Dépendante affective, hypersensible : De l’importance de s’aimer

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

J’ai longtemps pensé que c’était au travers du regard des autres que j’allais m’aimer et apprendre qui j’étais, et ainsi exister. J’ai cru que l’autre m’était indispensable pour me connaître, me construire, m’accomplir. D’où me vient cette croyance erronée que sans un autre dans ma vie, je ne vaux rien, que je suis incomplète ? Quelle angoisse enfouie, quelles peurs paniques cela cache-t-il ? Doit-on parler de manque de confiance en soi, de soif de reconnaissance ? De dépendance affective, de la peur de l’abandon ?

Peut-être oui, sûrement même est-ce un mélange de tout ça. Mais pourquoi ? Pourquoi ce besoin permanent, cette nécessité quasi vitale de s’identifier aux autres, de compter pour quelqu’un pour avoir l’impression d’exister ?

Ne doit-on pas d’abord exister par et pour soi-même ?

Ma vie sentimentale a été riche de belles rencontres et de mauvaises surprises, de longues histoires comme de relations avortées. Cela n’a pas été, ces dernières années, un long fleuve tranquille. Parce que je me suis oubliée ? Sacrifiée ? Je me suis longtemps dit que mon bien-être passait par celui de mon couple alors j’ai toujours essayé de conserver une harmonie, de porter l’autre, d’y croire, de donner le change, de continuer alors que mon couple était mort depuis un moment. Je me suis oubliée. Par peur de la solitude ? De l’échec ? De l’abandon ?

J’ai rarement été amoureuse dans ma vie, voilà le paradoxe pourtant ! Je m’attache vite, je me donne à 200% mais j’enferme mes sentiments dans ma carapace blindée, par ailleurs pleine de mes émotions si dévastatrices mais qui n’arrivent pas à se transformer en sentiments véritables. Ai-je, par mon manque de confiance en moi, fini par ne voir en l’autre qu’une bouée de sauvetage, un moyen d’exister ? Ne me suis-je servi de mes histoires d’amour que pour combler un vide, mais sans jamais réussir à être totalement moi-même et réellement amoureuse ? Ce constat me donne froid dans le dos, comment peut-on être à la fois si entière et si méfiante ?

On dit qu’il faut s’aimer soi-même avant de pouvoir aimer les autres.

Je suis partagée même si le bien-fondé de ce principe paraît évident.

–          D’un côté, cela me semble réducteur car combien de femmes manquent de confiance en elles et pourtant sont totalement sincères dans leurs relations ? Est-ce à dire qu’elles ne sont pas amoureuses ?

–          D’un autre côté, au fil du temps, cela semble logique que le désamour de soi soit un handicap dans la construction d’une relation de couple saine, équilibrée et donc durable. Non pas dans la sincérité de l’intention, la pureté du sentiment, mais pour permettre à la relation d’exister sainement, d’évoluer, en toute confiance.

Cette sensation de ne pas être assez bien pour l’autre, quelle qu’en soit la raison (complexe physique, intellectuel, social…), liée à cette peur de s’attacher pour être au final abandonnée, voilà la triste association trop souvent imaginée, ressentie, vécue.

Besoin du regard des autres pour se trouver des qualités

Manque de self-estime, besoin du regard des autres pour se trouver des qualités, une utilité, une légitimité même. Ce mode de fonctionnement est un cercle vicieux duquel on a du mal à sortir. Quand on a toujours pensé de cette façon, se complimenter, s’accepter, s’aimer n’est pas naturel. Pire, on a l’impression que c’est de l’égocentrisme alors qu’au contraire l’amour de soi, c’est la base, c’est la survie !

S’accepter avec ses défauts, ses complexes et ses failles, ne plus craindre les jugements sont les bases essentielles pour être aimée par la personne qui compte le plus dans notre vie, nous-mêmes. La confiance en soi est la clé.

Après, on ne va pas se mentir, on a besoin des autres pour partager, interagir mais pas pour se valoriser en permanence et pour exister. Il faut considérer cela comme un bonus et non comme un besoin. Il faut du temps pour apprendre à se connaître, pour réussir à vaincre ses peurs, pour oser dire non à ce qui nous blesse. Les identifier est le premier pas, puis les comprendre et s’en défaire afin de ne plus se laisser submerger par elles.

Peur de l’abandon et manque de confiance en soi

Lorsqu’on manque de confiance en soi, qu’on a cette crainte d’être abandonnée, on se rattache à la moindre marque d’intérêt, au plus petit signe d’attachement de l’autre pour se rassurer et se sentir vivante. Cette dépendance affective est la conséquence de notre hyperémotivité, de notre très (trop) grande sensibilité. On se laisse submerger par nos émotions, on prend les choses trop à cœur.

On est dans le paradoxe de vouloir vivre pleinement ce qu’on ressent mais en même temps nos peurs primales resurgissent, et le malaise s’installe. On décortique tout, on interprète, on se fait souffrir inutilement. Dans ce genre de cas, le déséquilibre est trop fort, la relation ne doit pas devenir le terrain d’un rapport de force émotionnel. Pour vivre ses émotions sainement, et laisser un jour nos sentiments s’exprimer pleinement,  il faut se défaire de cette dépendance affective, et c’est souvent un parcours long et douloureux, mais ô combien valorisant et gratifiant à la fin !

S’aimer n’est pas égoïste !

S’aimer n’est pas un acte égoïste ou une marque d’égocentrisme, c’est une nécessité. Et oser être soi-même est le premier pas vers le bien-être et la sérénité. L’introspection n’empêche pas une certaine forme de légèreté et d’insouciance et c’est de cette façon qu’on apprend à connaître toutes les facettes de notre personnalité dans le respect de nos limites, car c’est à nous de les fixer, pas aux autres.

Il faut se dire que quelque soit notre histoire, nous avons tous quelque chose à apporter aux autres et surtout il ne faut plus avoir peur de dire non aux gens et aux relations toxiques, il faut apprendre à reconnaître ce/ceux qui est/sont bon(s) pour nous.

Pour autant il ne faut pas craindre les moments de spleen qui ne s’évaporeront pas du jour au lendemain, cette sorte de rechute émotionnelle qui réveille tous nos démons ; mais lorsque ces moments arrivent il faut juste les accepter et en tirer une leçon, pour continuer à avancer, car ils dureront de moins en moins longtemps. Quand on se trouve, sa vérité et soi, c’est comme si notre but à atteindre était omniprésent même s’il n’est pas immédiatement à portée de main.

Hypersensible, hyperémotive, dépendante affective, souffrant de manque de confiance en soi ou de la peur de l’abandon, ce terrain émotionnellement fragile est là depuis des années. Il faut s’en défaire, apprendre à doser ses réactions et ses émotions pour ne pas souffrir encore et encore mais il ne s’agit pas pour autant de renier qui nous sommes, de rejeter notre sensibilité.

Quand la conclusion « Je m’aime donc je suis » est enfin une réalité, alors cela ouvre le champ des possibles, dans notre capacité à soulever des montagnes et dans nos rapports aux autres.

« Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris. » Oscar Wilde

Audrey

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