Le syndrome de Wendy : aimer jusqu’à se sacrifier ?

Comment retrouver la complicité des débuts dans son couple ?

Avec le temps, la relation de couple change. On s'éloigne, on communique moins, on s'engueule. Pourtant on s'aime toujours... Alors comment remettre son couple sur les bons rails et retrouver la complicité et les rires qui nous ont fait tomber amoureux ?

Avez-vous l’impression que vous devez, en tant que mère et conjointe, satisfaire les besoins et les envies de votre famille ? Voire même les anticiper ? C’est ce qu’on appelle le syndrome de Wendy, qui fait percevoir l’amour comme un sacrifice. Le problème n’est pas de prendre soin des gens qu’on aime mais d’être dans l’excès. Le nom de ce syndrome est directement tiré du personnage de Wendy dans l’histoire de Peter Pan. D’ailleurs, le syndrome de Wendy est le « pendant », le syndrome en miroir du syndrome de Peter Pan, qui est de ne pas vouloir grandir, pour ne pas devenir adulte. Le syndrome de Wendy : aimer jusqu’à se sacrifier ? Tour d’horizon de ce syndrome qui touche beaucoup de femmes, d’épouses, de mères.

Le syndrome de Wendy : aimer jusqu’à se sacrifier ?

L’histoire de Peter pan

©Disney

Ce syndrome tire sa comparaison du personnage de Wendy Darling dans Peter Pan. Jeune fille qui raconte les histoires de Peter Pan à ses frères, elle se fait réveiller un jour par Peter Pan et s’envole vers le pays imaginaire. A l’inverse de ce dernier qui ne veut pas grandir, Wendy est particulièrement mature et responsable pour son âge. Dans le conte de J. M. Barrie, elle est le personnage qui se charge de tout faire pour les autres, de porter toutes les responsabilités sur ses épaules. Elle prend les décisions importantes et va même jusqu’à faire ce qui est normalement le rôle de Peter Pan, mais qu’il ne fait pas, par désintérêt ou incapacité.

Le lien avec le syndrome de Peter Pan

Peter Pan est l’enfant qui ne veut pas grandir et qui échappe aux responsabilités de la vie d’adulte en s’envolant vers le Pays Imaginaire. Wendy joue le rôle de la sauveuse qui tente de raisonner les personnages immatures de l’histoire en les guidant dans la bonne direction. Pourtant, elle est reléguée au second plan et s’efface tout en permettant aux autres de faire ce qu’ils veulent. Elle est celle qui, en coulisses, œuvre au bien-être et à la réussite de chacun, sans se soucier de ses propres besoins.

Une femme souffrant du syndrome de Wendy ressent le besoin de satisfaire ses proches, surtout ses enfants et son partenaire amoureux.

Ce qui différencie Wendy et Peter Pan, c’est donc leur sens des responsabilités : Wendy est mature, Peter Pan est enfantin.

Une approche psychologique du syndrome de Wendy

Si ces deux syndromes ne sont pas officiellement reconnus comme pathologies, ils n’en demeurent pas moins symptomatiques d’un profond mal-être.

Le Dr Dan Kiley a défini dans ses livres deux modèles de comportement similaires et qui dépendent l’un de l’autre. Il a utilisé les personnages de Peter Pan comme comparaison pour illustrer ses recherches.

Il explique que le personnage de Peter Pan est accompagné d’un autre souffrant du syndrome de Wendy. Ce syndrome touche principalement des femmes qui démontrent une surprotection excessive et qui se consacrent à faire plaisir aux autres, tout en oubliant leur propre bien-être.

En revanche, le personnage de Peter Pan représente ceux qui sont anormalement immatures et dépendants des “Wendy”.

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Le syndrome de Wendy ou de la sauveuse

©Disney

Celle qu’on appelle Wendy fait tout pour trouver la reconnaissance et l’estime des autres en faisant tout pour eux car elle a une mauvaise image d’elle-même. Elle est à la fois la sauveuse et la dépendante affective de sa famille.

Ce syndrome n’est pas sans rappeler la charge mentale et la charge émotionnelle qui accompagnent énormément de mères de famille.

Plus investies au sein du foyer, elles dirigent la vie de famille. Elles pensent que c’est leur rôle, qu’amour rime avec abnégation et oubli de soi. Alors, elles font tout pour répondre aux besoins de leur famille.

Cela crée évidemment un déséquilibre dans le couple et la famille et une relation fondée sur une forte dépendance affective.

D’un côté, la femme et mère, malgré son épuisement, continue de tout faire parce qu’elle veut être aimée de tous et a un conjoint qui, souvent, procrastine dans son syndrome de Peter Pan.

C’est un cercle vicieux : la femme infantilise son mari parce qu’il se comporte comme un enfant et ne fait rien. Le mari ne fait rien parce qu’il sait que sa femme s’occupera de tout, quoiqu’il essaye d’entreprendre.

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Comment se comporte une femme et mère « Wendy » ?

Une femme souffrant du syndrome de Wendy est une mère surinvestie, fusionnelle et qui a tendance à materner son conjoint. Elle est en fait souvent plus mère que femme et partenaire amoureuse.

C’est une femme surprotectrice, avec une fibre maternelle décuplée. Véritable mère poule, elle se dévoue et a besoin d’être constamment attentive à tout autour d’elle.

Rester dans cette position de sauveuse lui permet de se sentir utile et appréciée. Pour combler son manque d’estime d’elle-même et répondre à son besoin de reconnaissance, elle cherche à plaire aux autres à tout prix. Elle entretient des schémas de dépendance pour pallier sa solitude affective via ce surinvestissement affectif qui comble un manque d’amour inconscient.

Ses principaux « symptômes » :

  • Son perfectionnisme
  • Le besoin de se sentir indispensable
  • Sa peur du rejet
  • Sa fuite face aux conflits
  • La culpabilité
  • Se faire passer après les autres

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D’où vient le syndrome de Wendy ?

La plupart du temps, les personnes atteintes de ce syndrome comblent un manque affectif et une mauvaise estime de soi. Souffrant d’une peur de l’abandon et d’une peur du rejet, elles cherchent à plaire et ignorent leurs propres besoins.

C’est en se montrant utile pour ses proches qu’une femme atteinte du syndrome de Wendy tente d’effacer la mauvaise image qu’elle a d’elle-même.

La peur du rejet

Les causes principales sont le système patriarcal et le rôle de la femme dans le couple et la famille, considérée comme l’élément fédérateur qui doit gérer le foyer. Si cela tend à changer, c’est encore très récent et fragile.

L’autre cause, origine psychologique du syndrome de Wendy est la peur du rejet. C’est une véritable phobie. Une blessure d’abandon lors de l’enfance et une peur panique de la solitude amplifient les risques.

Quand ce syndrome est très marqué, il crée des problèmes de couple et peut pousser celle qui en souffre à l’épuisement émotionnel, le burn-out maternel, la dépression ou l’anxiété. La dépression souriante au début va aller crescendo et causer une crise de couple mais aussi une grave crise existentielle.

La notion de sacrifice au centre de ce syndrome

Une femme souffrant du syndrome de Wendy est persuadée qu’il faut se sacrifier pour être aimée. Pour cela, elle va taire ses envies et ses besoins, sa frustration et sa tristesse et s’occuper de tout le monde, parfois même en assumant le rôle de maman et de papa. Tout cela dans l’espoir d’avoir de la reconnaissance et de l’amour en retour. Mais cela ne fonctionne pas ainsi et elle s’épuise dans un schéma toxique qui ne la rend pas heureuse. Ne pas se sentir aimée pour qui on est vraiment, penser ne pas mériter l’amour sincère est quelque chose qui ne reste pas sans conséquences sur soi, son couple et ses enfants.

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Comment en sortir ?

Avec ses enfants, pour éviter de tomber dans le piège de la surprotection et du sacrifice maternel, il faut apprendre à doser, à laisser de l’autonomie et de l’intimité à ses enfants selon leur âge. Il ne faut pas anticiper les choses à leur place, ni laisser la culpabilité ou la peur rendre surprotectrice. Encourager et soutenir leur indépendance est la meilleure façon de sortir de ce schéma étouffant.

Au sein du couple, la communication est essentielle pour expliquer l’origine de ses peurs et croyances limitantes sans craindre la critique et en toute confiance. Mettre des mots sur une situation, une souffrance est le premier pas indispensable pour faire bouger les choses. Ensuite, pour maintenir une relation saine, il faut trouver des compromis sans craindre le rejet ou l’abandon et éviter la culpabilité.

Si votre partenaire souffre du syndrome de Peter Pan, votre comportement a alimenté son immaturité. Si vous voulez que cela change pour votre bien-être, il faut lui faire comprendre votre souffrance et l’amener à changer également son mode de fonctionnement.

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1 réflexion au sujet de « Le syndrome de Wendy : aimer jusqu’à se sacrifier ? »

  1. Très intéressant ! J’ai 63ans. Je sors à peine de ce modèle…bien qu’en ayant pris conscience il y a fort longtemps, très aidée par un mari qui n’a pas le syndrome de Peter Pan.

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