Suis-je incapable d’aimer ?

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Suis-je incapable d’aimer ?

Je ne sais plus comment on fait. J’ai essayé d’y croire, de ressentir, de vibrer. Mais mon électrocardiogramme reste désespérément plat.

A force de me méfier, j’ai fini par me détacher. C’est triste.

Suis-je devenue une des leurs ? Suis-je passée de l’autre côté, du côté des insensibles, des distant(e)s, des détachés, des handicapé(e)s de l’amour ? Suis-je devenue incapable d’aimer ?

On m’a vendu tellement de rêves que la réalité est devenue morose, fade. On m’a bercée avec tant de mensonges, ces fameux blablas de beaux parleurs, que mes illusions se sont envolées.

Je ne connais plus l’impatience du prochain rendez-vous, la curiosité pour l’autre, l’envie de le découvrir. A quoi bon ?

Je ne vibre plus. J’ai l’impression d’être un feu qui ne veut plus s’allumer. Les braises ne veulent pas prendre, il n’y a plus de flammes, le bois est trop humide des larmes qui ont coulé, des chagrins d’amour passés et des illusions perdues. L’espoir n’arrive plus à se frayer un chemin parmi les méandres de ces rencontres creuses, sans saveur.

Suis-je lassée ? Blasée ? Suis-je devenue inapte aux sentiments amoureux ? Ai-je fait ce virage insensé, à 180 degrés, de la quasi dépendance affective au détachement le plus total ?

En fait, je réalise que je ne sais plus comment on fait. Pourtant il n’y a jamais eu de mode d’emploi en amour, une histoire se crée naturellement, chaque relation est unique et le temps laisse la chance d’apprivoiser l’autre et aux sentiments d’éclore. Voilà comment j’ai toujours vécu mes histoires d’amour, avec naturel, spontanéité, sincérité et réciprocité.

Je ne doutais pas de tout, de moi, de l’autre, de mes émotions, je me faisais confiance et à l’autre aussi, petit à petit. Je faisais le choix de vivre mon histoire avec confiance et bienveillance. Je n’avais pas peur comme aujourd’hui. Je ne me posais pas toutes ces questions à propos de la relation qui naissait. Je vivais, ressentais tout simplement, avec la sensation de partager quelque chose de vrai.

Je ne veux plus être naïve

Voilà le décalage aujourd’hui. D’entrée de jeu, on se pose la question de la définition même de ce que l’on tente, ce que l’on ose, ce que l’on vit. Est-ce une relation, une possible histoire ? Ou juste une aventure, un plan pour l’autre, selon ce fameux concept si à la mode de sexfriends ?

Et donc, je fais quoi ? J’accepte, je subis, je tente, je vis au jour le jour, je continue à croire qu’un vulgaire plan qui n’a aucune base solide, surtout pas celles du respect et de la réciprocité que je recherche, peut se transformer en une belle histoire ? Et bien non, j’ai choisi, en mon âme et conscience, de refuser, de ne plus être naïve, de m’écouter. Avec le risque, il est vrai, de ne plus y croire du tout…

Voilà pourquoi j’ai, pêle-mêle, perdu mes illusions, mon temps et mon énergie, barricadé mon cœur, pensé que cela était de ma faute et hurlé que les hommes étaient tous les mêmes !

Tout ça pour, au final, me dire ou plutôt admettre qu’en effet, je ne sais plus ce que veulent dire les mots suivants « couple, relation, sentiments amoureux, projets ». Ces mots sont devenus étrangers à mon vocabulaire. Quelles sont leurs définitions ? Leur réalité aujourd’hui ? Quel est le mode d’emploi pour entamer une histoire ? Je suis désormais incapable d’en reconnaître les signes, d’en comprendre les codes, moi qui me pensais pourtant perspicace !

Quand je croise des couples dans la rue qui s’affichent ensemble, ou lors des moments que je passe avec mes ami(e)s et ma famille qui ont une vie de couple et parfois de famille , je me dis « ça existe  encore ce modèle ? » ; et lorsque je surprends les regards complices, la familiarité, je suis parfois projetée des années en arrière, à me remémorer des souvenirs de ces moments partagés alors que moi aussi j’étais « à deux ».

Formation en relation humain option couple

Si, un jour, celui que je n’attends plus, mais que je continue à espérer (soyons honnêtes !), entre dans ma vie, je crois que j’aurais besoin d’une formation intensive en « relations humaines, option couple ».

A savoir : ce qu’il faut dire ou pas, les bonnes et les mauvaises habitudes, à partir de quand on peut se considérer en couple, la place du sexe dans une relation naissante, quand et comment exprimer ses sentiments, comment différencier attachement et sentiments amoureux, quels projets sont logiques au bout de un, trois, six mois ? Un an ? Comment exprimer l’envie de voir l’autre, le manque ? Doit-on être spontanée ou sur la réserve, tout dire ou se taire, s’offrir ou se faire désirer ?

Tellement d’interrogations, trop !!  Je me suis noyée au milieu de tout cela, comme si je devais cocher les bonnes réponses d’un test dans un magazine féminin du genre « Comment garder votre mec ? » sous peine qu’on vienne vous le reprendre !

Trop de questions, de pression… Et le naturel, la spontanéité, on en fait quoi, bordel ?!

Qu’est-ce qui explique ce phénomène actuel, ce refus de s’engager, ce renoncement aux sentiments ?

Une trop longue période de célibat ? Les échecs passés ? La peur de souffrir ? L’égoïsme ? La mode des sites de rencontres, moyens de consommation à gogo ? Le manque de confiance en soi et en l’autre ?

Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère, avec une génération qui ne croit plus en l’amour, qui ne ressent plus rien, sauf l’adrénaline et le plaisir apportés par les rapports charnels ? Fugaces, éphémères, sans suite ?  

Je reconnais ma responsabilité, je sais que ma vulnérabilité et mon manque de self-estime m’ont fait prendre de mauvaises décisions et m’ont conduit à vivre des relations décevantes par le passé. Après plusieurs tentatives, j’avoue mon incompréhension face à ces pseudo parades amoureuses et ces jeux superficiels, mais surtout je revendique désormais mon refus de les partager.. C’est terminé. Sans m’être totalement brûlée les ailes, j’ai perdu une part de mon insouciance et beaucoup d’illusions.  J’ai besoin de temps pour pouvoir me laisser apprivoiser à nouveau et partager enfin quelque chose avec un homme (avec un grand H) qui ne joue pas, qui assume, qui s’investit.

Il ne sera alors, je l’espère, plus question de mode d’emploi et d’interrogations inutiles. On a tous su aimer et être aimé(e) par le passé, il ne faut pas laisser les doutes, les déceptions et les échecs prendre le dessus. Etre détaché(e), prudent(e) voire méfiant(e), et même blasé(e), c’est naturel. Mais se croire insensible, indigne d’être aimé(e) et incapable de susciter l’amour, surtout pas !

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1 réflexion au sujet de « Suis-je incapable d’aimer ? »

  1. coucou

    je recherchais sur google comment vibrer de nouveau car depuis quelques temps j’ai l’impression d’être vide d’amour. 1 mari qui est parti après 17 ans, 1 amant ne me correspondant pas au final et un amour non partagé pendant des années à m’en tordre le cerveau. La souffrance, la réalité mon tellement blessée que je me suis interdite d’aimer. Mais après coup, je sens comme un grand vide. Est-ce cela qui me manque? je ne sais pas. Mais votre lettre/témoignage me parle. Est-ce qu’un jour j’intéresserai quelqu’un qui viendra à moi et me fera de nouveau ressentir tous ses papillons, noeuds…. je ne sais pas. Je ne pense pas plaire.

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