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Mon enfant a une belle-mère : Comment gérer ?

Mon enfant a une belle-mère : Comment gérer ?

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Depuis quelques temps maintenant, mon fils a un nouveau modèle féminin dans sa vie, avec qui il passe un weekend sur deux et la moitié des vacances scolaires quand il est chez son père. En effet depuis plusieurs mois, le père de mon fils a une nouvelle compagne et donc mon enfant a une belle-mère.

Ce que j’ai ressenti en l’apprenant

Je suis passée par plusieurs phases, plusieurs émotions ; la curiosité d’abord, la jalousie c’est vrai puis la crainte que ce ne soit qu’une femme de plus, une parmi tant d’autres, susceptible d’être présentée à notre fils.

A ce sujet, je ne pense pas que ce soit un comportement exclusivement masculin ou féminin, mais mon ex et moi ne fonctionnons pas de la même façon. Même s’il est évident qu’on ne peut pas savoir à l’avance si la nouvelle relation qu’on entame sera durable, si la personne rencontrée sera la bonne, je garde un recul important face à cela. Depuis ma séparation, j’ai fait le choix de ne pas présenter d’homme à mon fils avant de voir si une histoire était réellement engagée et viable sur la durée, et  je trouve cela trop rapide de présenter son enfant après à peine quelques semaines ou quelques mois de relation.

C’est un choix que j’assume, je ne me vois pas faire autrement même si cela dépend de chacun de se sentir à l’aise, prêt, plus ou moins sûr de lui et de la personne qui partage sa vie depuis peu de temps. Le père de mon fils a fait ce choix de présenter plusieurs femmes depuis notre séparation après quelques mois de relation. Voyant que cela posait question à mon fils la seconde fois, je lui ai demandé de me tenir informée pour la fois suivante et de mieux préparer notre fils. Et nous avons convenu ensemble que le jour où l’un de nous referait sa vie, au point que notre fils partage une partie de son quotidien avec une belle-mère ou un beau-père, nous ferions « les présentations ».

En effet, contrairement aux fois précédentes, là c’est différent. Le père de mon fils et sa compagne  vivent ensemble, et ils semblent avoir des projets concrets d’avenir.

Aujourd’hui, mon fils a un nouveau modèle féminin dans sa vie, avec qui il parle, joue, partage le quotidien, les jeux, des câlins aussi. Quatre jours par mois plus la moitié des vacances scolaires, il partage, échange, vit avec elle. L’écrire me fait relativiser, c’est peu au final, je sais. Ce que j’ai moins relativisé au début ? La tendresse, l’affection qui la lie chaque mois un peu plus à mon fils. Les bisous, les câlins, les mots pour le rassurer. La première fois qu’il m’en a parlé, j’ai senti les larmes me monter aux yeux…

Instinct maternel ? Jalousie ? Instinct de protection ? Je ne sais pas, je n’ai pas contrôlé, sûrement un mélange de tout cela…

Depuis, mes première émotions très primitives se sont estompées, grâce au fait de l’avoir rencontrée et au ressenti de mon fils.

J’ai rencontré la belle-mère de mon fils

Ai-je eu raison d’accepter cette rencontre ?

Je ne m’imagine pas savoir mon fils avec une étrangère, disons une femme que je connais pas du tout, qui n’est qu’un prénom abstrait sur lequel je suis dans l’incapacité de mettre un visage. Je ne voulais pas être perdue et ne pas comprendre ce que mon fils me racontait en rentrant un dimanche soir sur deux. Alors cette rencontre m’a semblé la meilleure option. Oui, cela m’a semblé sain et naturel de connaître le visage de celle qui allait à présent jouer un rôle dans la vie de mon petit garçon, de me faire une idée, d’avoir mon propre ressenti. Et de briser la glace tout simplement. D’ailleurs, mon fils le réclamait à son père depuis quelques semaines, cela semblait donc évident de la  rencontrer.

La rencontre s’est bien passée. Rapide et simple certes mais courtoise, pas froide, presque conviviale même. J’ai voulu paraitre sûre de moi devant mon fils pour qu’il ne ressente que des ondes positives, et au final je crois que c’était la meilleure chose à faire, le sixième sens de mon fils était en alerte !

En pratique, c’est une bonne chose car je préfère savoir le père de mon fils à nouveau stable dans sa vie sentimentale ; cela a des répercussions importantes dans son quotidien et son implication avec notre fils.

Avoir en face de soi une femme qui partage dorénavant la vie de son ex et, certains weekends et une partie des vacances, celle de son fils, peut paraitre assez déroutant. Il n’est pas question de devenir des amies, ni même d’entretenir un lien quelconque, mais je ne voyais pas l’intérêt de m’en faire une ennemie sans raison. Elle est arrivée dans la vie de mon ex longtemps après notre séparation, elle  entretient une relation saine avec lui et s’occupe bien de mon petit garçon quand il est avec elle. C’est tout ce qui compte à mes yeux. Elle n’a rien de la marâtre que j’aurais pu craindre, et surtout, elle sait rester à sa place de belle-mère, ne cherchant pas à prendre le rôle de maman auprès de mon enfant.

Le ressenti de mon fils est mon baromètre et le savoir à l’aise avec elle quand il est chez son père est ma priorité.

Pour beaucoup de familles recomposées, cette étape est compliquée, avec des enfants qui rejettent belle-mère ou beau-père par peur, méfiance ou jalousie, ou qui ont la malchance ou le malheur de tomber sur un beau-parent qui fait preuve de jalousie, de désintérêt, ou qui fait des différences entre ses enfants et ceux de son nouveau conjoint.

Il existe plein de cas de figures, que ce soit de la responsabilité directe des adultes ou à cause des émotions d’un enfant perdu, qui ne trouve plus sa place après avoir connu ses parents ensemble puis séparés, la famille monoparentale puis cette nouvelle famille recomposée.

C’est une étape qui peut être compliquée, voire même douloureuse ou traumatisante et je suis heureuse que cela se soit passé plutôt sereinement pour mon fils.

Le bonheur de mon fils avant tout

Mon fils a donc une gentille belle-mère (une BM comme on dit), il n’est pas jaloux du lien entretenu entre son père et sa compagne,  et  le vit même  plutôt sereinement depuis le début.

Mon fils l’aime bien. C’est rassurant, c’est le principal, je me répète cela comme un mantra. Son bien-être est évidemment essentiel et savoir qu’il va chez son père sans appréhension me soulage.

« Je l’aime bien, oui, elle est gentille. Tu es jalouse maman ? Mais tu sais c’est toi que j’aime du plus profond de mon cœur plus que tout et c’est toi ma maman, elle ce n’est pas pareil !»

La maman fusionnelle et peut-être ultra protectrice que je suis a pris du recul, relativise, se sermonne et fait taire son option maman animale en faisant confiance à l’instinct de son fils.

On ne peut pas revenir en arrière, d’ailleurs je ne le souhaite pas, il faut assumer les décisions prises et accepter que les choses évoluent ; que la vie de mon fils soit autant liée à la mienne qu’à celle de son père.

C’est sûrement le plus étrange au départ, le plus difficile à accepter, à appréhender d’une certaine façon, de se dire que notre enfant, encore petit, a une autre vie sans nous, loin de nous, quand il est avec son père. Qu’il se crée des souvenirs dont nous ne faisons pas partie, rencontre des personnes que nous ne connaissons pas, et vit un vie parallèle et complémentaire à celle qu’il partage avec nous.

L’arrivée d’une tierce personne dans sa vie, de sa belle-mère, donne vraiment tout son sens à ce constat, cela met en exergue ce ressenti et confirme cette nouvelle réalité.

Cela me faire prendre conscience du courage et de la faculté incroyable d’adaptation de mon petit garçon, et de milliers d’autres enfants, qui acceptent une belle-mère ou un beau-père, s’adaptent à de nouveaux modèles familiaux, alors qu’ils n’ont rien demandé, qu’ils n’ont pas choisi.

Mon fils aura toujours sa maman et son papa, mais aujourd’hui, comme il le dit lui-même, il a deux familles. Distinctes l’une de l’autre, même s’il en demeure le lien concret, même si notre ancienne famille perdure, d’une certaine manière, à travers lui. Mais chacune de leur côté, ses deux familles se créent autour de lui, avec lui et grâce à lui, avec, au fil du temps, leurs habitudes, leurs souvenirs et leur mode de vie.

Papa, maman, beau-père, belle-mère, peu importe, car l’important, celui qui est l’élément fédérateur et qui mérite d’être heureux au milieu de ce nouveau modèle familial, c’est mon fils.

Ce sont nos enfants. Vos enfants.

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