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Mon Petit Pois : Une lettre bouleversante à un bébé jamais né

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Mon Petit Pois

14 semaines, 3 mois aujourd’hui.

Dans mon ventre aujourd’hui tu aurais 3 petits mois de vie et pourtant ça fait 23 jours que tu n’es plus là,  que je t’ai fait partir pour de bon.

La douleur physique due à l’opération revient souvent lorsque je force un peu trop et elle est insupportable, à en pleurer même. Et pourtant crois-moi, je ne suis pas du genre douillette.
Je pourrais soulager cette douleur mais je ne le souhaite pas. Je crois qu’au fond c’est une façon de me punir moi-même pour ce que je t’ai fait subir.

Et puis quand bien même ? Même si la douleur physique disparaissait, la douleur psychologique elle, reste bien ancrée. Pour chaque jour qui passe, elle est présente, et elle me ronge petit à petit. Bien sûr je la dissimule mais elle est bien là en moi.  Et franchement j’aurais préféré que ce soit Toi à sa place qui me rende malade.

Tant pis pour les nausées, pour les vertiges et tout ce qui vas avec, j’aurais préféré que ce soit Toi.

Il suffit d’un rien pour que cela me ramène à Toi, un enfant dans la rue, une pub à la télé, un mot, une phrase comme : « tu sais que X est enceinte ? », elle donnera la vie, moi je te l’ai enlevée.

Je n’arrive même plus à aller voir mes neveux et ma nièce car cela me déchire le cœur, et lorsque je les vois alors que je n’en ai pas fait la demande, je n’arrive même plus à profiter de leurs présences, les regarder dans les yeux ou apprécier et rire de leurs bêtises d’enfants. Cela m’est impossible et cette tristesse là est impossible à cacher.

Mais c’est bien fait pour moi Petit Pois, je regrette tellement de t’avoir imposé ça et si c’était à refaire, je ne le referais pas.

Je sais que j’ai dit ça la première fois, « plus jamais »! d’ailleurs pourquoi était-ce si différent cette fois-ci ? Peut-être parce que j’étais plus jeune, peut-être parce qu’il n’y avait pas d’amour. Je regrette ce choix fait il y a 6 ans, mais il me fait moins souffrir que celui que j’ai dû prendre aujourd’hui.

Je sais que j’aurais pu me battre d’avantage, j’aurais pu et je ne l’ai pas fait.

Je ne l’ai pas fait par Amour, parce que malgré tout ça, j’aime ton papa comme je n’ai jamais aimé un homme et pour lui je pourrais me sacrifier jusqu’à en perdre la vie, c’est même flippant parfois d’aimer à ce point.

Est-ce que je suis naïve ? Bien sûr que je le suis, car lui n’en ferait jamais autant pour moi, il m’aime je le sais, seulement nous n’avons pas la même définition de l’amour lui et moi. Il a sa vie et j’ai la mienne.

Je ne suis même pas sûr qu’il sache ce que c’est d’aimer profondément, passionnément,  intensément, réellement.

Mais je ne lui en tiens pas rigueur parce qu’au fond tous les hommes sont égoïstes.

Finalement ce qui fait le plus mal, c’est que tu étais le fruit de notre amour et je sais au plus profond de moi que je n’aurais plus la chance de connaître ça comme je n’ai pas eu la chance de te connaître Toi.

C’est absurde de parler de Toi comme d’un être humain. Je ne le voulais pas mais j’ai entendu ton petit cœur battre, je ne le voulais pas mais je t’ai regardé quand même sur cet immense écran plat, tu étais tout petit mais déjà magnifique, tu aurais été le plus beau des bébés, j’en suis sûre.

Tu me tournais le dos, tu te cachais peut-être ? De qui ? De moi ? Tu avais bien raison. Il faut être une personne odieuse pour faire ça. Et odieuse je le suis.

Ton papa m’appelle « mon petit ange » ça me dégoûte à chaque fois qu’il prononce ces mots. Si seulement c’était vrai, peut-être que j’en ai été un mais ce n’est plus le cas à présent.

Les larmes ne coulent presque plus, j’ai tellement pleuré que mon corps s’est déshydraté et les seuls moments où elles coulent c’est parce que la douleur physique revient, ce qui me permet d’évacuer cette tristesse en moi.

Mais elle ne partira jamais Petit Pois, et comme Toi, elle fera partie de moi pour toujours. Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui car je pourrais écrire encore pendant des heures, je relirai cette lettre comme toutes les autres que j’ai écrite afin de faire renaître la douleur et ne pas t’oublier Petit Pois.

Car le temps qui passe nous fait cicatriser les blessures jusqu’à les faire disparaître, moi je veux m’en rappeler jusqu’à mon dernier souffle.

C.

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