Parler d'Amour
“Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis”

“Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis”

Auteur

J’ai reçu un mail de l’une de mes lectrices récemment qui me parlait du fameux dicton « Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis ».  Je l’en remercie car il s’agit d’une (de) phase(s) quasi-obligatoire(s) dans une relation amoureuse, notamment lors des prémices.

Le jeu du chat et de la souris : témoignages perso

Je suis la souris et toi le chat

C’est en primaire que j’ai appris – inconsciemment- à jouer à ce jeu qui, au final, n’est pas si drôle que ça. C’était Julien à l’époque qui faisait vibrer mon cœur de petite fille de huit ans. Je parlais de lui à tout-va, j’étais amoureuse quoi, amoureuse comme on l’est en CE2. Et vint ce jour où je pris mon courage à cinq mains (c’est le cas de le dire, ce n’est pas évident quand on n’a pas de téléphone ou internet !) et où je lui ai avoué ma flamme, en face, comme une adulte (j’suis plus très sûre d’être capable de faire ça mais passons). Et là, il m’a regardée avec ses petits yeux craquants et il m’a dit : « moi aussi, ça fait longtemps que je suis amoureux de toi » trooppp mimiiiiii. Et à la seconde même où il a énoncé cette phrase, je ne l’aimais plus. Ce qui compliqua les choses.

Je suis le chat et toi la souris

Si dans le premier cas, on culpabilise un peu de rejeter l’autre comme un mal aimé, dans le second, on souffre, vraiment.

Alors, c’est l’histoire de deux jeunes adultes qui s’entendent à merveille : Vincent et … bah moi, Léa. Il l’aimait depuis trois ans, d’un amour sincère et pur. Elle l’aimait depuis trois ans, d’une profonde amitié.  Il était jaloux de ses copains, lui écrivait des lettres,  lui envoyait des fleurs, lui fabriquait des tableaux avec des photos d’eux et tout le tralalala. Mais elle n’y prêtait guère attention, c’était l’autre, là-bas, qui la faisait chavirer et elle parvint d’ailleurs à faire couler le navire et à l’accaparer niark niark. (J’arrête la troisième personne du singulier, j’en n’ai marre là !). Donc JE me suis mise en couple avec le navire  (oui il s’appellera comme ça) et Vincent a été anéanti. Pour le consoler, je lui ai parlé d’une connaissance géniiiaaalliisssimmmee qui lui plairait beaucoup. Cette connaissance est instantanément tombée sous son charme et lui, blasé, s’est laissé prendre au jeu. Mais, soudainement, (suuussppeeennsss) le jour de mon anniversaire arriva.

J’avais loué une salle et tout le bazar pour accueillir quatre-vingts personnes. Et là, alors que la fête battait son plein, je vis Vincent embrasser sa « bien aimée ». Je sentis mon cœur se briser. Comme on dit, « c’est lorsque l’on « perd » une personne qu’on se rend compte à quel point on l’aimait». Puis, il se retrouva seul et voulut danser avec moi sur une chanson que nous aimions particulièrement (J’t’emmène au vent, de Louise Attaque). Et là, nous nous sommes embrassés et c’était wwhhoouuaaa. Il a quitté sa copine, j’ai quitté mon navire. Seulement, une fois qu’il eut ce qu’il désirait plus que tout (c’est-à-dire, MOI), il n’essaya plus de me surprendre, me montra clairement qu’il s’ennuyait avec moi, préférait voir ses potes (alors que, quelques mois auparavant, il aurait tout donné pour passer ne serait-ce qu’une petite heure face à moi).

Se faire écrire une lettre par un écrivain public

Bref, je lui ai finalement couru après pendant plus d’un an de relation. C’était devenu la souris, et être le chat c’est vraiment chiant. D’ailleurs, tu remarques bien que tu saoules l’autre au plus haut point, mais c’est plus fort que toi, tu n’arrives pas à t’en détacher. Et plus tu sens qu’il t’échappe, plus tu as envie de le rattraper. On fait souvent le contraire de ce qu’on devrait. J’ai fini par le quitter parce que j’avais suffisamment donné à un mec qui ne m’offrait plus rien en retour (plus RIEN, même pas un peu d’intimité, NADA !).

Les débuts d’une relation amoureuse : Le jeu du chat et de la souris constitue presque la base de la séduction

Lors des prémices d’une relation, ce jeu est agréable car on passe d’un rôle à l’autre. On aime faire languir l’autre, le sentir fou lorsque l’on ne répond pas tout de suite à ses appels… Et malgré nous, nous aimons aussi lorsque notre quête ne nous donne pas tout, tout de suite. Il sait nous faire attendre, nous rendre dingue. Toutefois, ce jeu est dangereux car on a tendance à virer à l’obsession. On commence à regarder notre téléphone toutes les dix minutes par peur de louper l’appel Béni de Truc, on passe notre temps à scruter sa page Facebook et espérons que certains statuts nous soient destinés, on parle de lui à tout-va comme si on vivait avec depuis huit ans, nos amis n’en peuvent plus de notre névrose. On a alors l’impression d’être tombée amoureuse alors qu’il ne s’agit que d’une envie de possession. Evidemment, on sent l’autre nous échapper et on ne le supporte pas.

Je dirais que ce jeu en vaut la chandelle lorsqu’il est réciproque. Parfois on a la sensation que celui sur lequel on a jeté notre dévolu fait exprès de prendre le temps de nous répondre, de déplacer les rdv pour que l’on s’impatiente de le voir, alors que, finalement, il n’en n’a juste rien à faire de nous. Si c’est la troisième fois qu’il vous met un plan, laissez tomber hein !

Relation de couple : le « fuis-moi blablabla » nuit gravement à la santé sentimentale

Ce dicton sentimental est très différent lorsqu’il s’agit du couple, solide, durable. Dans ce cas-là ce n’est plus un jeu. Pourquoi ? Parce que c’est INVOLONTAIRE. On s’en moque de faire courir l’autre pour qu’il s’attache encore plus à nous, ici, on veut juste qu’il nous fiche la paix car on n’en n’a marre d’être avec lui mais qu’on n’a pas le courage de tout envoyer valser.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier –parfois- de rappeler à son compagnon que nous ne sommes pas acquise et qu’il doit faire des efforts (comme nous nous devons d’en faire également). Mais les hommes rencontrent plus souvent ce problème que les femmes : nous, en général, nous avons bien compris que rien n’était acquis.

Pour finir, je mettrai la « définition » de la lectrice qui m’a donné l’idée de faire cet article car je la trouve joliment formulée : ce jeu s’apparente à “un théorème de physique où deux aimants tantôt se repoussent, tantôt s’attirent”.

Ailleurs sur le web (sponsorisé)
Afficher les commentaires

3 comments

  • Bonsoir Léa!

    J’ai bien pris le temps de lire ton article car cette notion du “fuis moi je te suis” (qu’on retrouve d’ailleurs pas mal sur internet comme un b-a-ba de la relation amoureuse me paraît pour le moins relevé d’une logique d’une redoutable cruauté. Je m’explique….
    Qu’il s’agisse d’un début de relation (phase de séduction) ou d’une relation déjà en chemin, il me semble que d’un jeu (“je”?) pervers qui ne porte en germe aucune possibilité d’épanouissement d’une découverte de l’autre dans les prémices d’une relation amoureuse, encore moins naturellement dans la relation d’un couple “institué”. Au final, j’ai comme l’impression qu’on en revient toujours au “que désire t’on vraiment?”, entrer dans une relation aussi peu sincère et confiante dès le départ (puisque celui qui applique cette règle “Fuis-moi je te suis” ne peut aucunement arguer d’une éventuelle candeur ou naïveté). Il entre de fait dans une logique ou le bien de l’autre perd toute considération pour se l’attacher, se l’asservir psychologiquement. Je n’irai peut-être pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un comportement de pervers narcissique mais pas loin.
    Personnellement, j’ai eu deux “coups de foudre” dans ma vie. Le choc du premier a fait sortir de mon inconscient des choses non réglées que j’ai déversé sur l’autre sans même m’en apercevoir sur le moment. L’idée était, je crois, lui faire payer ce que ma mère avait exigé de moi, petit (voila pour la partie psycho de bazar, fruit de quelques années de thérapie…).
    La seconde en septembre dernier, bal de salsa, elle revenait à cette salle après une année d’absence où j’avais moi débuté. Le trouble est arrivé immédiatement, quelque chose en moi me disait de ne pas y aller, ne pas la regarder ; ce que je fis quand même les bals suivants où l’on a échangé des regards d’une telle intensité. Je la reconnaissais quelque part, comme tout ce que j’appris sur elle me disait “yes”, c’est la bonne. Une autre partie se montrait plus prudente, me conseillant l’attente devant les pulsars d’émotions qui me consumaient à l’intérieur.
    Un peu plus d’un mois après, je lui ai écrit via la page bleue, un écrit court, très court, une invitation à la découverte, nous découvrir devant le trouble ressenti à son contact.
    Trois semaines d’attentes, vaines, avec encore quelques regards mais quelque chose au fond de moi qui alarme, et cette phrase qui me revient “quand ça force un peu, c’est pas grave, mais quand ça force beaucoup, faut juste se casser”. J’ai pris la décision ce week-end de stopper cette attente. De l’idéal diront certains, reprendre les rênes de sa vie diront les autres. L’amour est un don, un bienfait, ne s’achète pas par le chagrin, la peine, l’attente douloureuse. Avec l’expérience des années, mes lectures, les expériences des uns et des autres, je me dis que si cela fait souffrir alors ce n’est aucunement de l’amour.
    Bonne soirée.

    Reply
  • Et bien moi je suis en plein dans ce jeu et je trouve cela excitant de se sentir désirée. Cet homme est timide aussi mais mise tout sur ses regards tantôt froid (mais veille sur moi, m’observe) tantôt me surprenant avec un regard et un sourire en coin d’un air coquin (j’ai ri et me suis dit “il m’a eue sur ce coup là”). Mais son amour il me l’a prouvé d’entrée de jeu.

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Cet article vous a plu ? Devenez membre PDA!

Rejoignez mes lecteurs privilégiés et recevez une fois par mois un e-mail rassemblant mes nouveaux articles et mes conseils amoureux.