Parler d'Amour
Et si on vivait

Et si on vivait

Auteur

Etre seul à deux, c’est rare. C’était pourtant le cas lorsqu’il venait la voir le soir. Mais seule, elle ne savait où donner de la tête, mélange d’ennui et de perpétuelles réflexions. « Reste encore ce soir, rien que pour une nuit, pour un instant d’espoir et d’éphémère magie. Un désir, une fusion. Toi et moi ne formant qu’un. » Sensualité de courte durée. Et sa peau contre la sienne, ses doigts parcourant son corps frissonnant d’envie, ses lèvres suaves dévorant ses courbes et ses yeux dévoreurs de sanglots lui faisaient occulter le dénouement de leur amour malheureux et destructeur. « Reste avec moi un jour de plus. Je te quitterai demain si tu me promets de t’accrocher à moi. Reste avec moi une heure de plus, fais-moi croire en nous, en cette relation déchue depuis son commencement. Reste avec moi une minute de plus, pour imbiber mon cœur de ton poison, pour jouir de ma souffrance une dernière fois. Avant la prochaine. Reste avec moi une seconde de plus, donne-moi l’illusion de la folie, de la passion qui n’a jamais inondé nos cœurs. Avant de partir, chuchote-moi des mots dénués de sincérité, juste pour me verser un peu de joie, au fond de moi. »

***

Elle travaillait dur. Elle détestait son travail d’ailleurs. Il étudiait. Il adorait la littérature anglaise. Elle avait grandi sans lui, d’une certaine manière. C’était un nouveau départ, une nouvelle vie, une crevasse devenue, au fil du temps, une jolie dune indestructible. C’était enfin l’heure de se réveiller, de se battre mains nues, en face à face avec elle ; la réalité. Lui ne changeait pas : il restait le même avec quelques rides aux coins des yeux. C’était un être impassible, lire en lui était devenue chose impossible. Il faisait partie de ceux qui intéressent les autres par leur métier, leur aisance à la compréhension, leur volonté de fer et leur ambition démesurée. Outre ces domaines professionnels, il n’avait rien de bien captivant. Aucun problème ; ni douleur, ni blessure passée, aucune fantaisie, rien. On avait dû passer l’aspirateur dans son cœur lorsqu’il était encore enfant. On avait dû lui boire ses folies une à une jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un coffre vide et froid. Ils étaient différents, voire carrément opposés. Et elle savait, oui elle savait, que ça ne pourrait jamais marcher !

Se faire écrire une lettre par un écrivain public

***

Il était mal ce matin quand elle lui a tout craché avec son air détaché. Ils étaient là, l’un en face de l’autre dans ce café qui avait photographié nombre de leurs baisers. C’était le moment de tout balancer, le moment où elle se sentait forte. Assez forte pour le laisser. Il avait les larmes aux yeux, il était démuni à l’idée de la perdre. « Il m’aime le con. Saurait-il me le montrer, un jour ? Et moi, parviendrais-je  à l’aimer plus qu’à désirer le posséder ? Car oui c’est un sentiment de possession : je veux qu’il soit à moi et à personne d’autre. Personne. »

***

Il n’y a plus de « si seulement », plus d’espoir, plus de vie entre eux. Un fossé s’est creusé, ils ne pourront plus le franchir.

***

C’est le film de la vie qui recommence après une trop longue coupure. Elle ne veut plus de pauses, plus de publicités qui font croire à des chimères. Elle veut sortir de l’océan du passé, détacher le boulet accroché à son pied. Elle ne veut plus se noyer dans la nostalgie, ni de l’aide d’une bouée. Elle ne veut pas de cordes, pas de mains pour se tirer de là. Elle veut juste se servir de ses bras et de sa force qui bout en elle comme jamais.

Ailleurs sur le web (sponsorisé)
Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Cet article vous a plu ? Devenez membre PDA!

Rejoignez mes lecteurs privilégiés et recevez une fois par mois un e-mail rassemblant mes nouveaux articles et mes conseils amoureux.