Seule à Noël : un témoignage émouvant d’Amandine

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Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Noël approche à grands pas et si c’est l’occasion de lire de jolies histoires, hélas la magie de Noël n’opère pas pour tous. Certaines personnes ne fêtent pas Noël car elles n’ont pas de famille ou en sont loin, sont parent solo sans leurs enfants un an sur deux ou encore ne peuvent pas compter sur leurs amis. Malheureusement, cela arrive à plus de monde qu’on ne le croit. Si Noël est pour certains une fête religieuse, pour d’autres familiale, ou les deux, elle est normalement un moment de partage et de générosité. Mais dans les faits, ce n’est pas toujours vrai et se retrouver seule à Noël est la réalité de beaucoup de gens. Si certains le font par choix, d’autres subissent leur solitude affective, familiale, sociale très fortement ce jour-là. Et c’est souvent un moment douloureux à vivre comme le raconte Amandine dans un témoignage émouvant, seule à Noël. Entre ses souvenirs d’enfance et sa solitude d’adulte, elle nous livre ses désillusions, sa tristesse mais aussi sa résilience.

Seule à Noël : un témoignage émouvant d’Amandine

Ça y est, le compte à rebours est lancé. Si pour les enfants, pour les familles, pour la plupart des gens, le 1er décembre est attendu avec impatience, ce n’est pas mon cas.

Pour beaucoup, le calendrier de l’Avent sonne le début des festivités, de la période des fêtes, de la fameuse magie de Noël. Pour moi, depuis quelques années, cette date est plutôt celle de ma mise en hibernation. Comme certains animaux, j’aimerais pouvoir dormir. Oh pas aussi longtemps qu’eux, disons juste du 1er décembre au 1er, disons au 2 janvier.

Ne pas vivre ce mois de décembre si glauque où la magie de Noël est pour moi vide de sens aujourd’hui.

Je n’ai pas toujours été ainsi. J’ai longtemps aimé cette période de l’année. Petite fille, j’adorais comme tous les enfants ou presque, compter les jours ; les barrer sur le calendrier jusqu’au réveillon du 24 décembre. Découvrir le chocolat qui se cachait derrière la fenêtre de mon calendrier de l’Avent. Décorer le sapin familial et préparer une jolie table avec ma mère. Ecouter des chants de Noël. M’impatienter jusqu’à l’arrivée des cadeaux.

Aujourd’hui, il ne me reste que les comédies romantiques de Noël à regarder en solo, un mug de chocolat chaud à la main, sous mon plaid, pour essayer de me mettre à nouveau dans l’ambiance. Mais c’est peine perdue.

Noël, c’est beau, c’est magique quand on est enfant. C’est touchant quand on a ensuite des enfants. Cela reste un bon moment de générosité à partager quand on est en famille, entourée, même avec des amis.

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Mais Noël dans la solitude la plus totale, sans personne avec qui partager, à quoi ça sert ? Sinon à stigmatiser davantage une solitude affective bien marquée, un vide, un manque.

C’est fou comme en quelques années, les choses peuvent changer. Comment ce qui nous rendait si heureux peut à présent nous rendre si nostalgique et si triste.

Les Noëls de mon enfance me manquent, mais je sais que je ne les revivrai jamais. Il ne me reste que mes souvenirs, mais je suppose que c’est déjà bien.

Depuis, la famille s’est disloquée, la magie n’opère plus entre ceux qui restent et qui se sont éparpillés un peu partout à des centaines ou des milliers de kilomètres.

Chacun a fait sa vie, a oublié ce qui faisait les Noëls en famille d’antan, a construit sa propre famille ou son propre cercle de proches, et les gens seuls, comme moi, en payons un lourd tribut.

Il n’existe pas d’invitation généreuse, bienveillante et empathique pour les personnes seules comme moi, ou si peu.

La cousine éloignée, la vieille tata, la belle-sœur, l’ancienne meilleure amie.

Mais aussi les célibataires, les parents solos sans leurs enfants, les personnes âgées qui ne voient plus leur famille, les gens sans famille, ceux loin de chez eux, les personnes qui ne veulent pas déranger leurs amis.

C’est valable à Noël mais pas seulement, c’est juste que ce jour cristallise à lui seul la douleur de sa solitude.

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Première fois où j’ai été seule à Noël : un douloureux souvenir

Je me souviens d’un 24 décembre, il y a quelques années. C’était mon premier réveillon de Noël seule. Une épreuve pour moi, que j’aurais aimé ne jamais avoir à vivre.

Ma famille n’existait plus vraiment, mes amis tous en couple ou presque, étaient en famille et moi, cinquième roue du carrosse, paquet encombrant, ne me voyant pas faire l’aumône, je suis restée seule.

J’ai travaillé tard ce 24 décembre, exprès pour ne pas affronter une soirée trop longue chez moi. Sur le trajet du retour, je me souviens avoir beaucoup pleuré. Une fois chez moi, j’ai activé le mode pilote automatique, comme si je dissociais mon corps de mon cœur, mes gestes de mes émotions.

Je ne me souviens pas de ce que j’ai mangé ou bu, ni si j’ai regardé quelque chose à la télévision ou lu. J’étais juste là, seule sur mon canapé, à regarder dans le vide, à attendre que le temps passe.

En fait je n’attendais qu’une seule chose, c’était d’être assez fatiguée pour m’endormir vite, le plus vite possible. En fait je crois me souvenir que j’ai bu du vin, ce qui m’a aidée à sombrer plus vite dans le sommeil. Et le lendemain, 25 décembre, je ne suis pas sortie de mon lit. J’ai dormi, rêvassé, lu.

Le réveillon de Noël était passé, j’avais fait le plus dur. Dans ma famille, le réveillon était vraiment le moment magique. Alors si j’avais survécu à cette soirée, la journée du 25 serait facile à traverser.

Je me rappelle à l’époque en avoir beaucoup voulu à mes amies proches, qui savaient que j’étais seule mais qui ne m’ont pas tendu la main. Ajouter un couvert, inviter une amie célibataire à Noël dans sa famille, je suppose que cela doit faire désordre.

Pourtant, je croyais au contraire que la magie de Noël c’était tout le contraire, qu’il fallait être généreux et compatissant. J’avais sans doute lu trop de contes de Noël…

J’ai passé un second Noël seule mais cette fois-là, je n’ai pas sombré dans la mélancolie ou la tristesse. Je me suis offert un repas de gala, un bain, un bon livre. Et je me suis jurée de ne plus jamais être triste à cause des autres, de Noël, de l’absence ou de l’indifférence des autres à Noël.

Quelque part, cela m’a ouvert les yeux sur mon entourage et sur ma vie. Et je me suis fait une promesse. Celle de ne plus jamais subir Noël mais aussi de ne plus faire semblant d’aller bien pour donner bonne conscience aux autres.

Depuis ce fameux réveillon seule, les Noëls se suivent mais ne se ressemblent pas tous. J’ai été accompagnée pour certains, seule à d’autres, j’ai réussi à aider les autres, par un colis de Noël, un geste, une présence bénévole. Cela m’a fait beaucoup de bien. J’ai créé de nouveaux liens et j’essaie de ne pas être totalement seule soit le 24 soit le 25 décembre.

Pour autant, comme je l’écrivais au début de mon témoignage, je n’aime pas le mois de décembre et l’approche de Noël. Trop de gens sont malheureux à cette période, je veux dire encore plus malheureux que d’habitude. Et beaucoup font semblant d’être heureux.

Je n’ai pas encore trouvé ma formule parfaite, du Noël qui me rendrait le sourire de mon enfance et sans doute que je ne le retrouverai plus jamais. Mais je ne pleure plus, c’est déjà une victoire, et en me créant de nouveaux rituels, seule ou non, j’apprends doucement à considérer Noël autrement. A le désacraliser quelque part. Si j’ai jour j’ai ma famille à moi, j’inventerais mes propres traditions de Noël.

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