Parler d'Amour
La roue infernale

La roue infernale

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Les perles s’écoulent trop promptement dans le sablier de la décadence. L’eau salée a déjà comblé la moitié du cristal, dévoilant ta déchéance. Et tu ne l’as pas encore touché ; celui qui t’a toujours attirée, celui que tu as toujours voulu posséder, celui qui t’a toujours grimacé, celui qui t’a toujours mis le doigt bien haut, celui qui s’éloigne de toi un peu plus chaque jour. Il n’est autre que le Bonheur, cette quête de l’homme inutile. Nous ne sommes que des chiens à l’affût du gibier, des lièvres face à un phare, des insectes répugnants tous amassés sur la même source de lumière. Je nous dégoûte, je nous vomis. Ca ne se dit pas ? Et qu’est-ce qui se dit ? Raconte-moi des histoires, toi, parle-moi.

Mon cœur en a trop dit, fuis-moi, je te suis. Oups, je tombe dans un trou. C’est vrai,  je te l’ai toujours promis, je suis une femme, je ne tiendrai jamais parole. Et J’enfonce mes yeux si fort dans ton âme que tu ne pourras plus te débarrasser de moi. Mon venin est plus puissant que ta substance hémorragique qui jaillit fièrement sur les draps innocents. Je suis innocente tu sais. T’as balancé mon cœur à bouffer au néant il y a déjà quelques temps. Je suis vide désormais. Vide de sentiments. C’est ce que tu souhaitais.

Quand tu cracheras ta rage de m’avoir perdue, pense à l’autre, que tu aimais, et que tu n’as jamais revue.  L’amour ça va, ça vient, ça passe, ça casse, ça s’écrase sur les rochers, amours suicidées. Drogue ignominieuse qui s’infiltre dans mes veines chaque fois que ces doigts effleurent ma couverture de chair. Eteints la lumière, j’ai froid.

Amour, tue-moi. Je ne crierai pas, je te sourirai, une dernière fois. Que je meurs maintenant si l’envie me reprend. L’envie de me jeter à nouveau dans la gueule du serpent. On a beau commettre les mêmes erreurs, connaître huit cœurs, on recommence, on se dévore, on fait de la bouillie d’émotions, on laisse moisir la passion.

 Peu importe qui tu es, toi, au sourire d’ange. J’abhorre les anges. Peu importe ce que tu me promets, je te connais déjà, tu finiras avec nous, sur ce tas de fange. Tu seras comme le dernier, celui-ci ou celui-là ou encore comme l’autre, qui crève en dessous de toi. Tu me feras croire au bonheur, à la chaleur de l’amour, tu me promettras les étoiles et mon sourire collé à la toile.

Et oui. Oui. Tu réussiras ton défi. Pendant dix mois, un an, deux ans, un peu plus peut-être ? Et après, on recommence ? On s’écrase l’un l’autre, on se déteste, on s’oublie, souffrant en silence ? Et on va chercher d’autres douceurs pour réconforter notre malheur ? Un nouveau parapluie pour absorber nos pleurs ? On a bien réussi à diviser l’indivisible et poser des bombes atomiques. C’était une bombe, elle aussi. Mais elle a explosé trop vite, sous tes yeux ébahis de trop de lumière, de trop de tragique.

 

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