Parler d'Amour
La dépendance dans le couple

La dépendance dans le couple

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Mes chères,

 Souvent dans un couple, une hiérarchie est vite installée. Lorsqu’elle est mise en place, il est malheureusement impossible de s’en défaire, car elle devient l’essence même de ce qui constitue votre couple. Cela s’apparente totalement à la dépendance d’un individu à son alter-ego. Chacun se construit et évolue dans le couple selon ce rapport de force, établi consciemment ou non.

 Lorsque la dépendance n’est pas réciproque, c’est alors que vous assistez à la construction d’un rapport de force. Mais comment ce rapport de force prend-il naissance dans un couple ?

 C’est souvent la fascination de l’un envers l’autre qui l’amène à s’assujettir, par un phénomène d’admiration excessive. Manque de confiance en soi, peur de perdre l’autre, jalousie maladive, sont autant de réponses à apporter à ce phénomène.

Une dépendance s’installe alors. C’est à vous de comprendre que la dépendance, dans un couple ou non, quelles que soient les relations qui l’entraînent, n’a strictement rien qui tende à être ou à devenir de l’amour. L’épanouissement personnel dans le couple, ou dans la relation à deux (ici nous nous concentrerons sur le couple) est impossible, car il ne se base que sur la perception faussée de l’autre et de soi-même. Si vous mettez l’autre sur un piédestal, toutes vos réactions  vous amèneront progressivement à la destruction de votre couple.

Vous vous placerez automatiquement et certainement malgré vous dans le rôle du faible, afin de répondre éternellement à cette fascination, et dans l’optique aussi de pouvoir continuer à regarder l’autre comme étant supérieur à vous.

Vous êtes non seulement fascinée par l’autre, mais vous êtes surtout fascinée par vos statuts respectifs dans le couple, que vous souhaiterez conserver afin d’être rassurée sur la base solide de votre couple. Vous pensez en effet que c’est grâce à ces statuts mis en place que le couple avance.  Que la hiérarchie qui s’est installée donne un équilibre à votre couple. Ce n’est évidemment pas le cas. Pour qu’un couple soit rythmé positivement, et équilibré sainement, la dépendance ne doit pas faire partie du champ lexical de votre amour (c’est d’ailleurs deux mots contradictoires), mais surtout, la hiérarchie doit certes exister, mais doit s’alterner en permanence.

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 Il y a un caractère pré établi dans ce rapport de force. Cela deviendra pour vous l’unique moyen de garder l’autre, car la relation évoluera dans le sens que vous lui donnerez. En effet, assez étrangement, dans ce type de relation caractérisées comme néfastes, plus que simplement malsaines, c’est la personne « faible » qui donne le ton du couple. C’est elle qui place l’autre dans un rôle qui ne lui appartient décemment pas. C’est elle qui conditionne l’humeur du couple. La personne ne se perçoit alors que de la manière dont elle pense qu’elle est perçue. Le pire étant évidemment qu’elle a le sentiment d’être réellement faible, indépendamment de sa vie de couple. Le conditionnement de son statut est enclenché.

 En face, deux réactions sont alors envisageables par la personne qui tient le rôle magistral de la relation, encore une fois consciemment ou non :

 Le rejet. Car il ou elle se trouvera lassé de ce lien destructeur qui vous unit, et par cette peur qui vous anime.  Une incompréhension de cette fascination qu’il trouverait inexplicable est alors installée. Par cette fascination, vous arriverez certainement à un stade d’épuisement moral qui vous amènera à reprocher à l’autre de profiter de la hiérarchie qu’il aurait, selon vous, lui même installée.

 La deuxième réaction possible par l’autre est de jouer du rôle dont il jouissait jusqu’alors, malgré lui. Dans ce cas, le caractère malsain de la relation est à son apogée. Il profitera alors de la faiblesse dans laquelle vous vous recroquevilliez afin d’en faire son avantage totalement dans votre couple.

(Cela dit, ici le mot « recroqueviller » est employé, mais la faiblesse dans cette dépendance peut aussi être vécu différemment, notamment l’exubérance).

  Dans Fragments d’un Discours amoureux, de Roland Barthes, qui s’avère être la Bible des relations amoureuses selon moi, il y définit la dépendance: « Dépendance : figure dans laquelle l’opinion voit la condition même du sujet amoureux, asservi à l’objet aimé. » Il est également précisé : «Si j’assume ma dépendance, c’est qu’elle est pour moi un moyen de signifier ma demande : dans le champ amoureux, la futilité n’est pas une faiblesse, ou un ridicule : elle est un signe fort : plus c’est futile, plus cela signifie et plus cela s’affirme comme une force ».

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