J’aime être célibataire : témoignage de Delphine

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Qui a dit qu’il fallait à tout prix être en couple pour se sentir épanouie et heureuse dans sa vie ? Pourquoi notre bonheur déprendrait forcément de la présence d’une tierce personne dans notre existence ? Certes, l’amour est une chose importante, aimer et être aimée est une source d’épanouissement, mais le bonheur peut exister dans le célibat. Et heureusement ! Le célibat peut en effet être un choix et non être subi. On peut faire des projets sans être deux. Cela ne veut pas dire que l’idée de couple est rejetée pour un temps indéterminé, mais qu’on ne se met pas sur pause en attendant celui ou celle qui nous donnera envie de vivre une histoire d’amour. Aimer son célibat, c’est tout à fait possible et c’est le sens du témoignage de Delphine, 30 ans, « j’aime être célibataire ». Elle nous raconte son histoire, son cheminement de femme célibataire.

J’aime être célibataire : témoignage de Delphine

« Cela fait maintenant 2 ans que je suis célibataire. J’ai vécu une très belle histoire d’amour alors que j’étais étudiante, qui a duré 7 ans. Pour moi, cela ne faisait aucun doute, j’avais rencontré le grand amour de ma vie. J’y croyais tellement fort que je n’y ai pas cru quand il m’a quittée. Car c’est ce qui est arrivé : il est parti, pour une autre.

Triste banalité, n’est-ce pas ? J’ai fait une sorte de déni pendant des semaines, comme certaines femmes font un déni de grossesse. C’était pour moi impossible d’être sans lui, d’imaginer l’avenir sans lui, et je n’étais pas loin de tomber en dépression. Grâce à ma famille et à mes amies proches, j’ai réussi à sortir la tête de l’eau. Et à relativiser cette rupture même si 4 ans après, la cicatrice tire encore parfois et occasionne du vague à l’âme. Mais j’ai appris à l’accepter et à vivre avec.

Moi, j’aime être célibataire ? Avant, c’était inconcevable…

Après la rupture et ces quelques mois de tristesse, je me suis plongée à corps perdu dans les sorties, passant tout mon temps libre avec mes amies et à faire des rencontres. En fait, à ce moment-là j’étais comme conditionnée, persuadée que mon bonheur dépendait de quelqu’un d’autre. Pour être heureuse, je pensais que je devais forcément être en couple. Alors pendant l’année qui a suivi, j’ai tout fait pour rencontrer celui qui ferait chavirer mon cœur à nouveau. Les sorties, les rendez-vous arrangés, les sites de rencontres.

C’était presque une obsession, il fallait que je sorte de mon célibat, il fallait que je sois à nouveau en couple.

Mais à vouloir forcer le destin, je ne faisais que des rencontres décevantes. Des hommes qui ne me correspondaient pas ou des hommes qui m’attiraient mais qui ne voulaient pas s’engager dans une relation de couple. Leur mot d’ordre : s’amuser, collectionner quelques nuits avant de passer à une autre. Et la seule fois où je me suis attachée à l’un d’eux, j’ai vécu ce que des milliers de personnes expérimentent aujourd’hui : la lâche et douloureuse réalité du ghosting.

Je n’en revenais pas. C’est comme si j’étais tombée dans un autre monde dont je ne comprenais pas les codes, c’était à mille lieues de ce que j’avais vécu avant et de qui j’étais. Malgré moi, j’étais tombée dans ce qui est devenu aujourd’hui un business, le marché des célibataires, et je me retrouvais au cœur des relations actuelles, légères, éphémères, une relation sans prise de tête comme beaucoup aiment à les appeler. Mais je ne m’y retrouvais absolument pas.

Un soir lors d’un diner avec des amis, j’ai rencontré une amie d’amie, psy spécialisée dans les problèmes de couple et elle m’a aidée à comprendre, à avoir un déclic. Si je n’étais évidemment pas responsable du mode de fonctionnement de beaucoup en matière de relations amoureuses, je me perdais dans cette idée de couple à tout prix.

Ma vie, je la mettais entre parenthèses pour les hommes, allant jusqu’à sacrifier mes envies, persuadée que mon bonheur résidait dans le fait d’être deux.

Même si j’avais aimé mon ex de tout mon cœur, il est vrai, avec le recul, que je ne me voyais qu’à travers lui, qu’à travers nous. C’était inconscient et lui-même ne me le demandait pas, c’est moi qui m’imposais ça comme la seule option possible. J’avais tout faux, je me trompais de chemin, et mon épanouissement personnel était aux abonnés absents.

J’ai compris que j’avais un énorme manque de confiance en moi et que je projetais toute ma vie sur mon couple. Pour moi, c’était la seule façon d’exister.

J’aime être célibataire : un cheminement qui a pris du temps

Cette prise de conscience, il y a 2 ans, a changé ma vie et ma vision du couple, du célibat et de l’amour.

J’en ai eu ras-le-bol de faire dépendre mon bonheur d’une éventuelle rencontre, ras-le-bol de me mettre de côté, ras-le-bol d’avoir peur d’être seule, d’être moi !

A l’aube de mes 28 ans, j’ai décidé de mettre en pratique cette prise de conscience. Qu’est-ce que j’avais envie de vivre ? Qui avais-je envie d’être ? La présence d’un homme était-elle essentielle pour que je sois épanouie et heureuse ? Non !

J’ai fait ma liste de projets de vie ; comme on fait une bucket list. J’ai décidé de l’établir sur deux ans. A mes 30 ans, il faudrait que j’ai réalisé une partie de ce qui serait écrit.

Vie professionnelle, vie sociale, voyages, petits et grands défis personnels. A moi de lister mes priorités, de voir ce que je pouvais faire en premier, ou comment j’allais procéder.

L’idée était tout simplement de ne plus attendre d’être en couple pour faire ce que j’aimais et pour être la femme que je voulais être.

J’ai commencé par arrêter de chercher l’amour à tout prix, à chaque sortie, dans chaque bar ou coin de rue ! Je me suis désinscrite des applications de rencontres.

Ensuite, je me suis reprise en main, niveau look, pour que mon image corresponde à celle que je suis vraiment au fond de moi. J’avais envie d’assumer mon côté un peu bohème, même si ce n’était pas le style à la mode partout.

Les études que j’avais faites me plaisaient, mais depuis je ne trouvais pas le boulot qui m’épanouissait totalement, enchainant les CDD. A la fin du dernier, j’ai décidé de profiter de mon solde de tout compte et de prendre quelques mois pour moi, pour réfléchir et me retrouver. J’ai fait une chose qui me semblait encore impossible un an auparavant, je suis partie en voyage seule. Pas forcément loin, pas sac au dos pour un road trip, mais je me suis fait un programme sur différentes capitales européennes et cela m’a fait un bien fou.

J’ai découvert, au fil du temps, que j’aimais être célibataire ; que cela ne représentait plus un poids ni une honte de chaque instant. Enfin, j’étais capable de m’épanouir et d’avoir des projets seule.

A mon retour, je me suis inscrite à une formation pour atteindre mon objectif professionnel.

A chaque ligne que je coche sur ma liste, je suis fière de moi. Cela ne signifie pas que je ferme la porte aux hommes et à l’amour, mais je n’éprouve plus le besoin irrépressible d’être deux pour me sentir vivante.

Aujourd’hui, j’aime être célibataire !

Ma vie me plait ainsi. J’ai décoré mon chez moi à mon image, je m’investis dans mon travail, mon cercle d’amis me ressemble de plus en plus, à la nouvelle moi, la vraie moi en somme et j’ai pris goût à ma solitude maintenant car elle n’est plus synonyme d’isolement, d’angoisse ou de choix subi.

Le célibat a été un déclic pour moi, mais je ne l’oppose pas au couple pour autant. J’ai été heureuse pendant des années en couple, même si je m’oubliais beaucoup. Mais les regrets, très peu pour moi.

Je me dis que je devais vivre cette rupture pour me trouver et savoir qui je suis réellement, seule, sans dépendre de quiconque. Être célibataire est une étape essentielle pour mon épanouissement personnel. Apprendre enfin qui je suis vraiment me permettra, plus tard, de rencontrer celui avec qui je pourrais sans doute vivre une belle histoire.

Mais je n’attends pas cette histoire passivement, inlassablement, désespérément. Non, je vis chaque jour de mon célibat sans y voir un fardeau, une contrainte ou un manque.

J’aime être la Delphine célibataire, qui sait qui elle est, qui s’assume, qui avance, qui se projette seule. Qui a appris à rire, à pleurer, à surmonter un obstacle, à trouver des solutions, à vivre seule. J’en suis fière. Heureuse et fière.

Bien sûr, l’envie d’être deux se fait ressentir parfois, mais pour partager mon bonheur, pas pour le faire passer après celui de l’homme dont je serai amoureuse. »

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1 réflexion au sujet de « J’aime être célibataire : témoignage de Delphine »

  1. Perso, j’aurais beaucoup de mal étant donné qu’il m’a sauvé de l’alcoolisme et de la dépression ! Je comprends, tu as de bonnes raisons mais a terme, c’est plutôt compliqué !!

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