J’ai l’impression d’avoir raté ma vie : témoignage de Victor

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Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Avez-vous déjà eu l’impression que votre vie n’était pas celle dont vous rêviez ? Que vous passiez à côté de belles opportunités, de vos envies, du bonheur ? L’existence que l’on mène est parfois synonyme de déception. Comme si on se trompait de chemin, qu’on faisait toujours les mauvais choix, les mauvaises rencontres. Et alors, lorsque l’heure du bilan se fait sentir, arrive la conclusion suivante : j’ai l’impression d’avoir raté ma vie. Le temp passant, on se demande ce qu’on a réussi, construit, ce qui nous rend heureux et fier. Et il est hélas souvent plus facile de s’attarder sur ce qui ne va pas. On occulte alors ses sources de joie et de fierté pour ne retenir que l’ennui ou l’échec ressenti. C’est le sens du témoignage émouvant de Victor qui nous partage ses regrets, mais aussi ses espoirs, alors qu’il fait un point sur sa vie.

J’ai l’impression d’avoir raté ma vie : témoignage de Victor

A première vue, je suis sûrement ce qu’on peut appeler un mec lambda. Ni beau ni moche, pas plus bête qu’un autre, menant une vie sans histoire, j’approche de la quarantaine à grands pas. Un peu trop vite à mon goût. On parle souvent de la crise de la quarantaine. Je pensais que c’était un sujet plutôt féminin, et bien il semblerait que non car je suis en plein dedans.

Doit-on parler de bilan à 40 ans bientôt ? D’une prise de conscience, d’une remise en question ? Ou carrément d’une crise existentielle ?

Si j’ai l’impression d’avoir raté ma vie, c’est parce que cette vie que je mène est désespérément vide. Vide de partage, d’émotions, de sentiments, de passion. Vide de sens.

Lors de ma dernière relation, ma compagne m’a quitté parce qu’elle ne supportait plus ce néant dans lequel nous nous enfoncions. Moi, je n’ai pas compris tout de suite ce qu’elle voulait dire. Aujourd’hui je sais, elle mourrait d’ennui avec moi.

Avec le recul, je sais que je ne peux pas lui reprocher. Je ne suis pas un homme surprenant, entreprenant, qui fait des surprises, prend des décisions, qui agit. Je me laisse porter, pour tout. Le travail, mes relations amicales et amoureuses, tout.

C’est comme si j’étais spectateur d’une existence dans laquelle je ne parvenais pas à prendre ma véritable place. Par peur, manque de volonté, lâcheté, fainéantise ? Ou sans doute un peu de tout cela à la fois…

Heureusement, j’ai fini par comprendre. Comme un déclic salvateur un soir d’insomnie, suite à une discussion avec un couple d’amis. Je leur ai demandé de me dire ce qu’ils pensaient de moi, sans prendre de pincettes, sans chercher à me cacher la vérité. Je voulais un regard honnête sur moi, sans filtres, brut. Et je ne les remercierai jamais assez.

Grâce à eux, j’ai compris que si je continuais ainsi, cette impression d’avoir raté ma vie allait devenir une réalité.

J’ai compris que non, il n’était pas trop tard pour comprendre, pour évoluer, pour faire bouger des choses.

Pourquoi cette sensation de gâchis ?

Premièrement, je n’ai jamais réussi à construire une relation amoureuse vraiment durable. Maintenant je comprends les reproches ou les ruptures. Je ne faisais pas rêver bien longtemps les femmes qui ont partagé un bout de chemin avec moi.

Ensuite, à bientôt 40 ans, je ne suis pas papa. Je sais que le bonheur ne se limite pas à la maternité ou la paternité mais dans mon cas, c’est une réelle envie.

Professionnellement, je me contente de végéter dans un boulot qui ne m’épanouit plus depuis longtemps, de récupérer les miettes laissées par d’autres, par manque d’ambition, par peur de prendre des risques. Alors je passe à côté des promotions, des augmentations, des opportunités…

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J’ai l’impression d’avoir raté ma vie : témoignage de Victor

Enfermé dans ma pseudo zone de confort, j’ai tardé à réaliser qu’il s’agissait en fait d’un piège. Toujours faire la même chose, voir les mêmes personnes, répéter les mêmes journées. Alors que ce n’est qu’une bulle qu’il suffit d’éclater.

Tout ce qui sort de l’ordinaire, d’une routine bien huilée, c’est comme si je me l’interdisais. Comme si je n’étais pas assez bien, que je laissais ça à d’autres, plus courageux, plus entreprenants, plus méritants.

Pas de voyages dépaysants, de rencontres imprévues, de sensations nouvelles, de projets stimulants.

Mon boulot, mon appart’, mes potes, mes habitudes… A 40 ans, je vis comme un vieux, je suis déjà vieux. Et pendant ce temps, l’horloge tourne et n’a que faire des regrets que je ressasse à longueur de journée.

Rater sa vie, ou en tout cas le penser, c’est un triste constat à 40 ans à peine…

C’est comme si vous passiez votre temps à voir d’autres personnes vivre ce que vous avez envie de vivre. Alors je ne parle pas de célébrité, de notoriété, de fortune. Je me fous de ces pseudo couple goal sur Instagram qui font soi-disant rêver à coup de photos filtrées sur une plage paradisiaque.

J’aspire au bonheur mais au bonheur simple et authentique. Avec de vraies émotions, de vraies découvertes, un véritable projet de vie.

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J’ai lu il y a quelques temps, je ne sais plus où, cette phrase que je trouve incroyablement juste et dans laquelle je me retrouve pleinement.

« Qui tu veux être, c’est qui tu es vraiment ». J’en ai fait mon mantra.

C’est ce à quoi j’aspire, ce vers quoi j’espère me diriger. Je n’en peux plus de végéter, de contempler ce gâchis et de fermer les yeux.

A ne pas vouloir voir la morosité dans laquelle je m’enfonçais jour après jour, j’en suis arrivé à devenir aussi terne que l’existence dans laquelle je vis.

Je ne veux pas me réveiller dans dix ans, dans vingt ans, regarder par-dessus mon épaule et faire le même constat. Celui du vide, du néant, du rien.

Ou partager ce triste bilan avec un pote qui aura encore pitié de moi et me fera l’honneur de sa présence amicale de temps en temps…

  • « T’es amoureux ? Non
  • T’as des enfants ? Non
  • T’as des projets ? Non
  • Une passion ? Non
  • T’es heureux ? Non »

Alors, je suis bien conscient que je ne vais pas tout changer juste parce que je me suis enfin réveillé. Et qu’un simple claquement de doigts ne m’offrira pas en même temps l’amour, la paternité, la réussite, l’accomplissement.

Je sais tout ça. Ce que je veux c’est commencer, être sur le bon chemin pour connaître enfin le sens des mots épanouissement et fierté.

Il fallait un déclic, un bon coup de pied aux fesses, une prise de conscience.

Je vais semer des petits cailloux et j’espère que cela fera un beau chemin pavé de belles surprises, de vrais sentiments, et que sur ce parcours, je rencontrerai enfin le vrai Victor.

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