Parler d'Amour

Fuis-moi je te suis suis-moi je te fuis ou le jeu malsain des relations d’aujourd’hui

Fuis-moi je te suis suis-moi je te fuis ou le jeu malsain des relations d’aujourd’hui

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Fuis-moi je te suis suis-moi je te fuis ou le jeu malsain des relations d’aujourd’hui. Jeu dans lequel on se reconnaît tous plus ou moins…

Par Audrey

Fuis-moi je te suis suis-moi je te fuis ou le jeu malsain des relations d’aujourd’hui

(Avant toute chose je suis une femme et donc j’écris en tant que telle, même si cet article ne signifie pas que la situation inverse homme manipulé/femme malsaine n’existe pas. Bien au contraire.)

On a toutes connu ça, ou presque, cette situation glauque et douloureuse, souvent malsaine. On sait le mal que cela nous fait, et pourtant on s’obstine à vouloir y croire encore, à voir des signes, à espérer un changement et on craque, on y retourne, on replonge.

Pense-t-on qu’on ne mérite pas mieux ou simplement que c’est ça, l’amour aujourd’hui ?

On tient, quelques heures, quelques jours, quelques semaines. On se fait violence c’est vrai, parce que l’attirance est toujours active même si on est fières d’avoir tenu tout ce temps. Et puis, il suffit d’un rien et c’est reparti… Oui, pourquoi un simple message a le don de nous ébranler, de remettre en cause nos bonnes résolutions ?

Il nous a fait du mal, nous a menti, utilisée, fait souffrir. Il a joué avec nous, ne nous aime pas et n’a rien de sain et sincère à nous offrir. On le sait. Et on sait aussi qu’il recommencera son petit jeu malsain. A réapparaître puis fuir à nouveau, avant de revenir, comme s’il s’offrait, tel un cadeau inespéré. On sait qu’on va encore souffrir le martyre mais c’est plus fort que nous.

Pourquoi ?

Par amour ? Manque d’affection ? Pour le sexe ? Pour ne pas être seule ? Parce qu’on ne pense pas mériter mieux ? Parce qu’on espère qu’il changera ?

Chacune d’entre nous a sans doute évoqué une de ces raisons à un moment donné pour expliquer, se justifier, comme si on souffrait d’une forme d’addiction. « Mais si, je l’aime, oui il me manque, je n’ai envie de personne d’autre, s’il revient c’est qu’il tient à moi non ? Je suis sûre qu’il peut changer, au moins je ne suis pas seule…»

Toutes ces motivations ne sont-elles que les preuves, au fond, d’une forme de dépendance affective, d’un manque de confiance en soi et d’une vulnérabilité extrême qui nous poussent à devenir un jouet, à être une marionnette dans les mains de cet homme ? Devenons-nous victime de celui qui souffle le chaud et le froid sur nos émotions et nos possibles sentiments, décide pour deux et s’en amuse ? Croyons-nous vraiment que ce jeu malsain du chat et de la souris qu’il a instauré, ce remake du fameux « fuis-moi, je te suis, suis-moi, je te fuis » peut déboucher sur une vraie relation, une histoire d’amour ? Au fond de nous, sincèrement ? Bien sûr que non…

Mais, pas encore assez fortes, on s’en contente parce que nous sommes incapables de nous défaire de ce lien toxique ; impuissantes à résister à la tentation que représente cet homme qui nous a fait croire que tout était possible entre nous. Et pourtant à chaque fois c’est le même scénario. On se retrouve pour mieux se déchirer, il nous rappelle pour mieux nous manipuler.

Où s’arrête sa responsabilité ? Où commence la nôtre ?

Aujourd’hui, j’ai l’impression que les relations amoureuses ne sont devenues qu’un vaste jeu, un marché de dupes. Il ne s’agit même plus du jeu de la séduction légitime mais plutôt d’un rapport de force, d’une prise de pouvoir sur l’autre.

D’emblée, trop souvent, il y a un déséquilibre. L’un des deux veut s’imposer et surtout conserver de la distance et de l’avance sur l’autre. Pour faire de l’autre sa chose et gagner ? Par défi ? Peur de l’engagement ? Peu importe la raison, le résultat est là. On devient trop souvent un instrument dans les mains de l’autre. Les relations amoureuses naissantes manquent de simplicité, de spontanéité, de naturel, de sincérité.

Avec toute cette surconsommation et ces nouveaux modes de rencontres décomplexés, standardisés, quasi à la chaîne même, la fin de la « vraie drague » et l’apanage du sexe comme un produit de consommation jetable, vite fait-mal fait, on a perdu ce qui faisait l’essence même d’une rencontre, d’un premier rendez-vous, des débuts d’une histoire.

On se méfie, on se protège ou alors on utilise l’autre, on s’en sert comme si on craignait qu’il le fasse avant nous, ou, constat plus affligeant, comme si c’était entré dans les mœurs que maintenant c’est ainsi que cela se passe.

Alors la découverte de l’autre devient un terrain miné.

On ne comprend pas le chemin à prendre, c’est un véritable parcours du combattant ou un jeu de piste, on a l’impression que si on répond A au lieu de B ou qu’on coupe le fil bleu à la place du rouge, on perd des points et on recule de dix cases. On a cette sensation omniprésente qu’il faut faire ses preuves, que l’autre nous coche ou décoche de sa liste si nombreuse de critères sélectifs ou rédhibitoires, et qu’on arrivera jamais à développer cette familiarité nécessaire qui accompagne la construction d’une relation.

Tout est compliqué aujourd’hui, à double sens, à double vie parfois, souvent, trop souvent d’ailleurs. On ne s’y retrouve plus, on s’y perd de plus en plus. Parce que malgré tout on n’est pas toujours forcément conscientes de la réalité de ce mode de fonctionnement au départ. Et donc quand nos yeux pétillent, qu’on a des papillons dans le ventre, on se lance dans l’aventure, on y croit, c’est humain. Si on a juste le temps de s’attacher un peu, la chute est moins douloureuse, mais si on tombe amoureuse, on est en plein dans cet engrenage cité plus-haut, ce jeu malsain d’y retourner, de tenter encore et encore, d’y croire malgré tout.

Il faut du temps et du courage pour avoir la force de dire enfin STOP. Et on n’a pas encore gagné, on a juste remporté une petite bataille, pas la guerre. Parce que l’autre revient à la charge une fois, deux, trois, avant la fin de notre travail sur nous-mêmes.

Alors il faut réussir à répondre à la question suivante honnêtement en ayant à l’esprit que nous connaissons l’issue de ce nouvel épisode, de cette nouvelle saison, mais nés du même scénario, « nouvel essai, nouvel échec, nouvelles larmes » : Pourquoi je cède à chaque fois qu’il revient ?

Et ensuite, il y a plusieurs choses à faire pour enfin couper ce lien.

Admettre qu’il nous siffle comme un toutou et qu’on revient à chaque fois, ce qui nous rend pathétique et de plus en plus fragile. Accepter que ça fasse mal mais cesser de se remettre en question à chaque fois. Arrêter de se dire qu’on ne mérite pas mieux que ça. Dissocier le désir de l’attachement et de l’amour. Arrêter de penser qu’on va le changer. S’avouer qu’il ne nous respecte pas et donc que non, il ne nous aime pas.

On a fait l’erreur de craquer une, deux, trois fois, voire plus. Ce petit jeu lui convient ; il sait qu’il claque des doigts et on accourt, alors pourquoi arrêterait-il ? Il n’a aucun effort à faire et y trouve son compte. Nous sommes les seules capables de dire stop définitivement pour ne plus espérer en vain une histoire d’amour qui n’est qu’une chimère et retrouver notre self-estime car si, nous méritons mieux ! Mieux que ces messages malhonnêtes, cette attente, ces larmes, ces fausses promesses, ce simulacre de relation.

Nous avons voulu vivre une histoire d’amour, lui voulait vivre un jeu de stratégie à dimension humaine. Il a gagné quelques batailles certes, mais pas le combat final. Ne pas y retourner, ce n’est pas déclarer forfait, ce n’est pas non plus accepter la défaite, au contraire c’est célébrer notre victoire et mettre l’autre « game over » !

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2 comments

  • Mon dieu que ce texte me parle !
    Coincée dans une “relation” avec un homme qui fait ce qu’il veut de moi depuis maintenant deux ans.
    Il revient, on se fâche, il disparaît pendant deux mois. Je commence à “l’oublier” et c’est à ce moment là qu’il refait surface avec le strict minimum, juste assez pour me perturber et me rendre malade.
    J’aimerais beaucoup discuter avec Audrey, l’auteur de ce texte mais je n’ai pas trouvé son mail. Si tu passes par là…
    Merci beaucoup !

    Reply

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