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Le deuil de l’être aimé : Comment continuer à vivre sans toi ?

Le deuil de l’être aimé : Comment continuer à vivre sans toi ?

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Je me sens perdue sans toi. Démunie. Déboussolée. Abandonnée. Livrée à la vie sans points de repère, sans protection ni ancrage. Sans but ? La vie nous a séparés, t’a arraché à moi et je me sens totalement incomplète, comme amputée d’une partie de moi-même. Comme si je cherchais encore et toujours ma moitié manquante, celle qui me faisait me tenir droite, me sentir complète. Celle qui faisait de moi une femme à part entière, une personne qui comptait pour une autre. Aujourd’hui je me sens bancale. Je ne sais plus avancer sans toi. Par où commencer, quoi faire, comment et surtout pourquoi ? Mon existence est un tout rempli de vide à présent. Elle n’a plus ton odeur, ta voix, ton sourire, ton regard. Elle n’a plus de profondeur, de saveur. Ma vie n’a plus de sens ainsi. Comment continuer à vivre sans toi ? Fait-on réellement un jour le deuil de l’être aimé ?

Je me répète inlassablement le même mot, les mêmes questions. Pourquoi ? Pourquoi toi ? Pourquoi nous ?

Oui, pourquoi ? Ce mot s’impose à moi sans cesse, en boucle, il me hante, réveille ma douleur, et je réalise qu’il n’y a pas de réponse.

Pas de coupable. Personne contre qui déverser mon chagrin, ma souffrance, ma haine même. Personne contre qui crier, pleurer, taper.

Ma vie me semble vide d’intérêt, de sens. Inutile, triste, vide, sans but. Je suppose  que c’est normal, que tout le monde ressent cela après une telle épreuve, une telle douleur, un tel déchirement. C’est tristement normal. Pas banal non, perdre l’être aimé n’est jamais banal et ne devrait pas arriver, mais c’est ainsi.

C’est arrivé à d’autres que moi et ça arrivera hélas encore après. C’est inéluctable.

Pourquoi la vie nous impose-t-elle de telles épreuves ?

Pourquoi cette injustice ?

Pourquoi notre amour n’a pas été le plus fort comme dans les films et les romans ?

Lire aussi : Les étapes du deuil amoureux

Pourquoi notre histoire résonne-t-elle comme le refrain d’une triste chanson d’amour ?

Pourquoi n’a-t-on pas gagné à la fin, vaincu tous les méchants, triomphé des pièges et des obstacles ?

Parce que ce n’est pas ça la vie… Et c’est ce qui me donne envie de hurler et de frapper par moments puis de me rouler en boule et d’échapper à la réalité à d’autres moments.

Coupables de trop s’aimer ?

C’était si parfait toi et moi. Enfin non ça ne l’était pas, évidemment. Mais c’était ma perfection, mon évidence, mon histoire à moi. A nous. J’aimais tout ça. Les défauts comme les manies. Les disputes comme les réconciliations. Les désaccords comme les points communs. Nos fous rires comme ta capacité à m’émouvoir.

À me faire ressentir la vie vraiment. À être dans la chair de la vie. À toucher du doigt, à respirer à pleins poumons, à aimer à cœur ouvert.

Sans limites ni barrières. Sans jeu ni honte. Sans avoir à doser, à réfléchir, à hésiter ou se cacher. Juste s’aimer. Ensemble. Avancer. Se projeter.

J’ai cru que ce serait pour toujours. Évidemment. C’était une évidence. La mienne. La nôtre. Il ne pouvait pas en être autrement.

Alors pourquoi, oui pourquoi c’est fini ? Qu’ai-je fait de mal, qu’avons-nous fait de si horrible pour qu’on nous arrache notre amour, notre bonheur ? On se suffisait à nous-mêmes, on s’était trouvé.

Est-ce que le destin a considéré qu’on avait assez profité, trop profité ? Est-ce-que la vie fait ça ? Trancher dans le vif de la vie des gens qui sont trop amoureux, trop heureux ?

Je réalise que ma vie c’était toi, c’était nous. Avancer sans toi c’est réapprendre à vivre. C’est tout recommencer à zéro. Enfin j’en ai l’impression. Comme un bébé qui vient de naître. Un enfant qui apprend à marcher et à parler.

Réapprendre à vivre sans toi, continuer à vivre sans toi…

Tu étais mon tout et c’était sans doute trop.

Mais devrais-je être punie pour cela ? De t’avoir trop aimé, d’avoir calqué mon bonheur sur le tien ? D’avoir vu un tout en nous ?

 Et toi, oui avant tout, surtout toi? Pourquoi cette punition ? Pourquoi ?

L’impuissance qui s’ajoute au chagrin est insupportable. Insoutenable. On ne peut rien y faire. Rien du tout. Il faut subir. On n’a pas le choix. La colère ne mène nulle part, la vengeance encore moins.

Et se venger contre quoi, contre qui ? Contre des fantômes ? Contre la malchance, l’injustice, le destin ? Contre la vie ? Contre la mort ?

Il n’y a pas d’ennemi à combattre, il n’y en a plus.

Il y a juste le vide à essayer de remplir, mais remplir de qui, de quoi ? Il y a ton absence, le silence, et plus rien d’autre. Il y a eu la vie avant, la vie avec toi, et il y a la survie depuis. Seule.

J’en ai lu des livres, j’en ai vu des films, j’en ai connu des personnes qui subissaient la perte de l’autre, mais je n’étais pas préparée. Personne ne l’est. Le deuil, c’est un mot que j’aimerais bannir de mon vocabulaire. La mort aussi maintenant. Paradoxalement, je n’ai jamais eu peur de la mort, trouvant dans le cycle de la vie cette logique immuable, implacable, pour laquelle nous sommes tous égaux. Car oui, nous mourrons tous un jour. Mais pas si vite, pas comme ça. Pas toi, pas maintenant.

Alors oui je n’ai jamais eu peur de la mort, mais c’était de la mienne en fait. Je n’ai pas peur de mourir, pas peur de ce qu’il y a ou non après. C’est la disparition de ceux que j’aime qui m’est insoutenable. Intolérable. Et la tienne… Dans mon corps, mon cœur, ma tête, mon âme, je construisais ma vie avec toi, notre vie, c’était cela mon destin, mon bonheur, une partie de ma mission de vie, de mon chemin. Et tout a été réduit à néant.

Il me faut réapprendre à vivre sans toi. Réapprendre à dormir, manger, parler et rire. Oser rire. Me l’autoriser. Y trouver du plaisir. Apprivoiser à nouveau la vie, tout simplement.

Comment fait-on ? Pour retrouver le goût des choses, l’envie d’être vivante, vraiment ?

Je me dis que je te le dois. Que c’est ce que tu souhaiterais. Ce que tu voulais même. Je ne peux m’empêcher de penser à ce film qu’on aimait tant regarder ensemble, PS : I love you… Triste fatalité… Je me souviens qu’on s’était demandé si on ferait la même chose. On n’en a pas eu le temps. Mais je sais que cette idée de célébrer l’autre en vivant pleinement, c’était ta vision des choses, de l’amour, de la vie. Je sais que c’est ce que tu aurais aimé.

Que je sois heureuse, vivante pour deux. Que ton souvenir ne s’éteigne pas à cause de moi, que tu ne meurs pas une seconde fois si je me laisse mourir avec  toi.

Alors c’est ce que je vais faire, je te le promets, de toutes mes forces. Je vais essayer chaque jour, je vais y arriver.

Je vais vivre, et je verrai en chaque petit instant de bonheur, en chaque jolie chose, une part de toi. Je vais vivre doublement, pour que tu sois toujours un peu là, avec moi.

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