Comment notre relation à distance a survécu à la crise sanitaire : témoignage

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

En mars 2020, notre vocabulaire s’est enrichi de nouveaux mots : covid 19, crise sanitaire, confinement. Nos vies ont été bouleversées en quelques jours, pour les familles, les couples, les célibataires. Si certains couples ont connu le huis clos des confinements, pour d’autres, la situation n’était pas plus enviable. En effet, pour les couples à distance, depuis un peu plus d’un an, vivre une histoire d’amour n’est pas simple. Entre confinement, déconfinement et reconfinement, interdiction de se déplacer hors de sa région sauf motif impérieux (comment ça, l’amour n’est pas un motif impérieux ?!), il n’a pas été évident de gérer sa relation. Surtout qu’il a fallu s’adapter à des mesures qui changeaient régulièrement. Alors comment ces couples ont tenu bon ? Comment notre relation à distance a survécu à la crise sanitaire ? Voici le témoignage de Myriam, en couple avec Louis depuis 8 mois pendant le confinement en mars 2020.

Comment notre relation à distance a survécu à la crise sanitaire : témoignage de Myriam, en couple avec Louis

« Je m’appelle Myriam, j’ai 32 ans et je suis en couple avec Louis depuis août 2019. En vacances chez une de mes plus proches amies qui est partie de la région parisienne pour s’installer près de La Rochelle, j’ai rencontré Louis. 35 ans, séparé avec un enfant de 7 ans, nous avons bien accroché. Très naturellement, j’ai passé la fin de mes vacances en sa compagnie, et ce qui devait arriver, arriva, nous nous sommes lancés dans l’aventure du couple.

Lui en province, moi à Paris, cela peut sembler perdu d’avance. Mais par chance, cela n’a jamais constitué un obstacle pour l’un comme pour l’autre.

Déjà, parce qu’en TGV, Paris-La Rochelle se fait en 3 heures environ et plutôt facilement. Ensuite n’ayant pour ma part pas d’enfant et Louis ayant son fils en garde alternée une semaine sur deux, cela nous laissait la possibilité de nous retrouver un weekend sur deux en moyenne. Puis, bossant comme illustratrice, il m’est facile de travailler à distance ou en freelance. Enfin, assez indépendants l’un comme et l’autre et sortant de longues histoires, commencer la nôtre en douceur était au final la meilleure façon pour notre couple de s’apprivoiser.

Si la fin de mes vacances n’a évidemment pas été des plus joyeuses, cela n’a donc pas pour autant sonné le glas de notre histoire et je suis donc rentrée chez moi avec le projet de nous revoir 2 ou 3 semaines après pour un weekend.

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Weekend « test » qui s’est merveilleusement bien passé.

Pendant plus de 6 mois, notre couple a fonctionné ainsi. On se voyait un weekend sur deux, quand Louis n’avait pas son fils ; soit il montait à Paris, soit j’allais à La Rochelle, en fonction de nos envies, des horaires de TGV, de nos boulots, des invitations de part et d’autre. Notre couple s’est solidifié malgré la distance sans difficultés, notre rencontre avait été pour nous deux comme une évidence. Et si on vivait loin et qu’on se voyait peu, notre histoire n’en demeurait pas moins sérieuse.

Ainsi au fil des mois, on a pris notre rythme entre weekends et vacances, nous avons rencontré nos amis respectifs et Louis a eu le temps de rencontrer ma famille lors de son dernier weekend à Paris en mars 2020. Nous avions décidé de prendre le temps pour que je rencontre son fils, et cela était prévu deux semaines après, pour ensuite se projeter sur les prochaines vacances scolaires ensemble avec le petit.

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Comment notre relation à distance a survécu à la crise sanitaire : l’actualité nous a rattrapés, le covid a tout mis sur pause.

L’annonce du confinement, avec l’école à la maison, le télétravail, les attestations de sortie, et surtout les interdictions de déplacement loin de chez soi a sonné le glas de nos projets.

Sauf motif impérieux… Evidemment, le fait de retrouver son amoureux n’était matérialisé sur aucune case à cocher de l’attestation ! Et pour tout le monde, cette situation inédite posait beaucoup de questions : que risquions-nous vraiment ? Quels étaient les dangers ?

A l’annonce du confinement, l’idée nous a effleurés l’esprit que j’aille le passer à La Rochelle, mais n’ayant pas encore rencontré le fils de Louis, je ne voulais pas mal faire les choses. Jusque-là, nous avions respecté les vies de chacun et il était hors de question de tout précipiter et de le regretter ensuite.

J’ai alors découvert un nouvel état d’esprit : la patience !

Et avec Louis, nous avons mis à profit ce que nous faisions déjà depuis des mois de relation à distance : la communication 2.0. A nous les sms et les messages vocaux, les appels et les visios, les photos et les sextos passé une certaine heure. Nous avons partagé nos quotidiens à distance une semaine sur deux quand son fils était chez sa maman, et l’autre semaine, nous privilégiions l’écrit. Nous avons redécouvert le plaisir de nous écrire de belles lettres aussi et d’avoir de longues conversations tardives dans nos lits.

A nous d’apprivoiser le manque, l’absence de l’autre, les aléas de l’actualité qui prolongeaient cette attente…

Pendant ce printemps 2020, nous sommes devenus un couple virtuel mais paradoxalement cela a renforcé nos sentiments car nous prenions le temps de nous découvrir en profondeur grâce à nos confidences.

Quand le confinement a été levé et que nous avons pu à nouveau nous déplacer, j’ai sauté dans un TGV pour retrouver mon homme. Nos retrouvailles sur le quai de la gare restent un de mes plus beaux souvenirs. Je crois que j’ai su ce jour-là que j’aimais Louis de tout mon cœur et que notre histoire était faite pour durer.

La rencontre avec son fils a été décalée aux grandes vacances et tout s’est bien passé, nous avons pu profiter de quelques jours ensemble, pendant cet été un peu surréaliste en liberté surveillée. Puis nous avons décidé de passer 3 semaines ensemble, juste nous deux, une fois son fils en vacances avec sa mère, pour voir si nous pouvions affronter le quotidien ensemble. Car s’aimer à distance c’est bien beau mais encore faut-il être compatibles sous le même toit. L’essai a été concluant et cette fois-là, la séparation sur le quai de la gare à la fin de mes vacances a été plus douloureuse.

Je commençais à me poser des questions sur ma vie à Paris, et nous élaborions doucement le projet de nous installer ensemble.

Nous venions de fêter notre première année de relation à distance, moins 2 mois sans nous voir à cause de la crise sanitaire. Cette situation nous a fait prendre conscience, comme à beaucoup de personnes partout dans le monde je pense, de l’urgence de profiter de l’instant présent et surtout des gens qu’on aime.

Qu’allais-je faire à plusieurs centaines de kilomètres alors que je sentais que mon cœur restait à La Rochelle ?

Le projet prenait forme, sur toile de fond de covid 19 qui mettait en avant le télétravail. J’ai la chance d’exercer un métier qui peut se faire en freelance, et de pouvoir le faire à domicile. Louis, lui, avait sa vie personnelle et professionnelle installée à La Rochelle, et à aucun moment je n’ai imaginé l’éloigner de son fils. On le savait tous les deux, si notre relation à distance devenait celle d’un couple du quotidien, ce serait par mon déménagement chez lui, chez eux.

On en était là de nos réflexions, à se dire que ce serait bien de se lancer en 2021, quand le second reconfinement a été annoncé fin octobre. Je me rappelle très bien de l’allocution présidentielle à la télévision et de ce message quasi instantané de Louis sur mon téléphone : « chérie, cette fois, viens t’installer à la maison. »

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Comment notre relation à distance a survécu à la crise sanitaire ?

Au final, la crise sanitaire due au coronavirus et les confinements ont été, sinon des accélérateurs, tout au moins des moyens de renforcer notre relation.

Nous avons connu un premier confinement à distance, un été de retrouvailles, une rentrée de prise de conscience et un second confinement révélateur.

J’ai pris mes marques dans la vie de Louis, son environnement, son quotidien. Je l’ai découvert tout entier, comme père surtout. Sur place, mes amis présents également m’ont permis un enracinement plus facile. Je ne suis jamais vraiment repartie après le second confinement. J’ai fait des allers-retours pour mon travail, ramenant chaque fois plus d’affaires.

Cette cohabitation lors du second confinement était comme un test pour franchir l’étape de la vie sous le même toit, du couple au quotidien et de la famille recomposée une semaine sur deux.

J’ai donné mon préavis pour mon appartement en janvier et nous avons profité d’un weekend pour déménager le reste de mes affaires en mars. J’ai développé mon activité professionnelle sur des contrats freelance, tout en conservant une sécurité avec une agence parisienne, dans laquelle je ne dois me rendre que deux fois par mois environ. Ce rythme me convient bien, j’en profite pour retrouver mes amies, mais je suis heureuse de rentrer là où c’est désormais chez moi, chez nous, avec Louis.

Comme tout le monde, on continue à vivre au gré des mesures sanitaires, mais aujourd’hui, si on devait nous reparler encore de confinement et d’interdiction stricte de déplacement, je le vivrais évidemment le cœur léger, puisque je suis là où je veux être ! »

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