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Que signifie être aromantique ? Témoignage d’une personne qui ne connaît pas l’amour

Que signifie être aromantique ? Témoignage d’une personne qui ne connaît pas l’amour

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Que signifie être aromantique ? Avez-vous seulement déjà entendu ce terme ? Comme vous vous en doutez ce terme signifie qu’une personne n’est PAS romantique, comme nous le fait entendre le préfixe privatif « a ». Wikipédia nous donne cette définition : Se dit d’une personne qui ne considère pas les relations sentimentales comme importantes, et peut s’en passer sans jamais en ressentir le besoin.

Alors je me suis un peu plongée sur la question et ai réussi à obtenir un témoignage d’une personne aromantique ! Mais avant, creusons un peu sur ce sujet peu habituel, surtout quand on parle d’amour tous les jours !

Que signifie être aromantique ?

Une personne aromantique ne tombe pas amoureuse et n’éprouve aucun besoin de partager sa vie avec quelqu’un. Elle fuit l’engagement émotionnel, se sentant comme oppressée quand elle rentre dans le moule du couple traditionnel.

Une personne aromantique ne connaîtra jamais le coup de foudre, les papillons dans le ventre, le coeur qui cogne contre la poitrine et tous les autres signes d’un amour naissant.

Attention à ne pas tout confondre !

Ne confondez pas les aromantiques avec les a.s.e.x.u.e.l.s. Les a.s.e.x.u.e.l.s de ressentent ne aucun désir charnel envers qui que ce soit. Tandis que les aromantiques, bien qu’ils ne ressentent pas d’attirance romantique, sentimentale pour quelqu’un, peuvent ressentir un désir charnel.

La définition peut changer un peu entre les personnes aromantiques elles-mêmes, cela se fait au cas par cas. Mais globalement, ces personnes se sentent seules et incomprises. Dans un monde où tout tourne autour de l’amour, où les films et les médias nous rabâchent que le couple est indispensable au bonheur… Les aromantiques se sentent bien en dehors. 

Selon une enquête réalisée en 2004 par l’Asexual Visibility and Education Network (AVEN) – un réseau d’entraide pour a.s.e.x.u.e.l.s – 1 % de la population mondiale serait a.s.e.x.u.e.l.l.e. Et parmi eux, 25,9 % seraient également aromantiques.

Mais si les deux sont intimement liés, ils ne vont pas forcément de pair comme expliqué plus haut !

Comment savoir si je suis aromantique ?

Voici quelques critères qui pourraient vous permettre d’identifier si oui ou non vous êtes aromantique :

  • Vous êtes très heureux(se) célibataire et ne voyez absolument pas l’intérêt d’être en couple.
  • Vous n’avez jamais ressenti de coup de foudre (papillons dans le ventre, chaleur, coeur qui bat…)
  • Vous pensez n’être jamais tombé(e) amoureux(se)
  • La vie de couple ne vous donne pas envie, pire, elle a tendance à vous faire peur.
  • Si vous vous engagez dans une relation, c’est plus par peur de la solitude ou par attirance physique, car vous n’éprouvez pas de sentiments amoureux.
  • On dit souvent de vous que vous manquez d’empathie (et pourtant les aromantiques sont empathiques ! Ne pas éprouver de sentiments amoureux ne signifie en rien être incapable de compassion pour autrui).

Sachez aussi que de nombreux aromantiques sont en couple ! Dans le jargon des aromantiques, un « coup de foudre » (qui n’en est donc pas un pour les personnes qui ne sont pas aromantiques) est appelé un « squish ». Ces personnes peuvent donc entretenir une relation qui sera plutôt basée sur l’envie d’approfondir et d’entretenir une amitié avec une autre personne.

Je suis aromantique :  Témoignage de Cassandra

J’ai compris que j’étais aromantique en tombant sur un forum sur le sujet. Ce jour-là, j’ai ressenti un immense soulagement. Je ne me suis jamais intéressée au couple et aux relations amoureuses. Déjà adolescente, mes copines me trouvaient un peu étrange pour ça. Et en grandissant, quand elles commençaient à avoir leur première vraie histoire d’amour, cela ne me donnait pas plus envie que ça.

J’ai pourtant eu le sentiment qu’il « fallait » que je sois en couple.

Alors je suis sortie avec un garçon à 19 ans. Ça a duré un an. Je n’ai jamais eu le coup de foudre, c’était un ami avec qui nous avons décidé de tenter l’aventure. Sauf que je ne ressentais rien pour lui. Rien. J’aimais bien discuter avec et rire mais c’était tout. Nos rapports charnels étaient pas mal aussi (je ne suis pas a.s.e.x.u.e.l.l.e). Mais je n’arrivais pas à me projeter avec lui, je ne ressentais pas d’amour. En tous cas, rien de tout ce que j’avais pu lire ou entendre au cours de ma courte vie.

Plus le temps passait, plus je me sentais prise au piège dans cette relation. Je savais que quelque chose ne tournait pas rond mais était-ce à cause de moi ? Etait-ce normal ? Je me posais beaucoup de questions.

J’ai fini par rompre car je ne voulais pas lui faire du mal.

Quand j’essayais de parler de cela à mes proches, ils me disaient que j’étais jeune, que ça allait venir, qu’il ne fallait pas que je m’inquiète, que je n’étais pas tombée sur « le bon ». Sauf que les années ont passé et non, rien a changé. J’ai essayé de me forcer à me remettre en couple, je dis bien forcer. Pour faire plaisir à mes parents notamment. Pour rentrer dans le moule. Mais c’était terrible à chaque fois, je me sentais prisonnière, j’avais peur.

Aujourd’hui, je suis heureuse que les gens en parlent davantage, grâce à internet et aux forums notamment. Il ne faut pas du tout en avoir honte, moi je vis très bien avec et suis très heureuse dans ma vie même si je me sens toujours différente. Et puis, être aromantique ne veut pas dire ne pas avoir de coeur ! Je ressens toutes les autres émotions, je sais très bien ce qu’est l’amour fraternel, amical, familial… Juste, je ne sais pas ce qu’est l’Amour, le grand amour. Et je ne suis pas du tout frustrée de savoir que je ne le saurai jamais.

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