Parler d'Amour
Lis-moi, toi que je ne connais pas…

Lis-moi, toi que je ne connais pas…

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Rêve en 3D

J’sais pas comment te le dire. J’sais pas par où commencer. C’est ridicule. Ridicule d’aimer quelqu’un qu’on a imaginé.

Je t’ai encore touché hier, dans la nuit. Enfin, ce sont tes doigts qui ont effleuré ma robe. Je crois. Pour la première fois. J’étais dos à toi, à moitié endormie dans cette robe en dentelle noire. Mon cœur battait, cognait au contact de ta paume sur mon épaule. Je fermais les yeux, je ne voulais pas que tu saches que j’étais éveillée. Mes lèvres se pinçaient, je priais pour que tes doigts frôlent le creux de mon décolleté. Mon souffle m’a trahi, s’accélérant, s’amplifiant. Je n’ai pas su me contrôler, excusez-moi de fauter. Combien de temps tes caresses ont-elles duré ? Je n’veux pas le savoir. C’était bon, envoûtant. Je n’oublierai jamais cette sensation. Jamais. Tu m’as rendu mon âme d’adolescente, juste pour quelques minutes, peut-être quelques heures. Tout ça est passé tellement vite. J’ai souri, ai pris ton visage entre mes mains et l’ai déposé sur ma poitrine. J’avais envie d’étreindre tes cheveux. Naturellement. Tes grands yeux bleus, ta coupe en bataille, ton air à la fois hautain et mystérieux, brutal et tellement doux… J’ai craqué. Comme une merde. Excusez ma grossièreté.

« Je te trouve belle ».

Moi aussi je te trouve beau. Tu dois me prendre pour une dingue, mais j’t’en veux pas. Tu me fais peur, je fuis ton regard. D’ailleurs, cesse de t’immiscer dans ma vie si tu veux bien. T’es mauvais dans le fond, je te l’ai toujours dit : tu dois être jaloux, possessif, impulsif. T’es bancal, changeant, blessant. On se serait pourris dans la vraie vie. T’es doux, sensible et je te désire, également. J’sais pas pourquoi. J’suis perdue dans tes yeux, tu pourrais me faire faire ce que tu veux. J’ai envie de toi, que tu me serres dans tes bras, fort contre toi, comme la dernière fois. La toute dernière fois. Juste ça, juste être enveloppée contre toi, quelques instants. Je t’ai croisé l’autre jour dans des escaliers. Je pleurais. Je pleure tout l’temps, j’suis une enfant, c’est vrai. J’aurais voulu courir vers toi, te dire : « Aime-moi pendant une seconde, serre-moi contre toi juste pour cette fois, réconforte-moi, parle-moi». J’aurais voulu que tu m’embrasses même si jusqu’à présent, il me semble avoir toujours refusé tes lèvres sur les miennes. J’ai été là pour toi durant une certaine période si je me souviens bien.

J’avais oublié. Et toi, tu n’as rien de mieux à faire que de venir t’infiltrer dans mon cœur. Je ne t’ai rien demandé, vas voir ailleurs. J’ai pas besoin de toi. J’veux pas avoir besoin de toi. J’veux plus penser à toi. Ca sert à quoi ? Ca sert à rien. J’écris mal. Même pas capable d’écrire correctement mes négations. J’me déteste, moi, et mon cœur en coton.

M’oublie pas. N’oublie pas. L’oubli c’est pour les lâches, ceux qui sont incapables de regarder les choses en face.

De toute façon tu ne me liras jamais. Pourquoi ? Parce que tu n’es qu’un rêve. Chaque nuit tu te faufiles dans mon lit et mon cœur se remet à battre aussi fort que la première fois. C’est tellement con. J’suis tellement névrosée comme fille, t’as dû flipper. Je sais que je vais encore te retrouver ce soir, et j’en ai déjà des frissons. Ca fait mal d’aimer une image. Et tellement de bien d’avoir encore un stock immense de sentiments dans les veines, dans le sang. T’façon je crois que tu vas bientôt partir: pour le meilleur et pour le pire comme on dit. Tu comprends ce que je dis ? Tu comprends ce que je retranscris ? Tu comprends à qui j’écris ? T’es trop égocentrique, trop sûr de toi pour un mec qui a si peu confiance en soi. Tu n’existes pas.

Et ça me ronge d’aimer un songe.

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4 comments

  • Whouaou, j’en ai des frissons. Très beau texte, quel talent! L’amour d’un rêve, ou l’amour pour quelqu’un de réel que vous idéalisez? Peut-être ne voulez-vous pasvous dévoiler.
    Bravo et très bon choix musical

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  • Pour les romantiques l’idéal est cette chose de l’esprit qui les dépasse mais qui les accompagne partout. Et même si toute abstraction n’est qu’un songe, au final courir avec ses rêves , même si cela ne coûte rien, vaudra toujours mieux que tout! Alors allons y ne négligeons pas notre dernier espace de liberté… rêveurs rêvons….

    Sinon, très joli texte, bien rythmé, de belles images et des sonorités.
    Une punchline de qualité:«L’oubli c’est pour les lâches, ceux qui sont incapables de regarder les choses en face»
    De l’introspection: «J’me déteste, moi, et mon cœur en coton.»
    Une variété du langage qui colle bien aux sentiments et à leurs variations
    Et au final un constat musical qui résume tout « Et ça me ronge d’aimer un songe.»

    Reply

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