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La difficulté de fêter Noël en famille… Surtout pour les familles recomposées

La difficulté de fêter Noël en famille… Surtout pour les familles recomposées

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La difficulté de fêter Noël en famille aujourd’hui

On a presque tous en tête cette image d’Epinal du traditionnel Noël en famille autour du sapin, de la jolie table pleine de bonnes choses à manger et des cadeaux. Réveillon et jour de Noël, ce qui est à l’origine une fête religieuse est devenue également depuis longtemps une fête plus païenne, ancrée dans l’imaginaire populaire, imprégnée de traditions familiales. On prépare les fêtes plusieurs semaines à l’avance, on décore le sapin, on achète des cadeaux qui feront plaisir à nos proches, surtout aux enfants ; on joue  en effet les Père et Mère Noël pour voir les yeux émerveillés des enfants quand ils déballeront leurs paquets au pied du sapin. L’ambiance se pare de vert, de rouge et d’or, de houx et de gui, se tamise avec les guirlandes lumineuses et les bougies, on a envie de se laisser porter par la féérie de Noël.

Quand on évoque Noël, les premiers mots qui nous viennent à l’esprit sont sapin, cadeaux, enfants, famille. Oui, surtout, souvent la famille.

Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

Là où la famille était « à l’époque » le noyau classique des parents et des enfants tous issus la plupart du temps de la même union, auxquels s’ajoutaient les grands-parents, les oncles, tantes, cousins et cousines, aujourd’hui cela a beaucoup changé. Pendant longtemps, on regroupait les différentes générations de la même famille pour cette fête comme pour toutes les occasions de célébration familiale. Depuis plusieurs décennies maintenant, la notion de famille a beaucoup évolué. Les cellules familiales traditionnelles ont explosé pour laisser la place à de plus en plus de familles monoparentales ou recomposées.

La difficulté de fêter Noël pour les familles recomposées

On se retrouve à fêter Noël avec des beaux-parents, des demi-frères et des demi-sœurs ou des « par alliance ». Réussir à voir et à contenter tout le monde est devenu un véritable casse-tête chinois et la préparation des fêtes nécessite parfois un planning calé des semaines à l’avance pour permettre aux enfants de profiter de leurs deux parents, de leurs deux familles et de continuer à croire, un peu encore, à la magie de Noël.

Il existe plusieurs cas de figure après une séparation ou un divorce pour l’organisation des fêtes de fin d’année, comme pour la garde, un rythme se fait pour les weekends et les vacances scolaires.

Couper Noël en deux ou l’alternance

Certains parents séparés mais qui vivent proches l’un de l’autre « coupent » Noël en deux entre le réveillon du 24 décembre et le jour de Noël afin de le fêter tous les ans avec leurs enfants. D’autres font un an sur deux en alternance avec le Nouvel An. Chaque famille s’organise selon un nouveau rythme.

Nouveau conjoint ?

Lorsqu’entre en scène un nouveau conjoint pour l’un ou pour les deux parents, il faut alors également tenir compte de la nouvelle complexité de cette famille recomposée avec d’autres enfants qui ont eux aussi leur maman ou leur papa en dehors de ce nouveau schéma familial. Autant de strates qui se superposent, de morceaux d’histoires familiales qui s’ajoutent les unes aux autres pour créer de nouveaux modèles, de nouveaux modes de fonctionnement.

On ne fête plus forcément chaque année Noël avec son père et sa mère mais avec un de ses parents accompagné d’un beau-parent. Ce moment particulier de l’année concentre à lui seul et met en exergue toute la complexité de l’organisation de ces nouvelles familles.

Noël de maman solo

Depuis plusieurs années, je connais ce schéma en tant que famille monoparentale car je suis maman solo. J’ai l’impression de subir les fêtes plutôt que de les apprécier, même si j’assume totalement le bien-fondé de ma séparation. Et depuis, je fais au mieux pour que mon fils profite de son père et de moi à Noël ainsi que de la famille des deux côtés. Je crois que c’est encore le seul moment de l’année où il y a une sorte de trêve avec son père, un accord tacite par lequel notre fils passe enfin en priorité. Il peut ainsi profiter de maman et papa tour à tour et ainsi se construire des souvenirs apaisés de Noël pour son avenir.

De mon côté, je ne peux m’empêcher d’être mélancolique.

Je n’ai pas de nostalgie liée à mon ancien couple et voir l’émerveillement dans les yeux de mon fils me rendra heureuse, je le sais. Mais à quelques jours à peine de Noël, je ne peux empêcher cette tristesse, ce manque, ce vide.

Je rêve d’un vrai Noël en famille, enfin. De connaître à nouveau et savourer la joie de former une famille. J’avoue ma lassitude à me définir comme une maman solo parfois, et encore plus à cette période de l’année. Je veux offrir à mon fils, qui me le demande de plus en plus, et à moi-même, la chaleur d’un vrai foyer, un esprit de famille, recomposée certes, mais auquel je crois néanmoins, car le cœur fait la famille tout autant, si ce n’est plus, que le sang. Cette envie est de plus en plus forte et la période des fêtes l’amplifie davantage.

Encore, par exemple, une année à décorer le sapin seule avec mon fils, et même si j’essaie d’en faire un moment précieux, de complicité, j’ai hâte que cela devienne un instant de partage en famille, avec une voix d’homme, des rires d’enfants, la bagarre pour accrocher l’étoile au sommet du sapin, en mangeant des sablés en forme de bonhomme de neige, de sapin ou d’étoile justement, saupoudrés de sucre glace ou recouverts de chocolat. J’ai hâte d’offrir à nouveau un cadeau à celui que j’aimerai et de trouver la meilleure cachette en attendant de lui offrir. C’est bête je sais, sûrement, mais le bonheur tient souvent à peu de choses, des petits riens qui font tout…

J’ai hâte, tout simplement, de nous créer à mon fils et moi de nouveaux souvenirs en famille, pas seulement à Noël évidemment, mais ce moment de l’année cristallise presque à lui seul ce manque, ce vide parfois.

En attendant qu’entrent dans notre vie cet homme et peut-être son/ses enfant(s), je reconnais la chance que j’ai de pouvoir profiter de mon fils.

J’en ai pleinement conscience et je continue à nous créer des souvenirs à deux, j’espère tout aussi précieux.

Je pense à tous ces parents séparés, divorcés, qui à cause du mode de garde, de la distance ou d’un climat tendu, d’une séparation houleuse, n’auront pas la chance d’être auprès de leurs enfants à Noël. Je pense à eux, à vous et ce soir, en allant vérifier comme tous les soirs avant de me coucher, que mon fils dormait sereinement dans son lit, avant de boucler cet article, j’ai réalisé que je n’avais pas le droit de me plaindre pour cette solitude affective, pas le droit de laisser cette mélancolie m’envahir.

Pas pour Noël, cette fête qui est pour moi depuis toute petite, et ce en dépit de ces dernières années plus compliquées, celle des enfants et de la famille avant tout.

Je vais bâillonner ce spleen

Alors je ne peux pas empêcher mon cœur de vouloir enfin battre à l’unisson d’un autre, je ne peux pas faire comme si je n’avais pas un idéal de famille en moi. Mais pour quelques jours, je vais bâillonner ce spleen qui veut s’exprimer, oublier cette sensation de solitude qui prend parfois toute la place pour ne penser qu’à la maman que je suis et qui va ressentir grâce aux étoiles dans les yeux de son fils, un peu de cette magie de Noël cette année encore, cette année quand même.

Que vous soyez maman ou papa solo, ou que vous connaissiez les joies mais aussi les complications de la famille recomposée, je vous souhaite un merveilleux Noël et le bonheur, je l’espère, de partager ces instants avec vos enfants.

Et à vous toutes et tous, je vous souhaite un joyeux Noël.

Audrey

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