Dépendance affective dans le couple : témoignage de Loïc

Comment retrouver la complicité des débuts dans son couple ?

Avec le temps, la relation de couple change. On s'éloigne, on communique moins, on s'engueule. Pourtant on s'aime toujours... Alors comment remettre son couple sur les bons rails et retrouver la complicité et les rires qui nous ont fait tomber amoureux ?

Être dépendant affectif c’est vouloir inconsciemment trouver sa propre valeur à travers le regard de quelqu’un d’autre. Dans le couple, c’est donc par celui de son partenaire. La dépendance affective est un état psychologique difficilement admis par la personne qui en souffre. C’est une forme de mépris de sa propre valeur intérieure. La personne se perçoit constamment et uniquement par le biais de l’autre, ce qui rend difficile la construction de son identité et d’une relation saine. En couple, elle cherche l’approbation de son partenaire pour tout et souffre d’un complexe d’infériorité et d’un manque de confiance en soi. Et cela ne concerne pas uniquement les femmes, loin de là. Pourquoi peut-on avoir ce mode de fonctionnement ? Comment cela se passe-t-il concrètement dans le couple ? Qui en souffre le plus, qui en est responsable ? Dépendance affective dans le couple : témoignage de Loïc, 45 ans, pour nous éclairer à ce sujet.

Dépendance affective dans le couple : témoignage de Loïc

Jusqu’à ce qu’on me fasse comprendre exactement quel était mon « problème » et qu’on mette un mot dessus, une définition, je n’avais pas conscience de la gravité de la situation. Et encore moins de l’impact que cela avait eu sur mon couple et donc directement sur ma femme.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été comme ça. Timide, maladroit, introverti, taiseux, en retrait. Je ne me suis jamais demandé pourquoi, on disait de moi que c’était ma nature, une question de caractère, de tempérament. Et je m’en suis accommodé pendant des années, je n’ai jamais pris le temps de me dire que cela pouvait être un problème, avoir des conséquences. J’étais comme ça, point barre, et je ne cherchais pas plus loin.

A vrai dire, je n’ai jamais cherché plus loin.

Je suis quelqu’un qui ne creuse pas certains sujets, mal à l’aise avec les mots, les émotions, les sentiments. La psychologie, le développement personnel, tout ça, ce sont des choses qui pour moi sont abstraites. Pour moi je n’étais pas concerné.

Je faisais mon bonhomme de chemin, sans me poser de questions. Depuis toujours, j’ai suivi un chemin balisé, obéi aux ordres, laissé les autres décider, me diriger. A l’école, à l’armée, au travail, dans mon mariage.

J’ai suivi une voie toute tracée, parce que pour moi la vie c’était ça.

Je ne me posais pas de questions, je n’étais pas malheureux, car je ne m’arrêtais pas pour me le demander.

C’est vrai que je laissais aux autres le soin de décider, pour tout, de la chose la plus banale à la décision la plus importante. Je n’ai jamais développé d’autorité réellement, d’esprit d’initiative, de créativité.

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On est dépendant affectif dans le couple quand on laisse l’autre tout gérer

Les projets dans ma vie, je les ai toujours faits avec des risques mesurés, pour tout : le travail, l’argent, le mariage, un enfant.

Je crois que je suis frileux, j’ai besoin de l’aval d’une autre personne pour prendre une décision et savoir laquelle prendre.

Je ne l’ai réalisé que récemment, car jusque-là je me cachais derrière des excuses, des prétextes, arguant que c’était normal que dans un couple on décidait à deux. Sauf que moi je ne décidais pas.

Je n’étais pas un homme soumis à sa femme, ni un homme absent, non j’étais là mais je ne faisais que suivre le mouvement.

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J’étais adepte des « comme tu veux », des « je ne sais pas », des « pas de problème ».

Pensant ainsi faciliter les choses, j’étais en fait presque transparent, dépendant de ma femme à qui je laissais le choix de tout.

Je n’avais pas peur d’elle, non mais je pensais qu’elle savait mieux que moi quelle décision prendre, et là où je pensais lui faciliter la vie, en fait je la laissais se débrouiller. Je l’ai compris tard, trop tard, quand elle n’a plus supporté mon inaction, ma tiédeur, mes hésitations incessantes, mon rôle de mari que je n’assumais pas vraiment. Elle a craqué, elle est partie et a demandé le divorce.

La dépendance affective dans le couple peut tout détruire

J’ai perdu tous mes repères. Et j’aurais pu rester longtemps comme ça ou reproduire le même schéma si je n’avais pas rencontré une femme qui m’a fait prendre conscience de qui j’étais.

Un homme introverti, souffrant d’un complexe d’infériorité, d’un manque énorme de confiance en moi, jouant trop souvent du syndrome de Calimero pour me cacher et fuir mes responsabilités. Et qui créait donc quoi qu’il arrive une dépendance affective forte dans mes relations aux autres.

J’ai pris une claque quand elle m’a dit tout cela, mais elle m’a ouvert les yeux.

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Dépendant affectif, qui suis-je vraiment ?

Voici ce que cette femme m’a dit et qui m’a fait un véritable électrochoc :

« Oui Loïc tu es un homme gentil, serviable, fiable, tu as des qualités énormes n’en doute pas. Mais tu as aussi et surtout développé, nourri et entretenu depuis toujours des émotions négatives à ton sujet, une mauvaise image de toi, une perception tronquée. Et du coup toutes tes relations sont biaisées.

Tu mets l’autre, la femme avec qui tu es, sur un piédestal. A ne jamais rien décider, rien vouloir, rien entreprendre, tu laisses l’autre responsable de tout, porter le poids de tout. Tu deviens alors un fardeau sans même t’en rendre compte.

C’est comme si rien ne te touchait, rien ne te concernait. Comme si tu avais sans cesse besoin de l’approbation de l’autre pour penser, agir, vivre. Comme un enfant qui attend qu’on l’autorise à jouer. Ce besoin de reconnaissance prend toute la place. Tu vis à travers l’autre, tu es dépendant d’elle, de la relation. Mais à force tu développes un rapport malsain sans t’en rendre compte.

Ce que tu ne comprends pas, c’est que dire tout le temps oui, ou attendre de l’autre un aval, c’est te dédouaner de tout. Tu n’as pas le droit de te positionner en victime alors que tu as choisi ce rôle de dépendant affectif. Les autres n’en sont pas responsables. Il n’y a pas de manipulation, c’est toi qui crées, inconsciemment certes, ce schéma. Si tu souhaites rester ainsi, tu ne peux pas l’imposer dans une relation. C’est un poids trop lourd à porter.

Si tu te sens bien ainsi, soit, c’est ton choix. Mais tu ne peux pas te nourrir ainsi des autres pour trouver un sens à ta vie. Tu vis par procuration, au travers du regard de l’autre, puisant la force que tu n’as pas en toi chez l’autre. Comprends-tu à quel point cela peut être usant ? Combien c’est déséquilibré ? »

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Dépendance affective dans le couple : comment en sortir ?

Cette conversation m’a servi de déclic. J’ai accepté le débat, la remise en question, le besoin de creuser. Si je répétais le même schéma, j’allais rester seul ou étouffer à nouveau une femme. Il fallait que je mette les choses au clair. Il y a des étapes pour sortir vraiment de la dépendance affective. Grâce à elle, mon « ange gardien », je me suis lancé dans un travail thérapeutique.

Voilà ce que j’ai compris.

Cette dépendance affective est étouffante, malsaine. Elle ne permet à aucun couple d’avancer sereinement. L’autre ne peut pas résoudre tous mes problèmes, guérir mes névroses, mes peurs ; seul moi peux le faire.

La preuve… Ma femme est partie. Elle ne pouvait plus assumer pour deux notre couple. Etre la seule à nous porter, à me rassurer tout en essayant d’avancer.

Personne ne peut porter le destin de quelqu’un d’autre. Alors c’est à moi d’agir ou de subir, mais sans créer de rapport affectif dépendant.

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La dépendance affective dans le couple a des origines, elle prend sa source quelque part.

Dans le passé, l’enfance, un traumatisme, une mauvaise construction de la confiance en soi. Il y a une raison. Même si c’est ma nature de me laisser vivre, il y a des limites. J’en ai pris conscience. Parfois il faut prendre une claque pour comprendre certaines choses.

Comprendre d’où ça vient, c’est me permettre de reprendre ma vie en main. D’arrêter de me cacher derrière quelqu’un d’autre en nourrissant mon complexe d’infériorité. C’est chose faite. J’ai compris le pourquoi du comment. Trouvé la source du problème. Il me reste maintenant à défaire des décennies de fausses certitudes. A me reconstruire en ayant confiance en moi et en me disant que la vie, ce n’est pas seulement attendre que ça passe, c’est vivre pleinement, en étant maître et acteur de son existence. J’espère juste qu’il n’est pas trop tard pour moi. »

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