Parler d'Amour
Sing Street, le feel good movie amour et rock’n’roll

Sing Street, le feel good movie amour et rock’n’roll

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Le synopsis

Dublin, 1985. Connor, un adolescent de 15 ans se voit obligé d’intégrer une école publique catholique, puisque ses parents n’ont plus les moyens de payer son école privée. Les règles changent, les élèves aussi, l’adolescent qui a jusque-là été élevé dans un couffin doré fait face à la brute du coin. Au même moment, il fait connaissance de Raphina, une magnifique jeune fille et se met en tête de la séduire en lui proposant de jouer dans le clip de son groupe. Le seul problème est que si Connor chante et écrit des chansons, il n’est pas habitué à avoir un public et encore moins un groupe : il décide donc de monter le projet sur le champ…

L’adolescence et ses tracas

Le début de Sing Street n’est pas des plus réussis puisque l’introduction est brutale, les dialogues sont un peu évidents. Mais le film, presque construit comme un morceau de rock, dévoile progressivement un personnage masculin intéressant. Connor, élevé dans un milieu bourgeois, une grande maison et une famille soudée, voit son beau monde s’écrouler lorsque les finances ne sont plus au beau jour. Alors que ses parents divorcent, son grand frère, son héros et personnage au bon capital sympathie, arrête l’université et se renferme sur lui-même. L’adolescent fait face aux désillusions familiales mais aussi amoureuses lorsqu’il rencontre Raphina qui a juste un an de plus que lui mais lui semble bien plus mature. Il sort de sa zone de confort et traverse une période dont le film ne nous épargne pas la cruauté, autant sur la découverte du monde adulte que sur les élans déchus du cœur.

Bien que le couple soit à priori tout à fait improbable, le travail sur les costumes et coiffures de Connor (« Cosmo ») tout comme de Raphina permettent de présenter, avec excentricité ou émotion les différentes faces d’adolescents à la recherche d’eux-même – et finalement un peu à la recherche de l’autre. On constate également une heureuse inversion de l’âge des acteurs, le plus âgé n’est pas le viril personnage masculin mais, pour une fois, le personnage féminin, séductrice et initiatrice. Au début simple jolie fille, Raphina s’avère être une véritable collaboratrice artistique, dévouée et au sens esthétique indéniable, passant de coup de cœur à grand amour, pour le jeune Connor. Loin d’être un seul faire-valoir, elle saisit même mieux l’essence de la création que les garçons.

L’évolution de la musique

Les années 60 ont été marquées par les Beatles, les années 70 ont découvert le punk et les années 80 marquent un renouveau dans l’histoire du rock, tout comme Connor déclare vouloir faire une musique « futuriste ». Cette époque est également celle des premiers clips musicaux, diffusés à la télévision. Sing Street propose un parallèle intéressant entre la vision du père de Connor, sceptique devant ces nouveautés, et celle de ses fils (et de sa femme), enthousiastes face à des vidéos parfois très artistiques, qui mettent en valeur le physique avantageux des musiciens. Sing Street capte le propre d’une époque particulière dans l’industrie musicale, qui nous paraît aujourd’hui dépassée : celle où le clip avait une importance particulière à la télévision, bien avant internet.

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En brossant le portrait d’un personnage principal fasciné par ses nouveauté, le film joint son évolution personnelle et artistiques, Connor se cherche sentimentalement comme artistiquement et laisse sa vie amoureuse influencer toutes ses compositions. C’est l’occasion d’assister à des gags visuels très drôles, grâce à des changements de looks improbables et des imitations de style plus ou moins réussies mais toujours charmantes.

La misère sociale

On connaît l’histoire mouvementée de l’Irlande, écartelée en deux et ravagée par une guerre d’indépendance mais la situation s’était calmée dans les années 80. Cela n’empêche pas le film de se concentrer sur les problèmes économiques d’un pays qui avait encore du mal à prendre son essor, les jeunes rêvant tous de partir pour Londres, qui bénéficiait d’une plus grande concentration d’industries culturelles. Si Connor a été élevé dans une certaine aisance, il fait face, à son entrée dans sa nouvelle école, à d’autres conditions sociales, dont des élèves élevés dans des cités, aux parents toxicomanes.

Sing Street rend heureux, on en ressort enchanté et le cœur bondissant, avec l’envie de monter son  propre groupe de rock et de rencontrer un(e) bel(le) irlandais(e) mannequin mais n’ignore rien des aléas de la vie, comme le font les meilleurs films du genre. En confrontant son héros à la misère sociale et sentimentale (les deux étant finalement un peu liés par le lourd passé de Rafina), il lui fait subir le pire pour l’amener vers le meilleur, provoquant une délicieuse montagne russe émotionnelle.

En conclusion

Bercé par une formidable musique rock, que ce soit grâce aux classiques bien placés comme aux compositions originales entraînantes, Sing Street est le feel-good movie sentimental de l’automne. Après une introduction qui cabotine un peu, le film prend tout à fait ses aises, s’avère touchant, intelligent mais surtout jouissif.

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