Etre maman est le choix le plus égoïste que j’ai fait dans ma vie : Témoignage de Sonia

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait dire à ceux qu'on aime. Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la plus belle des lettres:

Sonia m’a envoyé ce mail et m’a demandé de le partager avec vous. Pour elle, être maman est le choix le plus égoïste qu’elle ait fait dans sa vie. A l’heure où le monde souffre et où la pandémie bat toujours son plein, voici le témoignage d’une maman pour qui la maternité est un choix égoïste bien qu’elle ne le regrette en aucun cas.

Etre maman est le choix le plus égoïste que j’ai fait dans ma vie : Témoignage de Sonia

Mon fils Mathis a 3 ans et je suis la plus heureuse du monde depuis qu’il est entré dans ma vie. En ce moment, je vois passer de nombreux témoignages de mamans qui regrettent de l’être et bien que je ne les juge pas, cela me sidère. J’ai du mal à comprendre comment l’on peut regretter d’avoir mis au monde la chair de sa chair, de voir ce petit être grandir d’année en année, qui vous offre tant de bonheur, ce petit être pour lequel vous êtes absolument tout.

Je suis heureuse d’être mère mais je culpabilise

Avec mon conjoint, nous avons décidé de faire un enfant en toute âme et conscience. Sa naissance n’a fait que renforcer notre couple, nous faisant passer de conjoints à parents, de couple conjugal à famille. Nous sommes fiers quand nous nous promenons tous les trois, remplis de ce bonheur, de cette sensation d’accomplissement. J’ai la chance d’avoir un conjoint qui s’occupe autant que moi de notre fils, j’ai du temps pour moi, pour voir mes ami(e)s, pour aller me faire chouchouter. Le partage des tâches dans le couple est idéal et sincèrement, le rôle de maman – hormis les 3/4 premiers mois » ne m’a jamais fatiguée.

Bref, je n’ai pas à me plaindre et pourtant, je culpabilise souvent à l’idée d’avoir fait ce choix égoïste pour Mathis, lui qui n’avait rien demandé à personne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’avons pas franchi le pas du grand-frère ou de la grande-soeur bien que nous en ayons très envie.

Le monde va mal et le pire facteur du réchauffement climatique est la procréation

Quand je dis cela, les gens me regardent avec de grands yeux en me disant « non mais attends tu peux pas penser à toute la misère du monde chaque fois que tu bouges le petit doigt ». Peut-être mais c’est plus fort que moi. Quand on sait qu’un bébé pèse environ 58 tonnes de CO2 par an et que c’est bien au-dessus que le fait de prendre l’avion par exemple (1,6 tonnes)… Ca fait quand même réfléchir. Je ne dis pas que je vais sauver la planète en n’ayant qu’un seul enfant mais si tout le monde pensait comme nous, il y aurait probablement de nettes améliorations.

On critique les femmes qui ne veulent pas d’enfants

Ce me fait doucement sourire de voir le nombre de critiques que se prennent les femmes qui refusent d’avoir des enfants pour une raison ou une autre. Tant mieux non ? Pourquoi toujours pousser les gens à reproduire un schéma qui se doit d’évoluer avec les années ? On vit de plus en plus longtemps, la planète est surchargée et on voudrait encore convaincre les femmes que sans la maternité il leur manquera forcément quelque chose.

Ca aurait été le cas pour moi qui ressent le besoin d’enfants depuis des années. Mais je suis persuadée que d’autres n’ont pas besoin de ça pour trouver leur épanouissement et ce serait bien qu’on leur lâche la grappe.

Au-délà du monde, de la planète, faire un enfant est un choix égoïste, je persiste à le dire

« Je veux faire un enfant » « nous voulons former une famille » C’est donc une volonté, une envie, un désir que l’on ressent. Et à partir du moment où faire un enfant répond à une envie personnelle, j’ai envie de dire que c’est par définition égoïste. On parle de céder à une envie qui implique une tierce personne que nous allons créer sans avoir son avis. Qui plus est, dans un monde qui se porte de plus en plus mal.

Donner la vie à quelqu’un est-il un cadeau ou un fardeau ?

Je n’ai pas la réponse à cette question car chacun y répondrait différemment. Mais je me pose souvent la question pour mon fils : sera-t-il heureux d’avoir été mis au monde et de goûter aux plaisirs de la vie ? Ou subira-t-il comme certains ? (dépression, harcèlement scolaire, anxiété dans un monde qui va de plus en plus vite…)

C’est stressant d’être parents car c’est prendre la responsabilité de s’engager à tout faire pour qu’il soit heureux et épanoui

Mais vais-je y parvenir ? N’est-ce pas présomptueux de penser que nous avons la capacité et les outils nécessaires pour répondre à tous les besoins d’un être humain, de le tirer vers le haut, faire ressortir le meilleur de lui-même et le mener là où il doit être pour être heureux ? C’est une question de plus que je me pose…

Et puis, même si l’on fait tout « parfaitement », cela causera aussi des dégâts… Récemment une amie me disait qu’elle en voulait à ses parents d’avoir été parfaits, d’avoir montré ce modèle amoureux qu’elle rêverait de reproduire sans succès. Certains se plaignent d’avoir eu trop de liberté, d’avoir manqué de cadre quand d’autres étaient frustrés de tant d’interdictions. Bref, il n’y a pas de recette magique et à ma culpabilité s’ajoute la peur d’échouer dans ma mission de rendre Mathis heureux. Car même la définition du bonheur est tellement propre à chacun... Pour certains cela va être la réussite professionnelle, d’autres familiale, d’autres personnelle… Et même ces réussites ne seront pas les même pour tous. Pour certains la réussite professionnelle est d’être fonctionnaire quand pour d’autres c’est d’être entrepreneur, d’autres encore vont quantifier : ma vie pro sera réussie quand je gagnerai au moins 5000€ net/mois… Vous voyez où je veux en venir…

Etre maman est le choix le plus égoïste que j’ai fait dans ma vie et c’est ok

Et puis après toutes ces réflexions je me dis, oui c’est vrai, c’est égoïste mais le sourire de mon fils et le bonheur que l’on ressent tous les 3 ne priment-ils pas sur les aspects négatifs ? Nous avons fait ce choix et nous devons l’assumer car finalement, n’est-ce pas en passant sa vie à culpabiliser que nous allons tous nous rendre malheureux ?

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