Parler d'Amour
J’ai rêvé de toi

J’ai rêvé de toi

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Cette nuit des effluves me guettaient dans mon lit. L’odeur suave s’empara de moi rapidement. Ma nuque ; trempée. Mes yeux ; fermés. Ma bouche ; prête à t’embrasser.

Rêve étrange : c’est mon anniversaire, nous avons un immense jardin et tout le monde est là. Le soleil est au rendez-vous. Je pense à toi qui est loin, à quelques milliers de kilomètres de moi. Rien n’est grave, ce moment est délicieux, je profite tant que je le peux. Et puis, alors que je suis pliée en deux de rire, je relève la tête et, derrière ce petit portail en bois j’aperçois ta silhouette. Tu me souris comme si de rien était, comme si ta venue était prévue.

Plusieurs mois que nous ne nous étions pas vus. Je cours vers toi, je ne sais pas ce qui me prend, je ne me contrôle plus. Je t’enlace et pleure dans le creux de ton cou. Tu m’avais manqué, en fait.

Tu me dis de ne pas pleurer, que ça va aller, que tu viens me réparer. Tu me répètes que j’ai tout pour moi, tu m’énonces une liste exhaustive de tout ce qui m’appartient et devrait me rendre heureuse. Tu me dis que j’ai tout ce que j’ai toujours voulu et qu’il faudrait que j’arrête d’avoir peur sans cesse. Tu me demandes où est passée la jeune femme souriante, qui se marrait tout le temps, qui se perdait partout et en riait à chaque fois. Je ne réponds pas.

Je prends ta main et t’emmène dans un grenier aménagé. Il faut gravir quelques centaines de marches. Lorsque nous arrivons, c’est un paysage féerique qui nous attend : une herbe saturée de vert, des pigments diamantés volant de part et d’autre de la pièce-paysage. De petites cascades colorées viennent s’écouler devant nos pieds, elles ont le goût de la glace à la framboise. Nous allons nous allonger sur un nuage. Nos corps sont humides. Notre désir est trop fort et on le retient entre nos mains. Je serre les poings pour ne pas le laisser sortir. Il est petit entre mes doigts mais il me titille, je sais que si j’entrouvre ma main, il s’émancipera et deviendra aussi grand que ce grenier fleuri. J’ai peur de le laisser s’échapper mais ma main ne parvient plus à le retenir. Elle s’ouvre sans que je ne m’en rende compte et mon désir prend vie.

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Nos corps explosent, nous nous embrassons pour la première fois, nos corps battent la chamade, nos doigts viennent s’entremêler dans nos cheveux respectifs. Je te goûte, tu es la meilleure sucrerie que mes lèvres aient eu le plaisir de savourer. Tu es doux, tu m’agrippes fermement, des perles sucrées s’évadent de mes yeux. Tu les rattrapes du bout du doigt et me souffle de ne plus jamais m’inquiéter ; tu es là maintenant, je n’ai plus de craintes à avoir.

Des heures et des heures se passent dans une ébullition sans nom. J’ai peur que tu repartes. Tes baisers et tes caresses sont comme des remèdes, les cicatrices se referment instantanément et je sais qu’elles se rouvriront si tu me laisses à nouveau.

Quelqu’un frappe à la porte. Le grenier magique n’est plus qu’une vulgaire chambre. Quelque chose me dit que c’est déjà la fin. On m’appelle pour aller mettre la table. Je suis revenue chez mes parents, quel âge ai-je ? N’était-ce pas mon anniversaire ? Des années se sont écoulées en arrière, peut-être aurais-je quarante ans dans une minute mais tu seras encore là. Hein ? Dis-le-moi que tu seras encore là.

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