Dans l’absolu, on veut autre chose mais là c’est plus fort que nous, que tout. Est-ce possible ? Est-ce sain ou dangereux ? Peut-on se satisfaire longtemps du désir sans amour ? Le désir sans amour, est-ce suffisant ?

Le désir sans amour ? « Les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais » 

Faire l’amour c’est se sentir vibrant, vivant. C’est être gouverné par l’appel des sens, par une force incontrôlable. La puissance du désir qui balaie tout le reste.

Les bonnes résolutions ne servent à rien, lutter est la plupart du temps impossible. Face à la force du désir partagé, du plaisir à assouvir, les autres priorités s’effacent. C’est le corps qui décide, la raison est mise de côté, l’appel des sens est le plus fort.

Est-ce mal ? Est-ce une marque de faiblesse ? Un signe de mauvaise vie comme peuvent le penser certains qui rapprochent le désir sans amour à une forme de péché, celui de la  luxure ?

Faire l’amour sans amour, est-ce une perversion, une erreur ou un trop gros risque ? N’écouter que son corps, est-ce sain ?

Et si jamais le cœur s’y associe et la raison se réveille, comment gérer ?

Désirer quelqu’un en sachant que l’histoire d’amour est impossible, à quoi cela sert-il ? Voilà ce qu’on peut se demander. Mais parfois, on n’a pas besoin de plus, le désir se suffit à lui-même et puis surtout, on ne peut pas lutter contre.

Parfois, on rencontre un homme ou une femme et peu importe l‘histoire vécue ensemble ou non, peu importe les aléas, le temps qui passe, le désir reste toujours aussi fort.

Le temps peut passer, rien ne change. L’attirance est toujours là comme une réaction chimique, comme deux corps aimantés ou d’eux pièces d’un puzzle qui s’emboîtent. Deux corps étrangers mais qui se reconnaissent et ne peuvent pas lutter. 

Mais pourquoi taire ce désir, l’étouffer et refuser les plaisir quand l’évidence est là ? Quand la réciprocité s’invite et ne se dément pas ? Le désir sans amour est-il forcément futile, inutile, dangereux ?

Le désir sans amour ? La complicité des corps ne devrait-elle pas s’accompagner de celle des cœurs ?

Peut-on être à ce point compatible avec quelqu’un dans le plaisir, sentir une alchimie des corps sans que l’osmose des âmes et des cœurs ne suive ?

Ce n’est pas douloureux. Ce n’est ni une attente ni un espoir. C’est juste une vérité. Le désir ne s’essouffle pas. Dès que vous le ou la revoyez, ça se réveille. Vous n’y pouvez rien, même si ça ne va pas plus loin, c’est plus fort que vous. Que tout le reste.

Cela ne s’éteint pas, comment des braises sans cesse ravivées, même si on ne souffle pas dessus pendant des mois. C’est la tentation brute, sans besoin de la nourrir, le plaisir qui ne se dément pas, le désir poussé à l’extrême.

Est-ce du gâchis que de se contenter de ces plaisirs charnels, de cet appel occasionnel des corps, d’un désir orphelin de sentiments ?

Ou au contraire, la puissance de ce désir ne réside-t-elle pas dans la particularité de ce lien que rien ne peut expliquer ? Rien, sauf la reconnaissance de deux corps irrémédiablement attirés l’un par l’autre, d’une alchimie qui ne répond à aucune logique.

L’évidence du désir est parfois si forte qu’il est inutile d’essayer lui résister. Mais l’amour lui est impossible entre ces deux personnes qui se désirent et auraient pu s’aimer. Mais qui n’ont pas la même vision de l’amour. Qui ont peut-être raté leur chance. Ou qui au contraire savent que c’est uniquement dans le désir qu’ils peuvent être compatibles. En osmose. Et cela leur suffit.

Deux corps peuvent se trouver et se correspondre sans que les cœurs ne tombent amoureux, sans que les âmes se connectent.

Ce désir partagé, totalement brut, n’est-il que l’expression d’un manque à combler en attendant mieux ?

Le désir sans amour ? Jusqu’à ce qu’une évidence totale apparaisse ?

Tant que leurs cœurs ne vibrent pas ailleurs, leurs corps sont seuls décisionnaires de cette tentation. Si l’amour pour quelqu’un d’autre s’invite dans leur vie, ce désir disparaîtra-t-il de lui-même ?

Une relation de ce genre, construite sur cette tentation sous-jacente mais non explicitée par des émotions, sans sentiments, peut-elle durer longtemps ?

L’espoir de l’amour peut-il naître grâce au désir ? Aimer faire l’amour à quelqu’un et y prendre un plaisir toujours aussi fort, cela tisse des liens. N’est-ce pas un signe qu’on aime cette personne d’une certaine façon ? Un peu ? Autrement ?

Il n’y a pas de honte à avoir. Désirer quelqu’un et partager du plaisir en toute conscience de ce qui est en train de se passer ne blesse personne. Connaître son seuil de tolérance émotionnel pour ne pas en souffrir, voilà la clé.

Lâcher prise oui, se jeter dans la gueule du loup, non. Le désir ne doit pas devenir un piège ou une source d’angoisse. Cela doit rester synonyme d’insouciance et de plaisir.

Des ébats peuvent-ils se transformer en émois amoureux ?

Chaque rencontre est différente. Le désir vibre d’une intensité particulière que personne d’autre que les deux amants ne peuvent comprendre.

Si le plaisir partagé n’est que l’expression d’un désir assumé et ne fait pas souffrir ni l’un ni l’autre avec des questions d’amour, alors il n’y a pas à s’en priver.

Mais si l’amour s’invite dans le cœur de l’un et pas de l’autre, alors le désir devient dangereux. Si les sentiments s’en mêlent, le piège peut se refermer. La seule solution, si cet amour naissant n’est pas partagé, sera de fermer la porte au désir. Car il ne sera alors plus la priorité, mais le signe d’une relation incomplète.

Si rien d’amoureux ne naît dans cette relation charnelle mais que l’amour s’invite dans votre vie, le vrai, le beau, le sincère, alors le choix ne sera même pas à faire.

L’amour véritable, c’est la magie qui opère quand votre corps, votre cœur et votre âme se mettent d’accord sur une même personne. La désirer et l’aimer seront deux choses indissociables, ce sera juste une évidence.

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