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Une magnifique lettre d’amour de Victor Hugo à Adèle Foucher

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Une nouvelle lettre de Victor Hugo à la fameuse Adèle… Petit rappel : Adèle est une amie d’enfance de Victor Hugo dès 1809 (son père Pierre Foucher, greffier au Tribunal à Paris, est un ami des parents de Victor Hugo). Elle épousera Hugo le 12 octobre 1822, en, trois ans et demi après leurs fiançailles et malgré la réticence des parents respectifs.

Une magnifique lettre d’amour de Victor Hugo à Adèle Foucher

1820

Samedi soir (janvier).

Quelques mots de toi, mon Adèle chérie, ont encore changé l’état de mon âme. Oui, tu peux tout sur moi, et demain je serais mort que j’ ignore si le doux son de ta voix, si la tendre pression de tes lèvres adorées ne suffiraient pas pour rappeler la vie dans mon corps.

Combien ce soir je vais me coucher différent d’hier !
Hier, Adèle, toute ma confiance dans l’avenir m’avait abandonné, je ne croyais plus à ton amour, hier l’heure de ma mort aurait été la bienvenue. Cependant, me disais-je encore, s’il est vrai qu’elle ne m’aime pas, si rien dans mon âme n’a pu me mériter ce bien de son amour sans lequel il n’ y a plus de charme dans ma vie, est-ce une raison pour mourir ?

Est-ce que c’est pour mon bonheur personnel que j’existe ? Oh non ! Tout mon être lui est dévoué, même malgré elle. Et de quel droit aurais-je osé prétendre à son amour ? Suis-je donc plus qu’un ange ou qu’un dieu ?

Je l’aime, il est vrai, moi, je suis prêt à tout lui sacrifier avec joie, tout, jusqu’à l’espérance d’être aimé d’elle, il n’y a pas de dévouement dont je ne sois capable pour elle, pour un de ses sourires, pour un de ses regards ; mais est-ce que je pourrais être autrement ? Est-ce qu’ elle n’ est pas l’unique but de ma vie ? Qu’elle me montre de l’indifférence, de la haine même, ce sera mon malheur, voilà tout.

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Qu’ importe, si cela ne nuit pas à sa félicité !

Oh ! Oui, si elle ne peut m’ aimer, je n’en dois accuser que moi. Mon devoir est de m’attacher à ses pas, d’environner son existence de la mienne, de lui servir de rempart contre les périls, de lui offrir ma tête pour marchepied, de me placer sans cesse entre elle et toutes les douleurs, sans réclamer de salaire, sans attendre de récompense. Trop heureux si elle daigne quelquefois jeter un regard de pitié sur son esclave et se souvenir de moi au moment du danger !

Hélas ! Qu’elle me laisse jeter ma vie au-devant de tous ses désirs, de tous ses caprices, qu’elle me permette de baiser avec respect la trace adorée de ses pieds, qu’elle consente à appuyer parfois sa marche sur moi dans les difficultés de l’existence, et j’aurai obtenu le seul bonheur auquel j’aie la présomption d’aspirer.

Parce que je suis prêt à tout lui immoler, est-ce qu’elle me doit quelque reconnaissance ? Est-ce sa faute si je l’aime ?

Faut-il qu’ elle se croie pour cela contrainte de m’aimer ? Non, elle pourrait se jouer de mon dévouement, payer de haine mes services, repousser mon idolâtrie avec mépris, sans que j’eusse un moment le droit de me plaindre de cet ange, sans que je dusse cesser un instant de lui prodiguer tout ce qu’ elle dédaignerait.
Et quand chacune de mes journées aurait été marquée par un sacrifice pour elle, le jour de ma mort je n’ aurais encore rien acquitté de la dette infinie de mon être envers le sien.

Hier, à cette heure, mon Adèle bien-aimée, c’étaient là les pensées et les résolutions de mon âme.
Elles sont encore les mêmes aujourd’hui, seulement il s’ y mêle la certitude du bonheur, de ce bonheur si grand que je n’y pense jamais qu’en tremblant de n’oser y croire.

Il est donc vrai que tu m’aimes, Adèle !

Dis-moi, est-ce que je peux me fier à cette ravissante idée ?
Est-ce que tu crois que je ne finirai pas par devenir fou de joie si jamais je puis couler toute ma vie à tes pieds, sûr de te rendre aussi heureuse que je serai heureux, sûr d’ être aussi adoré de toi, que tu es adorée de moi ?

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Oh ! Ta lettre m’a rendu le repos, tes paroles de ce soir m’ont rempli de bonheur.
Sois mille fois remerciée, Adèle, mon ange bien-aimé.
Je voudrais pouvoir me prosterner devant toi comme devant une divinité.
Que tu me rends heureux ! Adieu, adieu.
Je vais passer une bien douce nuit à rêver de toi, dors bien et laisse ton mari te prendre les douze baisers que tu lui as promis et tous ceux que tu ne lui as pas promis.

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