Parler d'Amour
Longue lettre d’amour à celle que j’ai aimée (par Christophe)

Longue lettre d’amour à celle que j’ai aimée (par Christophe)

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Un internaute m’a envoyé une longue lettre d’amour à celle qu’il a aimé, une lettre pleine de réflexions, d’amour et de bienveillance ! Merci Christophe de nous faire partager cela.

Ma  douce Cathia

Longtemps j’ai hésité à t’écrire ces quelques lignes. J’avais déjà commencé l’exercice à plusieurs reprises, mais les mots se transformant en maux, ma seule envie était de jeter tout ceci à la poubelle. Pourquoi serait-ce différent aujourd’hui ? Je ne sais pas. Peut-être que la charge émotionnelle liée à notre séparation commence à s’estomper et que je vois un peu plus clair maintenant ? Je n’en sais rien… Toujours est-il que je vais tenter de mettre en forme ici, avec toi, le sens de tout ce qui s’est passé en moi ces derniers temps.

Le 19 avril dernier, nous nous sommes rencontrés. Après quelques jours et cette inoubliable première soirée passée ensemble, mon coeur s’est emballé.

Oui, il s’est emballé… pour toi.

Tu as pu constater que je n’étais pas vraiment ce qu’on peut appeler un “homme à femmes”. Comme je te l’avais dit lors de l’une de nos tendres conversations, j’avais pourtant bien remarqué que le regard des femmes avait changé depuis que j’étais “disponible”. Certaines étaient sans doute attirantes physiquement, d’autres intéressantes intellectuellement, quelques-unes étaient aussi pleines de vie. Pour autant, les signaux qui m’étaient destinés ne m’intéressaient pas spécialement. Je ne les relevais pas. Je vivais très bien tout seul, me plaisais à me retrouver avec moi-même et passais d’agréables moments en ma compagnie 🙂

Ce que je veux dire par là, c’est qu’en croisant ta route ce soir-là et après avoir attentivement écouté ce qui se passait en moi, j’ai fait un choix; celui de t’ouvrir les portes de mon coeur. En grand. Sans condition ni retenue. C’est ce dont je te parlais quand je te disais que j’avais confiance en toi, en moi, en notre relation. Je ne l’ai pas fait par défaut, par besoin, par manque ou parce que je voulais “être avec quelqu’un”. Si j’ai fait ce choix, c’est parce que je voyais en toi beaucoup plus qu’une femme d’une envoûtante beauté; mon coeur a aussi chaviré parce que j’ai reconnu chez toi de belles qualités d’âme et de nobles valeurs humaines ayant un écho certain avec qui je suis.

Et puis, tu représentais à mes yeux l’équilibre idéal entre tout ce qui me plaît chez une femme; un subtil mélange de douceur et de combativité (Xéna la guerrière 😉 ), une profondeur d’esprit évidente mêlée à un sens de l’humour que j’adore, une joie de vivre rayonnante venant illuminer les lieux où tu te trouves, et en même temps une pointe de fragilité (pour qui te connaît un peu plus) qui te rend incroyablement sexy.

Je suis bien conscient aujourd’hui que je t’ai probablement idéalisée et que j’ai peut-être aussi idéalisé notre relation; en même temps, non seulement cela fait partie de mon profil (je suis un idéaliste qui aime croire que le meilleur existe dans ce monde… et que je peux l’atteindre), mais en plus, l’idéalisation de l’être aimé est on ne peut plus normal au début d’une relation. Je t’en parlerai plus tard. Alors, d’aucuns pourraient me renvoyer que quarante-huit jours ne sont vraiment rien pour connaître suffisamment quelqu’un, bla, bla, bla… Certes, mais je leur répondrais (avec mon air sérieux que tu aimes bien…) que de toute façon, il n’y a pas assez d’une vie pour connaître vraiment celui ou celle qui partage la tienne. Et c’est ce qui fait, d’après moi, tout l’intérêt et le charme de la relation amoureuse : partir sans cesse à la découverte de l’être aimé pour le connaître un peu plus chaque jour… et ainsi le rendre heureux chaque jour un peu plus.

Voici ma vision de ce que peut être l’Amour.

Nous avons partagé de très beaux et bons moments.

Dans les (nombreuses) lectures que j’ai eu l’occasion de faire ces derniers temps, j’ai vu que la sensation de vivre un rêve éveillé était l’un des grands signes de l’état amoureux. Te souviens-tu que j’avais partagé cette sensation étrange avec toi lorsque tu étais venue chez moi un soir ? Tu étais allongée sur mes genoux, je te tenais dans mes bras, te caressais la joue, mes yeux plongés dans les tiens et je te disais cela. C’était l’un des signes qui ne trompent pas. J’ai d’ailleurs récemment lu une phrase qui m’a beaucoup inspiré : “Tu sais que tu es en amour quand tu ne trouves pas le sommeil, car la réalité est finalement plus belle que tes rêves”.

C’était exactement ça !!

Nos conversations tard le soir, nos dîners romantiques, nos petits et grands moments partagés, nos baisers langoureux, passionnés ou tendres, nos nuits passées blottis l’un contre l’autre, nos pensées journalières teintées de la présence de l’autre, tout n’était que purs harmonie et bonheur. Ces quelques semaines ont été pour moi les plus belles qui m’aient été données de vivre à ce jour. Je n’exagère pas. C’est un fait. Et même si ce que j’ai vécu avec toi ne se reproduira peut-être plus, je suis heureux d’avoir touché du doigt mon idéal, “le meilleur qui existe” dont je te parlais plus haut. Je ne dis pas ça avec regret, ni amertume ou nostalgie. Non. Même si aujourd’hui j’essaie d’accepter que tout cela soit fini, je garderai un souvenir extraordinaire de notre idylle naissante.

C’est là que je te dis un grand MERCI pour m’avoir permis de vivre ces moments inoubliables.

Je ne reviendrai pas sur la semaine à l’origine de notre séparation. Tant de choses se sont passées, aussi bien chez toi que chez moi, que mes mots seraient empreints d’émotions désagréables éprouvées alors. Je préfère aborder ce qu’il s’est passé par la suite et sous un angle plus doux, grâce au recul qui m’ait été donné de prendre depuis, aux nombreuses lectures que j’ai pu faire, aux échanges fructueux que j’ai pu avoir avec des amis de qualité et bien sûr à mes propres réflexions sur tout cela.

Mon souhait, si tu l’acceptes, est de partager avec toi le fruit de cette réflexion.

Tu as pu voir combien j’ai été affecté par cette rupture. Tu en as même été surprise. Je dois t’avouer que je l’ai été tout autant, voire peut-être un peu plus, compte tenu de ce que je vivais alors. Je croyais à un moment donné que j’avais vraiment un problème. Cela me paraissait aussi disproportionné. Je ne comprenais vraiment pas ce qui m’arrivait.  D’autant plus que, dans le même temps et comme je te l’avais dit, je comprenais parfaitement ta décision.

C’était complètement irrationnel !!

Cette douleur que je ressentais m’était complètement inconnue. Les signes physiques qui se manifestaient m’étaient tout aussi inconnus. Et bien que la tristesse soit une émotion déjà vécue dans ma vie, dans d’autres contextes, elle n’avait pas du tout la même intensité ni le même impact que ce que j’éprouvais alors.

Se faire écrire une lettre par un écrivain public

Comment était-ce possible de vivre ce genre de chose ? Quand cela allait-il se terminer ? Où cet état allait-il me conduire ? Que faire de tout ceci ? Pourquoi était-ce là ?

Beaucoup de questions, mais aucune réponse ne venait. Il fallait pourtant que je comprenne ce qu’il se passait en moi.

C’est à ce moment que j’ai remercié tout le travail que j’ai fait sur moi par le passé, dont l’un des piliers fondateurs est d’observer les émotions et les pensées sans les juger ni tenter de les dissimuler. J’ai donc accueilli ce chaos intérieur sans détour, du mieux que je pouvais.

J’avais peut-être une sale gueule pour l’occasion, mais ça en valait la peine 😀

J’ai aussi lu. Beaucoup. Sur l’amour, sur les ruptures, sur les styles d’attachement, sur l’idéalisation, sur le couple, sur les débuts d’une relation. J’ai lu, relu et re-relu.

Et j’ai un peu compris…

J’ai compris que tu avais peut-être pris la meilleure décision qui soit pour toi… compte tenu de ton objectif de vie et de ce que tu as pu vivre précédemment dans tes relations. Tu es une femme indépendante, libre et autonome et dont l’engagement dans une relation affective est anxiogène (tu me l’avais pourtant assez dit, mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…). Ce n’est pas un problème en soi. C’est juste que ton style d’attachement ne pouvait te permettre de rester avec moi. Cela explique peut-être aussi ta préférence pour des relations peu impliquées tant d’un point de vue affectif que relationnel.

Il est aussi possible que par le passé tu fonctionnais avec un style d’attachement plus proche du mien et que les circonstances de la vie, les expériences vécues, t’aient peu à peu amené à changer ta façon d’être en relation avec un homme. Bien entendu, cela n’est que pure hypothèse, vue uniquement de ma fenêtre… Personne d’autre ne sait mieux que toi ce qui se passe en toi.

Tu me disais que tout ceci était arrivé trop tôt ? Je pense au contraire que tout ceci est arrivé trop tard.

J’ai compris ensuite que mon style d’attachement était donc à l’opposé du tien. Du coup, j’ai compris que je n’avais aucun problème non plus… à part si être tombé éperdument amoureux de toi en est un. Dans ce cas, toutes les grandes figures de la littérature romantique auraient-elles aussi un problème ? Tous les auteurs compositeurs de chansons d’amour auraient-ils eux aussi un problème ? Tous les scénarios des comédies romantiques seraient-ils en fait de pures bizarreries névrotiques basées sur les problèmes de leurs auteurs ? (d’ailleurs, si tu as l’occasion de voir le film “500 jours ensemble”… un petit bijou sur le sujet)

Non, je crois profondément et sincèrement qu’être amoureux n’est définitivement pas un problème.

Après l’annonce de ton départ, j’ai longtemps pensé que, si tomber en amour pour quelqu’un conduisait à terme à ce type de douleur, alors je préférerais cent fois, mille fois, rester seul. Je continue parfois à le penser… mais j’ai aussi toujours envie de croire que l’Amour existe et qu’il est possible de le vivre pleinement. C’est ce que j’ai cru quand tu es entrée dans ma vie et dans mon coeur. C’est ce que j’aimerais croire à nouveau depuis que tu es partie et que ton empreinte est toujours là, au fond de moi. Je sais qu’elle disparaîtra un jour et que je verrai peut-être les choses encore différemment. Mais pour l’instant, c’est comme ça; tu es là. Ce que je ressens pour toi est toujours très présent en moi et je l’accueille aujourd’hui avec beaucoup de bienveillance et de douceur.

J’ai aussi compris que cela aurait pu être un problème… si j’avais eu un comportement inadapté vis-à-vis de toi. Si je t’avais harcelé, si j’avais tenté par tous les moyens de te persuader de revenir sur ta décision, si j’avais tenté de te faire culpabiliser ou je ne sais quoi de complètement tordu; bref si j’avais joué les psychopathes. J’ai donc aussi compris que je ne faisais pas partie de la catégorie de ce que l’on appelle les “dépendants affectifs” (une pensée parasite qui m’avait quand même effleuré l’esprit quand je voyais l’état dans lequel j’étais au cours des premiers jours suivants la rupture… ). Et là, j’ai commencé à me sentir un peu plus léger.

J’ai compris enfin  que je t’avais sans doute idéalisée et que j’avais aussi idéalisé notre relation. Je t’en ai parlé plus tôt dans ces quelques lignes. Là encore, il n’y a aucun problème à ça. L’idéalisation fait partie intégrante du processus amoureux. C’est même d’ailleurs là-dessus que se construit la suite d’une relation. Bien sûr, cette idéalisation ne dure pas ad vitam aeternam. Pour autant, elle contribue à forger des bases solides pour une relation saine et sur lesquelles viendront reposer toutes les subtilités de la construction de la vie de couple. Je ne dis pas que je me voyais déjà passer le reste de ma vie à tes côtés, cela aurait été en effet beaucoup trop prématuré, voire  même inadapté, mais il est indéniable que la relation qui naissait entre nous avait beaucoup de sens et d’importance pour moi.

C’est donc grâce à ces quelques éléments de compréhension que j’ai pu doucement laisser passer la tristesse liée à ton départ et retourner peu à peu vers la  lumière.

Aujourd’hui, tu fais toujours partie du paysage de mes pensées. Chaque jour je pense à  toi, chaque nuit je rêve de toi. Te revoir à chaque occasion est toujours synonyme de grand plaisir et d’un immense bonheur mêlés à un petit pincement du fait d’être avec toi… sans l’être vraiment. Comme je te le disais tout à l’heure, les portes de mon coeur qui t’étaient ouvertes le restent encore, car ton empreinte y est toujours présente. Je pense que cela va demander un peu de temps pour que cette flamme que tu as allumée en moi diminue peu à peu pour finir par s’éteindre définitivement.

C’est un temps dont j’ignore la mesure, mais que je sais (me connaissant) qu’il sera désormais vécu à peu près sereinement.

Pour finir ces quelques lignes que je te remercie d’avoir pris le temps de lire jusqu’au bout, et même si cela n’y changera peut-être rien, je tenais par ce partage à te témoigner une dernière fois l’authenticité et la profondeur de mes sentiments pour toi. Je voulais aussi que tu saches combien je tiens à toi.

J’espère que j’y suis parvenu avec élégance, tact et douceur…

Tu es toujours dans mon coeur.

Je t’embrasse fort.

Christophe

Source image : From Wikimedia Commons

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