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Faire un bébé toute seule : Ces femmes qui font ce choix

Faire un bébé toute seule : Ces femmes qui font ce choix

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« Faire un bébé toute seule »

Par Audrey

« On se fait une promesse. Si, à 30 ans, je n’ai pas trouvé un homme avec qui faire ma vie, et toi une femme à aimer, on fait un bébé ensemble ! »

Le cap des 30 ans… Je me souviens de ce pacte fait avec humour, on avait l’impression d’avoir tellement de temps devant nous, et cette envie de maternité n’était pas vraiment là, alors il n’y avait pas d’urgence. Il me restait encore quelques années avant de passer le cap de cette dizaine. Mon horloge biologique s’est mise en route un peu avant et j’ai eu de la chance. Pas besoin de pacte, de bébé fait toute seule, j’ai rencontré à l’aube de mes 30 ans celui qui allait devenir le père de mon fils. Pas l’homme de ma vie hélas mais l’homme de cette promesse, celui qui allait m’offrir le plus beau des cadeaux, le plus inestimable qui puisse exister. Alors aujourd’hui nous sommes certes séparés, je suis une maman solo comme des milliers d’autres, mais j’ai la chance d’avoir fait un bébé à deux, avec amour et de ne pas avoir connu le tic-tac de mon horloge biologique qui m’avertit du temps qu’il me reste avant mes 40 ans.

Mais cette réalité, beaucoup de femmes célibataires trentenaires et jeunes quadras la vivent. Une de mes amies est dans cette situation et son célibat lui pèse depuis peu à cause de son envie de maternité.

Doit-elle sacrifier cette envie à cause de son célibat ? Est-ce égoïste de faire un enfant toute seule ? Est-ce une preuve de maturité, au contraire, d’un certain bon sens ? Ou est-ce une mauvaise idée d’envisager de créer, solo, sa famille ?

Alors que notre époque connaît des bouleversements importants au niveau des modèles familiaux, qu’en est-il de cette réalité-là ?

Aujourd’hui, il existe beaucoup de familles monoparentales, recomposées ou avec deux parents du même sexe. On ne compte plus les séparations et les divorces, et le nombre de parents solos qui se partagent la garde ou élèvent seuls leurs enfants, a explosé. Les modèlent ont changé, les mœurs ont évolué au rythme de notre société qui a connu d’importants bouleversements des repères familiaux et sociaux, de ces anciens modèles traditionnels.

Un divorce, se déchirer pour la garde de ses enfants, assumer solo face à un parent démissionnaire, c’est devenu tristement banal. Et pourtant ce n’est pas anodin. Cela crée des couples qui se déchirent, des enfants qui souffrent, des situations douloureuses et chaotiques. Mais cela donne aussi, et heureusement, la possibilité de sortir d’une union destructrice ou en tout cas plus du tout épanouissante et d’offrir un meilleur équilibre de vie à ses enfants. Quoi qu’on fasse, nos enfants seront hélas toujours témoins et victimes innocentes de nos choix. A nous de ne pas en faire des otages, de ne pas se servir d’eux pour régler nos problèmes d’adultes.

Alors c’est une réalité, beaucoup d’enfants grandissent et se construisent dans différents modèles de cocons familiaux. Rien ne prouve que ces nouveaux modèles ont des conséquences néfastes sur l’épanouissement des enfants. Tant que l’amour est là et que leur bien-être est une priorité, alors la meilleure cellule familiale n’est pas forcément celle de la famille traditionnelle (« papa, maman, une maison, un frère ou une sœur et un chien ») c’est même parfois dans un nouveau modèle que l’on trouve les familles les plus heureuses.

Il n’y a pas de vérité universelle, de modèle familial parfait. Alors oui la plupart du temps on ne choisit pas d’être maman solo d’emblée, on le devient par la force des choses.

 Qu’en est-il de ces femmes qui font le choix de faire un bébé seule ?

Certaines taisent la vérité au géniteur ou passent un accord pour la reconnaissance ou non du bébé, d’autres ont recours au don de sperme. Dans les deux cas elles décident d’avoir un bébé et de se créer leur propre famille. Doit-on les féliciter ou au contraire les mettre en garde ? D’ailleurs, pourquoi serait-ce un acte jugé ?

Le corps de la femme a toujours été sujet à des jugements et des interdictions au fil des siècles et ce encore aujourd’hui. Notre corps, par le biais de la sexualité et de la maternité, ne nous a jamais totalement appartenu. Droit de cuissage, devoir conjugal, objet de harcèlement, agression ou viol, droit à l’avortement, le corps féminin est toujours l’objet des agressions extérieures et de la domination masculine, du jugement de la société que ce soit social, médical, religieux ou politique.

Notre corps nous appartient et pourtant les décisions qui s’y rapportent sont toujours sujettes à controverse. Notre ventre et notre utérus sont nôtres mais ce rôle de donner la vie fait de nous, paradoxalement, des êtres à la fois superpuissants et vulnérables. On se bat depuis des siècles pour le droit de disposer de notre corps, pour notre liberté sexuelle, pour le droit à l’avortement.

Qu’en est-il aujourd’hui du droit de faire un enfant seule quand tous les voyants biologiques sont en alerte et que le temps qui passe devient un ennemi pour le corps féminin ? Quand l’envie d’être mère est là mais qu’il n’y a pas d’homme pour remplir le rôle de père ?

Y’a-t-Il une bonne ou une mauvaise décision ?

Partant du principe que chacune a le droit de disposer de son corps comme elle l’entend ? Doit-on dépendre d’un homme pour faire un enfant ? Disposer de son corps c’est une chose, mais prendre la responsabilité d’un enfant ?

Élever un enfant seule, ce n’est pas facile on ne va pas se mentir, beaucoup de mamans solos peuvent en témoigner. Mais c’est parfois mieux d’avoir un parent solo qu’un ersatz de famille.

Je pense que si on nous demande notre avis nous avons tous une réponse plus ou moins impulsive ou réfléchie à donner à cette interrogation. Un avis, pas un jugement de valeur. Personne n’a le droit de juger, encore moins une situation qu’il ne connaît pas, qu’il n’a pas vécu.

J’ai donné mon avis  à mon amie puisqu’elle me l’a demandé.

Va-t-elle faire un bébé toute seule ou renoncer à son envie de maternité ? Si elle se lance, cette décision est-elle la bonne ? Cela ne va-t-il pas lui compliquer la vie, l’enfermer dans un rôle de maman solo, la condamner au célibat et aux jugements hâtifs ? Autant de questions qu’elle se pose, que d’autres se posent.

Mais pour l’avoir ressenti au plus profond de moi, je sais combien peut être puissant le désir de maternité quand il se réveille et combien peut être fort l’instinct maternel. Rien ni personne à mon sens, ne peut contrôler cet élan naturel chez beaucoup de femmes. Je n’ai pas dit toutes. Au même titre que certaines femmes ne s’imaginent pas sans enfants, d’autres ne se voient pas mères. C’est une réalité tout aussi jugée mais c’est courageux de ne pas faire d’enfants par obligation, pour être dans la norme.

Dès qu’on sort de cette norme établie, de la tradition bienséante, bienpensante, on est de toute façon montré du doigt. Mais les mœurs évoluent, c’est un fait : avec la réalité des modes de fonctionnement et des modèles familiaux actuels (divorces, remariages, familles monoparentales, recomposées, parents de même sexe) et l’évolution du droit des femmes à disposer de leur corps (avec le droit à l’avortement, les techniques de procréation médicalement assistée et dans certains pays, les mères porteuses).

J’entends déjà certains hommes brandir l’argument « Et nous alors on fait comment ? » C’est vrai, qu’en est-il en effet de l’envie de paternité non assouvie de certains hommes parce qu’ils sont célibataires et que la nature ne leur a pas donné cette opportunité, cette chance de devenir père, sans l’aide d’une mère ? C’est un autre débat, dans lequel on peut parler de mères porteuses, d’adoption, mais il est encore une fois intrinsèquement lié au rôle de procréation réservé, naturellement, à la femme.

Une question en soulève forcément une autre dans ce genre de débat, mais concrètement, aujourd’hui, qu’en est-il du droit à faire un bébé toute seule, à devenir volontairement une maman solo ?

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