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Syndrome de Stockholm : entre amour et violence

Syndrome de Stockholm : entre amour et violence

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Les femmes battues, les otages, les enfants maltraités… Il arrive que certaines de ces personnes développent une forme d’empathie pour leur geôlier ou agresseur, et même, des sentiments très proches de l’amour.

Pourquoi « syndrome de Stockholm » ?

Le terme “Syndrome de Stockholm” est apparu il y a une cinquantaine d’années et a été créé par le psychiatre Nils Bejerot en 1973 exactement. Ce syndrome a aussi été décrit et analysé par Frank Ochberg, en relation avec un fait divers. Un quart de toutes les victimes de prise d’otage semble éprouver une certaine empathie envers leurs agresseurs.

Tout a commencé ainsi :

En août 1973, Jan Erik Olsson s’évade de prison et braque une banque dans le quartier de Norrmalmstorg à Stockholm. Les forces de l’ordre interviennent et Jan Erik prend en otage quatre employés de la banque. Après six jours de négociation, les otages sont libérés. De façon étrange, ces otages se sont interposés entre leurs ravisseurs et les forces de l’ordre, ils ont refusé de témoigner à charger et ont pris la défense de leurs agresseurs jusqu’à aller leur rendre visite en prison. Entre l’une des otages, Kristin, et Jan Erik, une relation amoureuse s’est même développée.

Qu’est-ce que le syndrome de Stockholm ?

Dans le “Love Le Grand Livre de l’Amour”, Frank Ochberg explique que ce syndrome est appelé ainsi en raison de trois constatations :

  • Des sentiments positifs de la part de la personne victime envers son agresseur
  • Des sentiments positifs de la part de l’agresseur envers son otage/sa victime
  • Une hostilité de la part des deux parties envers les autorités responsables de la libération de l’otage et des poursuites à l’encontre du ravisseur.

Ainsi, le syndrome de Stockholm désigne une forme d’attachement réciproque entre ravisseurs et otages.

Lorsque les coups de feu éclatent lors d’un braquage, les gens ont peur, la situation est terrifiante. Les otages ne doivent pas parler, ne doivent pas bouger, ils redeviennent comme des enfants totalement dépendants de leurs parents et, dans ce cas précis, dépendants de leurs ravisseurs qui vont les nourrir, leur permettre d’aller ou non aux toilettes…Frank Ochberg explique également qu’après coup, de nombreuses victimes lui ont dit “je savais que j’allais mourir“. Ainsi, alors qu’ils pensaient mourir, ces otages vont être reconnaissants lorsque leurs ravisseurs vont leur permettre de bouger, de parler, de manger. C’est comme si ces agresseurs qui venaient de leur “prendre leur vie” la leur rendait.

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Les otages vont ainsi nier la cruauté de leur agresseur et vont même déceler en eux, de la gentillesse. Bah oui, grâce à eux, ils peuvent vivre ! Pour le docteur Franck Garden-Breche, le syndrome de Stockholm serait une sorte de stratégie adaptative qui permettrait aux otages de survivre et d’accepter plus facilement ce qui leur arrive.

Le syndrome de Stockholm aujourd’hui

Si, à l’origine, on parle du syndrome de Stockholm pour évoquer l’attachement des otages envers leur ravisseur, aujourd’hui, le terme s’est étendu. On parle du syndrome de Stockholm lorsque l’on évoque l’amour d’une femme pour son mari violent, l’attachement d’un sportif pour son entraîneur abusif… En bref, l’attachement d’une personne envers une autre qui aurait une figure parentale, d’autorité abusive. Pour la victime, il n’y a pas d’issue possible : l’impression que sans cette personne, elle perdrait sa vie, ses moyens de subsistance, son emploi…

Un amour qui n’en est pas un

Certaines victimes pensent qu’elles ressentent de l’amour pour leur ravisseur, ce fut le cas de Kristin et Olsson en 1973 à Stockholm, il en fut de même pour l’héritière Patty Hurst et Cujo de l’Armée de libération symbionaise. Toutefois, même si ce sentiment s’apparente à l’amour, la réalité est toute autre. Frank Ochberg affirme : “Je vous l’affirme, si vous êtes piégé dans cette forme d’amour faux, ce n’est pas sain et vous méritez beaucoup plus“. Il faut de l’aide, des avis d’experts, trouver refuge chez des personnes saines et dignes de confiances ou dans des refuges pour femmes battues, se rendre à des réunions de soutien…

Le syndrome de Stockholm n’est jamais de l’amour, “c’est un réconfort provisoire au moment où la conviction d’une mort certaine se transforme en espoir de vie“.

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