Je vis un amour virtuel : témoignage

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

A l’heure des sites de rencontres, est-il possible de tomber amoureux virtuellement ? Vivre une histoire d’amour par écrans interposés, sorte de relation à distance, est-ce possible ? Si les échanges épistolaires font partie de l’amour, qu’un couple peut se construire sans partager le quotidien, qu’en est-il au début ? Le premier rendez-vous est important, il offre souvent un coup de foudre ou un coup de cœur et donne envie d’aller plus loin. Mais quand cela a lieu virtuellement, et que le lien se construit ainsi, qu’en est-il ? Fantasme, espoir, projection ou réels sentiments naissants ? Partager une relation privilégiée avec une personne qu’on n’a encore jamais vue, est-ce de l’amour ? Se confronter à la réalité, au regard de l’autre, c’est le risque de se mettre en danger. Voici le témoignage d’Elodie, je vis un amour virtuel. Et vous, êtes-vous du genre à croire en l’amour 2.0 ? Ou au contraire à ne rien en attendre ?

Je vis un amour virtuel : témoignage d’Elodie

Nous avons fait connaissance sur une application de rencontres il y a quelques mois. Ce n’était pas la première fois que j’échangeais avec un homme ainsi, mais cette fois-ci, j’ai senti que c’était différent.

Le feeling a été là immédiatement. Pas de banalités ennuyeuses, pas de blancs entre deux messages, pas de sujet gênant ou tabou.

Les choses se sont faites naturellement, avec simplicité, humour et réciprocité.

Nos deux profils ne cachent pas de mauvaises surprises comme c’est souvent le cas sur les sites de rencontres. Pas de photos avec filtres, de description creuse, copiée-collée ou inexistante.

Des vraies photos au naturel, des vraies informations sur les grandes lignes de nos vies. Bien sûr, se parler virtuellement recèle toujours une part de mystère. Et puis on peut tomber sur un faux profil ou une personne mal intentionnée. Homme marié ou en couple, infidèle chronique, manipulateur, pervers narcissique, collectionneur…

Il y a malheureusement de tout et de n’importe quoi sur le Web. J’en ai déjà fait l’amère expérience, mes amies aussi, c’est pour cela que je prends mon temps maintenant.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser mon témoignage, je ne m’emballe plus au début d’une relation virtuelle. Ni sur les mots, ni sur le fait de se rencontrer immédiatement après un simple « salut ça va ? » 

Je préfère prendre mon temps, même si j’ai bien conscience que vivre sa vie de façon virtuelle n’est pas la solution.

Ce n’est pas ce que je souhaite à long terme, mais la vie réserve parfois de drôles de surprises.

Avec Jonathan, nous échangeons depuis plusieurs mois déjà. Notre rencontre est prévue mais la distance et le travail ne nous ont pas permis de nous voir encore.

Au début, disons le premier mois, nous avons échangé régulièrement mais pas quotidiennement. Nous avons appris à nous connaître via des messages sur l’application, puis via de longs mails.

C’est comme si une sensibilité commune nous reliait et cela m’a donné envie d’aller plus loin.

Ensuite, nos discussions devenant quasi quotidiennes, nous avons décidé d’échanger nos numéros de téléphone. Une étape était franchie : messages instantanés, envoi de photos de nos journées et de selfies. Puis, les appels.

Entendre sa voix m’a fait basculer vers d’autres sensations et a créé en moi des émotions que je ne croyais pas possibles.

Je vis un amour virtuel, c’est à ce moment-là que je me suis posée la question.

Était-ce possible de ressentir quelque chose pour un homme que je n’avais encore jamais vu ? Nous n’avions pas échangé de regards et de sourires, pas confronté nos ressentis virtuels dans la réalité de la vie.

Je ne connaissais pas ses mimiques, ses expressions, sa façon de marcher, de se tenir, sa gestuelle, sa posture, son odeur, son charisme.

Pour le moment, je connaissais sa plume, le son de sa voix et de son rire et son image figée sur mon écran de téléphone. C’était tout. Était-ce suffisant pour me dire attachée, connectée, amoureuse ?

Il fallait passer une autre étape et voir si nous étions sur la même longueur d’onde. Ce fut chose faite en passant au cap des appels en visio. Se parler en se voyant, se regarder, se sourire, c’était troublant.

A partir de ce jour, notre relation virtuelle a basculé vers quelque chose de plus fort, plus intime, plus concret.

J’avais l’impression de le connaître, une familiarité et une complicité sont nées. Quelques petits surnoms amoureux et mots doux ont pointé le bout de leur nez dans nos échanges et nos sms pour nous souhaiter bonne journée ou bonne nuit.

J’ai eu peur de m’emballer, qu’il me demande d’aller trop loin, ou qu’il m’ait menti. Mais malgré cela, je m’étais attachée à ce lien, à lui.

Par besoin plus que par envie, à cause de ma solitude affective ? Si cela a forcément pesé dans la balance au début, je n’y pensais même plus. Et j’étais rassurée. Rien ne me paraissait suspect dans sa vie, ses confidences, ses mots.

Il m’a avoué avoir lui aussi été troublé à l’issue de ce deuxième mois pendant lequel nos échanges étaient devenus quotidiens. Puis c’est en visio que nous en sommes venus aux confidences.

Ce que nous étions en train de vivre, était-ce un amour virtuel naissant ?

Nous ne sommes plus des enfants même si nous n’en avons pas encore l’un comme l’autre, mais nous avons un passé. Heureux et malheureux, joyeux et douloureux, comme beaucoup de monde à l’aube des 30 ans.

En commun, cette volonté farouche de rencontrer quelqu’un de bien, de se plonger dans une relation sérieuse, de tourner la page des histoires sans lendemain et des déceptions amoureuses.

La seule chose que nous ne savons pas encore, c’est si la réalité va dépasser la fiction ou si elle va être décevante ! Un décalage est toujours possible…

Voilà plus de trois mois que nous nous sommes virtuellement trouvés, et l’heure de la vraie rencontre va bientôt sonner.

J’ai peur, j’ai hâte, je suis excitée, je suis morte de trouille. Tout à la fois, les papillons dans le ventre ne veulent pas se calmer, mon cœur bat la chamade. Mais il faut que je sache. Jonathan est-il fait pour moi ? Suis-je vraiment en train de tomber amoureuse de lui ? Et lui de moi ? Ou sommes-nous tous les deux dans le faux, dans une espèce de réalité virtuelle faussée d’emblée ?

J’ai besoin d’aller au bout de cette expérience, de cette drôle d’histoire, pour savoir si je vis un amour virtuel ou non.

Nous allons donc nous rencontrer. La distance est là mais elle n’est pas insurmontable en TGV, ou même en voiture. Quelques heures à peine. Nous avons pris notre temps, il faut maintenant laisser nos téléphones et voir si les vrais Elodie et Jonathan sont faits pour être ensemble ou non…

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