Parler d'Amour
Et maintenant, je vis

Et maintenant, je vis

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J’ai souffert quand tu es parti. Tu sais, les jambes recroquevillées contre ma poitrine, le souffle rapide et les montées d’angoisse. J’ai voulu en finir, c’est con le désespoir, c’est con tout ce qu’il nous fait ressentir. J’ai passé en revue nos souvenirs, plongé mon nez dans nos vieilles photos, écouté nos musiques préférées. Je crois que je n’avais pas envie de me réparer. Tu sais ce que je crois ? Je crois que l’on se complait dans la douleur, comme un nid malsain qui nous accueillerait malgré tout au moment même où l’on se sent rejetée et perdue. La peur, l’angoisse, la douleur psychique, j’en avais entendu parler. Je n’aurais pas pensé que le psychologique puisse autant jouer sur le physique. J’ai pleuré Alex, putain j’ai pleuré. Les larmes s’écrasent lourdement sur les joues quand elles sont trop nombreuses, trop douloureuses.

J’ai souffert Alex, quand tu es parti. J’ai glissé mon nez partout sur les draps pour récupérer jusqu’à la dernière goutte de ton odeur. J’ai remis tes vieux t-shirts pour dormir, je me suis brossé les dents avec ta brosse-à-dents, je me suis assise des heures durant à regarder dans le vide, j’ai hurlé de nombreuses fois, j’ai arraché tes lettres. Et puis je les ai recollées. J’ai cru que je n’y arriverais pas, j’ai cru que sans toi, la vie n’existait pas. J’ai imaginé exister sans vivre, rire sans émotions, manger sans déguster, lire sans comprendre, imaginer sans rêver, aimer sans ressentir. J’ai cru n’être qu’une coquille vide, que tu étais parti avec le dernier morceau de moi, celui qui me tenait en vie.

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Je t’en ai voulu, Alex. Je t’ai trouvé égoïste, cynique, con, banal, bancal, sans intérêt, sarcastique, dédaigneux, abruti. Je t’ai détesté comme tu le vois. Le chagrin est pesant et silencieux. Quand tu m’as laissée, c’était comme perdre un proche. Le perdre vraiment. Et le pire, bizarrement, ce sont les autres, qui te regardent t’apitoyer sur ton sort, ces autres que tu agaces, ces autres qui vont finir par ne plus t’inviter aux soirées, ces autres qui vont finalement t’éviter. C’est fou comme le bonheur attire. Les gens malheureux sont ceux qui ont le plus besoin d’être entourés et c’est eux que l’on fui comme la peste.

Puis, je me suis dit que tu n’étais pas égoïste, Alex. J’ai compris qu’on l’était tous, que l’être humain, dans sa petitesse n’a qu’une quête : celle de sa propre allégresse. J’ai moi-même été égoïste en te pleurant : aurais-je préféré que tu restes à mes côtés sans me supporter ? Notre quête est d’avance perdue car la satisfaction générale est une chimère absolue.

Mais maintenant je vis, Alex. Je suis réparée. Et je vis.

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