Pilule contraceptive masculine : une innovation bientôt possible ?

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Depuis sa création en 1956 aux Etats-Unis, la contraception a toujours été l’affaire des femmes. Même si le droit à l’utiliser est décidé par des hommes ! C’est un professeur américain de l’université de Harvard, Grégory Pincus, qui met au point la première pilule contraceptive féminine en 1956. En France, il faut attendre la loi Neuwirth en 1967 pour sa légalisation. Depuis, les choses avancent doucement et on sait aujourd’hui les risques inhérents à la prise de pilules hormonales. Et les hommes dans tout ça ? A part le préservatif et l’intervention de la vasectomie, y a-t-il un moyen contraceptif semblable à celui des femmes à venir ? Une pilule contraceptive masculine : une innovation bientôt possible ? C’est le travail actuellement mené par des chercheurs américains. Si cette pilule n’est pas encore à l’ordre du jour, ces médecins sont optimistes pour une commercialisation d’ici 5 ans. Explications.

Pilule contraceptive masculine : une innovation bientôt possible ?

Seules les femmes « doivent prendre la pilule » ?

La contraception pour les hommes ? C’est un sujet encore « tabou » dans le sens où on considère que c’est aux femmes de prendre en charge cette responsabilité. La contraception étant le moyen de ne pas tomber enceinte et ceci étant par nature le rôle des femmes, le raccourci est vite fait. Les moyens de contraception existants sont essentiellement féminins : pilule, stérilet, diaphragme, implant, patch, injection, préservatif féminin…

Les hommes, eux, utilisent essentiellement le préservatif masculin. Si certains vont jusqu’à la vasectomie, les méthodes intermédiaires sont peu nombreuses, peu connues et peu pratiquées. Par exemple, une méthode hormonale existe en France, depuis quarante ans, sous la forme d’une injection hebdomadaire d’énanthate de testostérone dans les muscles. Mais très peu de médecins la prescrivent et ce n’est pas pris en charge pas l’Assurance Maladie.

Pour en savoir plus sur cette méthode hormonale masculine, c’est ici !

Quant à la pilule masculine, elle n’existe dans aucun pays. La contraception de ce type pour homme en est encore au stade expérimental. Mais les choses semblent s’accélérer depuis quelques temps. Voici un état des lieux sur le sujet.

Une pilule non-hormonale, sans effets secondaires pour hommes

Jusqu’à présent, les essais pour l’élaboration d’une pilule masculine imitaient le fonctionnement de la pilule féminine en agissant sur une hormone masculine, la testostérone. Mais ils provoquaient des effets secondaires indésirables. Prise de poids, dépression et hausse du taux de cholestérol, qui accroit le risque de maladie cardiaque.

Cela dit, la pilule pour femmes provoque également des effets indésirables, comme un risque accru de formation de caillots sanguins…

Lire aussi : Contraception pour homme : Où en sommes-nous ?

Des chercheurs américains travaillent sur une pilule masculine efficace à 99%

Mais très récemment, des chercheurs du Minnesota ont présenté une étude sur un contraceptif masculin non hormonal testé sur des souris lors d’une réunion de l’American Chemical Society (ACS). 

Au lieu de se concentrer sur la testostérone, les chercheurs ont ciblé une protéine appelée « récepteur alpha de l’acide rétinoïque » (RAR-a). Ils ont découvert qu’un composé appelé YCT529 est efficace pour éliminer cette protéine qui participe à la formation des spermatozoïdes.  Ainsi, cela rend les souris mâles stériles à 99% sans aucun effet secondaire.

Mais ce n’est pas permanent, les souris peuvent se reproduire 4 à 6 semaines après avoir cessé le traitement. Il s’agit de rendre le procédé réversible.

Les premiers résultats sont encourageants puisque des chercheurs travaillent sur des molécules capables d’entraîner l’incapacité des spermatozoïdes à féconder un ovocyte ou de bloquer la maturation des gamètes mâles. 

Pour résumer, cette pilule pour hommes bloque la production de spermatozoïdes et contrairement à la pilule féminine, il n’y a pas d’action sur les hormones.

Des tests sur les hommes devraient bientôt être autorisés. Et les chercheurs, financés par les Instituts américains pour la santé (NIH) et l’organisation à but non-lucratif Male Contraceptive Initiative, espèrent une commercialisation d’ici quelques années.

Lire aussi : Enceinte et séparation : Vivre sa grossesse seule

Une bonne nouvelle pour tout le monde !

Cette avancée est prometteuse même s’il faudra encore plusieurs années pour savoir si elle peut être commercialisée aux Etats-Unis puis en France.

Les hommes pourraient ainsi enfin prendre en charge ce qui concerne la contraception et le risque de grossesse. Sans se contenter simplement du préservatif ou de laisser cette responsabilité à leur partenaire féminine.

Les femmes doivent en effet assumer presque toujours seules la prise d’un moyen de contraception. Elles portent donc le poids du contrôle de la fertilité. Si cette pilule contraceptive non hormonale masculine voit le jour, un vent d’égalité pourrait-alors enfin souffler sur la s.e.xualité des couples hétéros !

Le « chérie, tu as pensé à prendre ta pilule ? » deviendra « chéri, tu as pensé à prendre ta pilule » ?

Il suffit parfois d’une lettre pour que les mentalités évoluent et que les choses avancent !

Lire aussi : Arrêt pilule effets secondaires : Acné, retard, douleur ?

A quand des tests sur l’homme ?

Si tout se passe bien, cette nouvelle pilule devrait pouvoir être testée sur les hommes fin 2022 aux Etats-Unis. En effet, les progrès pourraient être rapides car les équipes à l’origine de l’élaboration de l’YCT529 (nom provisoire donné au processus de cette pilule) travaillent avec l’entreprise YourChoice Therapeutics pour commencer des essais cliniques d’ici quelques mois.

Les premiers résultats seront alors présentés lors de la conférence de printemps de la Société américaine de chimie en 2023.

Et si tout se passe bien, une commercialisation d’ici 5 ans est envisagée.

Affaire à suivre Messieurs (et Mesdames) !

Première réaction d'un lecteur

Cet article est récent et vous êtes sans doute un des tous premiers lecteurs à le dénicher... Soyez le premier à laisser un commentaire, partager un avis, une idée... pour lancer la discussion :).

⮯ Vers les commentaires

Laisser un commentaire