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Adultère: avouer ou non?

Adultère: avouer ou non?

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Tous les mecs avec qui je suis sortie m’ont avoué avoir eu des aventures extraconjugales avant de me rencontrer. Bel aveu, belle honnêteté… Quoi que… On n’a pas forcément envie de le savoir en réalité. Les questions sous-jacentes sont les suivantes : Que veut-il me dire sous cette transparence ? Me prévenir de ne pas m’inquiéter si je le retrouve dans notre lit avec une autre ? Me jurer que ça, c’était avant, qu’il n’était pas comblé dans sa relation précédente, mais qu’avec moi, c’est différent ? Peut-être ne veut-il rien dire du tout si ce n’est me conter son passé glorieux.

J’ai trompé une fois deux de mes ex et les deux fois je me suis sentie lamentable et piteuse. Qu’ai-je fait ?

La première fois, j’ai opté pour l’honnêteté … Soi-disant. Parce que, ce qu’on appelle « honnêteté» dans ces moments-là, n’est qu’un rejet de sa propre culpabilité. On pleure, on supplie de nous pardonner comme un enfant qui a commis une grosse bêtise. Depuis que je l’avais trompée, je n’arrivais plus à être comme avant. Je me sentais sale et honteuse. J’avais besoin de lui dire, surtout pour être bien avec moi-même. Mais, ce qui se passe une fois la terrible annonce finie, c’est que le poids que nous supportions pèse désormais sur l’épaule de notre ami. Et ça, c’est ce qu’on appelle de l’égoïsme. Au final, la relation amoureuse finie toujours, un moment ou un autre, par se détériorer à cause de cet aveu. Cela en valait-il la peine ? Tout ça pour un pauvre mec qui nous a plu sur le moment mais dont on en n’a strictement rien à faire ?

La deuxième fois, je l’ai quitté. Après réflexion, je me suis dit que si j’avais eu cette aventure avec cet « Autre », c’est tout simplement parce que je n’aimais plus mon compagnon. Après trois ans de relations, je n’avais jamais commis le moindre écart. Seulement, trois/quatre mois avant cet écart, je me rendais compte qu’il me plaisait moins, voire plus du tout. Il ne me manquait plus lorsque j’étais loin de lui, et ne me satisfaisait plus par sa présence. Cet écart a résonné comme une alarme dans ma tête. C’était l’heure de la rupture. Je ne lui ai jamais dit que je l’avais trompé. Pourquoi lui faire encore plus de mal ? Je ne suis pas masochiste.

Autrement, deux de mes amies proches trompent leurs copains respectifs, de temps en temps. Mais ne leur avoueront jamais.

Alors lorsque l’on commet un adultère, faut-il l’avouer ou non ?

Une certaine chanson de Guy Martel a pour seul refrain « n’avoue jamais, jamais, jamais… » quand un célèbre proverbe français nous répète  « faute avouée est à moitié pardonnée ». Deux écoles s’affrontent, laquelle choisir ?

Je vous épargnerai toutes les théories bio-sociales redondantes qui vous expliquent par A + B les désirs et les pulsions des hommes et des femmes. Parce qu’au final, ça ne répondrait en rien à notre question. Le tout est d’être en accord avec soi-même dans le choix d’avouer ou non l’adultère mais surtout d’avoir assez de recul pour appréhender la réaction de son partenaire et les conséquences probables que tout ça aura sur votre couple.

Il me semble que vous trouverez la réponse à cette question en vous interrogeant sur le contrat moral que vous avez passé avec votre copain. Où avez-vous posé les limites ? Jusqu’où avez-vous le droit d’aller ?

Demandez-vous également ce que vous cherchez en faisant cet aveu et surtout pourquoi vous avez commis l’adultère . Etait-ce sérieux et de longue durée ou n’était-ce qu’un écart pulsionnel ? Si l’infidélité a été accidentelle, votre ami aura moins de mal à vous pardonner. Toutefois, la confiance qu’il avait placée en vous risque d’en prendre un coup. Et là, ce sera à vous de le reconquérir et de lui prouver que jamais plus vous ne recommencerez. Avant d’avouer, il faut être sûre de pouvoir en assumer les conséquences, et c’est souvent ce qu’on oublie d’anticiper.

Le « souci » dans tout ça, c’est qu’une histoire d’amour (ou non) extraconjugale, a le terrible pouvoir de nous faire connaître des moments incroyables, peut-être même les plus intenses de notre vie, des instants d’extases gravés à tout jamais, aussi courts eussent-ils été. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de moment « d’absence », de moments hors du temps, loin de tout le quotidien. Faire l’amour dans le lit conjugal et braver l’interdit dans les bras d’un autre n’ont pas le même goût. L’un est pur et sentimental, l’autre fougueux et violent. Mais souvent, la note à payer est salée.

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Les conseils que j’ai à vous donner (et qui ne sont que des conseils)

Vous avez trompé votre ami « accidentellement »

C’était la première fois que vous succombiez aux charmes d’un autre. En vous réveillant, vous vous êtes sentie habitée par un démon nommé Culpabilité. Vous l’avez supplié de vous laisser tranquille mais il en faut plus que ça à Culpabilité qui avait décidé de vous pourrir la vie. Je ne vais pas vous féliciter d’avoir trompé votre chéri mais ce qui est arrivé est arrivé. Peut-être même que cet acte vous a permis de vous rendre compte de l’amour intense que vous portez à votre partenaire.

Selon moi, dans ce cas précis, avouer c’est courir au suicide de votre couple. Parce que la confiance sera brisée, peut-être votre copain souhaitera se venger et que vous souffrirez comme jamais. Peut-être même qu’il vous quittera sur le champ. Déculpabilisez. Vous avez passé la nuit avec un autre, vous y avez pris du plaisir (peut-être même pas !), et aujourd’hui vous parcourez les forums à la recherche d’une âme charitable qui saura vous comprendre. Si vous avez conscience que c’est un manque de respect vis-à-vis de l’autre, que vous ne voulez plus jamais réitérer la chose, que vous aimeriez effacer cet instant de votre esprit, que vous aimez sincèrement votre partenaire, vous n’avez plus de raison de culpabiliser. Chacun a le droit à une petite part de jardin secret, le vôtre vient de gagner un peu de terrain. Faire pénétrer l’autre dans son jardin est une très mauvaise idée si vous tenez à lui. Oui, vous vous rappelez ce jour où vous vous étiez promis confiance et fidélité, yeux dans les yeux,  joues collées à vos oreillers respectifs et sourires jusqu’aux oreilles. Ce jour où vous vous étiez promis de vous le dire si un jour, l’un ou l’autre ferait un écart (et Oh que cela était impensable en réalité à cette époque !). Il y a des actions dans nos vies sur lesquelles on n’a pas le contrôle, des événements qui arrivent et repartent aussi vite mais qui ont réussi en quelques heures à semer la zizanie totale. Ne gâcher par votre vie pour des obstacles si peu importants.

J’ai connu ce sentiment et je sais à quel point il est désagréable, à quel point il hante nos nuits, nos journées, nos pensées. Dédramatiser est la seule possibilité pour évitez l’aveu quant à lui dramatique. Pesez bien le pour et le contre. Une fois que vous aurez déchargé votre culpabilité sur l’autre, vous serez soudain éprise d’un affreux remord. Et vous ne pourrez plus faire marche arrière, la machine sera enclenchée et vous risquerez de tout perdre.

Vous trompez régulièrement votre ami

Votre infidélité prend la forme de « phases » où vous ne pouvez vous empêcher d’aller voir ailleurs. On pourrait presque parler de pathologie. Cette envie de toujours séduire et d’être séduite causera la perte de votre couple. Aimez-vous réellement votre partenaire ? Si oui, le seul conseil que je vous donnerai, serait de lui avouer, de lui expliquer que c’est plus fort que vous et d’accepter d’aller ensemble consulter un médecin capable de définir l’origine de ce besoin de désir extérieur.

Si non, que faites-vous encore avec lui ?

Vous entretenez une double-vie

Ecrivez sur un papier quelles sont les raisons de cette double-vie et ensuite, quelles sont les raisons qui vous poussent à rester avec votre partenaire actuel. La plupart du temps les raisons sont le mariage, les enfants, le confort familial en général ou tout simplement une lassitude pesante. Ne croyez-vous pas que vous passez à côté de votre vie sentimentale juste pour répondre à une idéologie à laquelle vous ne croyez même plus vous-même ?

Soit vous avouez à votre partenaire et il décidera très certainement pour vous de ce que vous devez faire.

Soit vous avouez à votre partenaire et il acceptera d’être la bonne poire qui vous attendra le soir lorsque vous rentrerez de vos ébats amoureux. Eh oui, ça arrive. Mais je doute que vous soyez réellement satisfaite de la situation.

Soit vous continuez : vous vous sentez parfaitement bien dans cette relation et votre égoïsme, votre peur ou encore, votre hésitation vous obligent à ne pas trancher. Vous avez le confort quotidien et la sexualité et la passion assez souvent pour vous détendre.

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1 comment

  • Bravo Léa !

    Les conseils proposés dans cet article sont plein de bon sens 🙂

    En ce qui me concerne, je dirais pour résumer :
    – Qu’il est presque toujours préférable de ne rien dire.
    – Sauf si la culpabilité l’emporte et qu’il y a toujours de vrais sentiments dans le couple.

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