Parler d'Amour
La chieuse au boulot

La chieuse au boulot

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La chieuse aime se rendre au travail. Le bureau est un terrain qui lui offre de vastes possibilités. Tout d’abord parce que c’est un lieu qui grouille de monde, un petit monde qu’elle connaît bien. Elle s’y sent à sa place car elle peut y exercer sa chieusitude avec talent.

La chieuse n’est pas stupide. Elle sait avec qui elle peut se permettre de chieuser et avec qui elle ne peut pas. Elle fait toujours en sorte d’avoir de bonnes relations avec son patron et autres supérieurs; ça lui laisse le champ libre pour embêter les autres collègues.

Et comme ses supérieurs l’ont à la bonne, la chieuse se plaît à arriver régulièrement en retard. Mais attention, elle sait doser. Un quart d’heure par-ci, cinq minutes par-là, une heure une fois tous les deux mois (avec excuses en béton préparées à l’avance), juste assez pour énerver ses collègues. Et quand elle se pointe en plein rush, elle a le bon goût de souligner les petits détails qui font plaisir: “Alors, Marina, bientôt les vacances? Ça va te faire un bien fou, j’ai pas raison? Si tu veux en attendant je peux te conseiller un anti cernes é-pous-tou-fflant!”.

La chieuse, c’est aussi cette femme qui, au boulot, récupère les dossiers que les autres n’ont pas su gérer.

– Personne n’est infaillible, pas vrai Hervé? Ne t’inquiète pas, je vais prendre soin de tes clients. Je leur dirai que tu es nouveau ici, ils comprendront.

– Je suis ici depuis 7 ans.

– Il n’en sauront rien, promis. (*Clin d’œil appuyé de la chieuse qui donne à Hervé l’envie soudaine et irrésistible de la défenestrer*)

La chieuse n’est pas une feignasse. C’est simplement qu’elle a souvent des facilités que les autres n’ont pas. Cela lui permet de bosser plus vite que la moyenne et de se garder du temps pour: aller sur Facebook, passer des appels privés, partager des ragots avec les (rares) collègues qui l’apprécient. Sa spécialité? Se moquer de la dernière personne sortie de son champ de vision. Et encore! Parfois elle n’a pas la patience d’attendre.

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J’ai eu moi-même l’occasion de travailler avec une chieuse. Dans sa ligne de mire: un pauvre petit stagiaire à lunettes rondes, empoté mais excessivement poli et serviable. Pour dire bonjour, il tendait une main rigide et se penchait en donnant l’impression de serrer les fesses. A peine avait-il tourné les talons que la chieuse se sentit le devoir de m’informer sans prendre la peine de chuchoter: “Celui-là je l’appelle Harry Potter. Il a tout pour plaire; les lunettes de vioc et le balais dans le derrière.”

Parfois, la chieuse est plus délicate et ne ressent pas forcément le besoin de critiquer son monde. Elle croit juste que tout lui est dû. Son bureau est une résidence secondaire où elle entrepose plein d’affaires qui n’ont rien à voir avec son job: brosse à dents, photos de Rodolphe (l’amour de sa vie), photos de son arrière petite nièce, chargeur de portable, trousse à maquillage et pourquoi pas glacière, sacs de shopping de la veille, vernis à ongles et Télé 7 jours. Par ailleurs, elle estime toujours qu’elle n’est pas assez payée pour le travail qu’elle effectue et ce même si elle a reçu une prime à faire mourir de jalousie sa collègue Valérie. Et évidemment, c’est à Valérie elle-même qu’elle aime s’en plaindre.

Mais la chieuse sait aussi faire en sorte que ses collègues ne lui veuillent pas trop. Elle ne veut pas que le monde entier lui tourne le dos non plus, alors elle sait se rattraper… ou presque. “Allez, viens Valérie je t’invite à déjeuner. Mais pas à Hippopotamus, hein, c’est mauvais pour ton régime!”.

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Et vous? Avez-vous déjà travaillé avec une chieuse?

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