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Deux témoignages bouleversants de victimes de manipulateurs en amour

Deux témoignages bouleversants de victimes de manipulateurs en amour

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Quand j’ai voulu écrire sur ce sujet, j’ai pensé à une partie de mon histoire personnelle et à ces témoignages qu’on lit sur les blogs, à ces récits dans les livres, à ces émissions de télévision et malheureusement parfois à la rubrique des faits divers tragiques, quand la manipulation verbale, psychologique s’accompagne de la violence physique. Je savais le sujet difficile, douloureux. Je sais ce qu’est l’emprise, la manipulation, la perte de confiance en soi, d’estime de soi. Je sais ce que c’est que de vivre dans le mensonge, dans la peur, dans la souffrance mais de ne pas réussir à partir, comme si on méritait le mal qu’on nous fait, comme si on devait subir cela, comme si une force supérieure nous empêchait de réagir. Et puis j’ai eu la chance que deux femmes me fassent confiance et me livrent leurs confidences, leur histoire. Les témoignages que j’ai pu recueillir sont bouleversants et se suffisent à eux-mêmes. Et surtout j’aurais l’impression de dire en moins bien, en moins fort, en moins vrai ce qu’elles ont bien voulu partager avec moi, avec vous. Voici deux témoignages bouleversants de victimes de manipulateurs en amour.

Emilie, 32 ans, en couple avec un manipulateur pendant plus d’un an

« Moi c’est Emilie, lui c’est Max. Nous nous sommes rencontrés en décembre 2016 pour nous séparer en février 2018. Nous avons tout quitté en 15 jours et rompu avec nos ex respectifs. Rencontrés dans le cadre du travail, on a tout quitté l’un pour l’autre, un genre de coup de cœur. Lui papa d’un bébé de quelques mois et moi mariée depuis à peu près la même période.
Je le savais menteur puisque réputé pour être infidèle. Je l’étais moi-même mais en connaissance de cause de mon époux. Puis à sa différence, c’était des relations suivies. Lui davantage des plans cul, ce qui n’était pas mon cas. Bref, avec cette partie de vie similaire, j’ai voulu croire qu’ensemble on pouvait enfin être fidèles à deux et tirer un trait sur ce passé. Croire n’est peut-être qu’une illusion, l’envie de quelque chose de nouveau avec cet amour naissant.
On a d’abord vécu dans nos logements respectifs, l’un allant chez l’autre dès qu’on le pouvait, durant 6 mois. Après je décide de le suivre dans sa mutation. Il souhaite rejoindre ses origines. Par amour, je demande un rapprochement et fais donc une croix sur une partie d’un avenir professionnel pré-dessiné et rejoins une région inconnue en laissant tout derrière moi. On finit par vivre ensemble un peu plus de 6 mois.

J’ai oublié qui j’étais, voulant être celle qu’il voulait. Tantôt cuisinière, tantôt maman par intérim pour son fils, tantôt « salope » au niveau des relations intimes. J’ai fini par être à son image. Je me suis oubliée, perdue.

J’ai coupé les ponts avec ma famille persuadée qu’il avait raison et que c’était mieux ainsi. Jusqu’à ce que je découvre qu’en fait il n’avait pas changé, mensonges, trahisons, inscription sur plusieurs sites de rencontres, etc. Il s’excuse, me dit qu’il voulait voir s’il m’aimait encore et toujours. Voir s’il pouvait séduire et être séduit en retour. J’encaisse. Il souhaite du temps pour se retrouver. Je lui laisse. On vit 2 semaines en faisant chacun nos activités sans trop se soucier de l’autre. Vive la colocation. Situation éprouvante pour moi qui l’aime. Une collègue à la gentillesse de me prêter son appartement pour que je puisse souffler.

Rien ne s’arrangeait. De plus en plus difficile pour moi. J’en viens à faire un geste désespéré qui sera le point final à notre histoire. Ma TS a été ma prise de conscience. Et j’ai décidé de le quitter.

Je n’ai plus jamais dormi dans le logement commun et ma famille qui ne l’a jamais apprécié a réussi à me sauver. Je l’ai revu pour le partage des meubles et la liquidation de nos biens. Mais c’était malsain. Je pense qu’il avait toujours une emprise sur moi et j’ai cédé à plusieurs reprises lorsque je le revoyais. Les fois d’après j’allais récupérer mes affaires avec une personne. Ou il déposait devant la porte d’entrée. Je voulais éviter tout contact pour me préserver.
Il a fallu cet acte là pour que je puisse me retrouver. Faire le point sur la vie, sur ce que je voulais, ce que je ne voulais plus. Je suis restée longtemps au fond du trou. Je n’ai pas mangé durant plusieurs semaines. J’ai pu renouer avec ma famille, ce qui m’a permis d’aller mieux. Arrêtée plusieurs mois, je vais maintenant bien, j’ai remonté la pente avec l’aide de mes proches, mes amis, les médecins et aussi un bon pied au cul. Mais c’est encore récent, parfois je le sens. Certaines choses me font penser à lui. C’est pour ça que je vais quitter cette région pour rejoindre ma famille. Car ici c’est synonyme d’échec et tout me renvoie à lui. Je dois partir et je pars pour tourner cette lourde page. Mais on n’y arrive pas seule, le penser est un leurre. Je ne souhaite plus revivre avec quelqu’un.

Maintenant que j’apprends à faire les choses pour moi, j’y prends goût. Plus de compte à rendre, s’habiller comme on veut, être soi tout simplement.

Je pense qu’il ne changera pas et qu’il aura toujours un problème avec les femmes. Il est trop imbu de sa personne. Je lui souhaite de souffrir comme j’ai souffert. Quand tu n’as plus de force pour te relever. Je ne suis pas quelqu’un de méchant mais il m’a volé une partie de ma vie et je ne lui pardonnerai jamais… Il m’a fallu arriver à 32 ans et faire cette tentative de suicide pour me rendre compte que je n’étais plus moi. Après une trahison quelle qu’elle soit, le temps de la reconstruction est long.

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Le résumé de mon histoire c’est Carpe Diem, vivre l’instant présent, savoir se faire plaisir pour soi et plus pour les autres et apprendre à se connaître. »

Ophélie, 25 ans, en couple avec un manipulateur pendant 2 ans et demi

« Les rencontres sont comme le vent, certaines vous effleurent la peau, d’autres vous renversent », toi, tu m’as bouleversée, écoutée, aidée, soutenue. Tu m’as faire rire, crier, aimer à en perdre haleine, mais tu m’as surtout brisée.
Je n’ai pas choisi de tomber amoureuse de toi, en vérité, on ne choisit pas. Mon cœur me l’a simplement imposé. Il était si agréable de te parler des heures durant, de te confier mes envies, mes craintes, mes doutes, et de t’écouter me rassurer, puisque c’était bien cela, au début. Je ne me suis pas méfiée, je ne me suis rendue compte de rien, et puis même si je m’en étais rendue compte, il était déjà bien trop tard, j’avais déjà tout perdu.

A l’instant même où tu as jeté ton dévolu sur moi, c’était déjà terminé. La femme enfant que tu me disais tant aimer était déjà bien loin. La manipulation a débuté à l’instant même où je t’ai dévoilé mes faiblesses.

Les choses ont commencé à changer au bout de quelques mois à peine, ou plutôt à révéler leur vraie nature. L’attente de tes appels, le peu de temps que tu voulais bien m’accorder, tes absences, tes erreurs, tes pardons, mes larmes… voilà ce qu’était devenu mon quotidien. Tu étais si fort pour retourner les situations et à chaque fois que je te reprochais quelque chose, je finissais par m’excuser, par me dire que c’était de ma faute. Telle était ma punition.

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Alors j’ai commencé à changer, à me renfermer sur moi-même.

On avait beau me dire que tu n’étais pas un homme pour moi, on avait beau essayer de me faire prendre conscience de ce qui était en train de se passer, de ce que j’étais en train de devenir, rien n’y faisait, j’étais totalement aveuglée. Sous emprise. C’est incroyable à dire mais tes paroles étaient mille fois plus douloureuses qu’une gifle car la violence morale est aussi destructrice que la violence physique.

Je savais pertinemment que tout cela était malsain, instable, et pourtant je me raccrochais au moindre de tes mots. Je m’effaçais pour au final ne devenir qu’un pâle reflet de moi-même.

J’ai essayé de partir, tellement de fois… mais tu savais si bien comment me retenir. Tu me connaissais par cœur, plus que n’importe qui. C’était ma plus grande faiblesse, c’est devenu ta plus grande force.

Je t’ai donné mon innocence, je me suis perdue en toi.

Et puis un jour, j’ai ouvert les yeux. J’ai compris qu’il était temps d’agir si je voulais m’en sortir.
J’ai compris que si je revenais, une énième fois, je perdais pour toujours. Je n’ai jamais été aussi heureuse que le jour où je me suis libérée de toi, du moins c’est ce que je pensais. Ça n’a pas été facile, si tu savais comme j’ai eu mal. Mais ce n’était rien comparé à tout le mal que tu m’avais déjà fait.

J’ai laissé tout cela enfoui, je me suis persuadée d’aller bien. Mais tout cela a fini par ressurgir, si violemment. Alors j’ai pris la décision de me faire aider. Je devais en parler, si je ne voulais pas que tout cela me ronge éternellement. Et, enfin, j’ai commencé à reprendre confiance en moi.

Alors vous allez certainement vous poser la question : Pourquoi suis-je restée si longtemps, suis-je maso ? Prenais-je le moindre plaisir à me perdre dans cette histoire sans issue ? Avais-je envie que l’on me plaigne ? A ces questions, je répondrai simplement que nulle situation non vécue ne doit être jugée. Je ne vous demande pas de comprendre. Je souhaite simplement dire à toutes les femmes victimes de violences morales, de manipulation, qu’il est possible de s’en sortir.
Je n’ai pas de regrets, puisque je t’ai tout donné, j’ai été au bout de notre histoire, ou plutôt de l’histoire que je m’étais faite. J’ai été follement amoureuse de toi, ou plutôt de celui que je croyais que tu étais. Je sais que tu m’as aimée, à ta façon, j’en reste persuadée. Seulement tu es incapable de rendre une personne heureuse. C’est plus fort que toi. Je ne cherche pas à te trouver des excuses, je me dis simplement qu’il y a une raison à tout.

Je t’ai fait confiance, tu m’as trahie. Je t’ai donné mon cœur, tu l’as piétiné. Je t’ai fait entrer dans ma vie, tu m’as fermé les portes de la tienne. Je t’ai aimé à en souffrir. Je t’ai tout donné, tu m’as tout pris.

Aujourd’hui je peux dire que je suis guérie de toi, enfin presque.

J’ai retrouvée l’essentiel : MOI. Et, avec beaucoup de temps, la confiance que j’avais perdue. Mais tu as laissé beaucoup de cicatrices, des plaies, trop fragiles, qui s’ouvrent encore aux moindres doutes.

Malgré tout, sans t’en rendre compte, tu as fait de moi une personne plus forte, plus froide, peut-être et terriblement méfiante. Mais on apprend de ses erreurs et, malgré tout le mal que tu as causé, je ne regrette rien. Car je sais maintenant que je suis capable d’affronter beaucoup plus de choses que je ne le pensais. Oui je suis forte et je le resterai.

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On m’a demandé quelle était ma plus grande fierté : avoir réussi à me libérer de toi. »

On croit que les choses finiront par changer ou qu’on les mérite, et parfois même qu’on peut sauver l’autre, nous sauver. Mais c’est un leurre, une erreur de croire que ces gens-là peuvent changer du jour au lendemain, peuvent changer grâce à nous, pour nous, par amour. Ils ne nous aiment pas. Ils nous utilisent, nous mentent, nous rabaissent, nous manipulent, nous menacent, nous isolent. Ils nous font nous perdre. On ne sait plus qui on est vraiment sous le joug d’une telle personne. Il faut ce fameux déclic, du courage, de la force, du soutien, de la volonté, de la pugnacité pour réussir à le réaliser, à dire stop, à se rendre compte qu’on mérite mieux, à réaliser qu’il ne nous aime pas, que l’amour ce n’est pas cela et ainsi à partir. A fuir. A se reconstruire. Ce n’est pas sans mal ; pas sans séquelles. Il y a tout un travail psychologique de reconstruction à entreprendre ensuite, une peur des relations amoureuses à nouveau, un gros travail à faire sur la confiance en soi et la confiance en l’autre. Cela demande du temps. Mais on a réussi le plus difficile, quitter ce manipulateur/cette manipulatrice, prendre conscience de l’abime dans lequel on était en train de sombrer, de se perdre. Alors se reconstruire est long, une telle expérience laisse des traces, parfois des cicatrices à vie, mais on devient ensuite plus fort que jamais.

On se relève, on revit. On se retrouve et on s’aime enfin.

L’amour est une chose magnifique mais peut être tout aussi destructeur. Alors n’allez jamais au-delà de vos limites, n’acceptez jamais ce qui ne vous convient pas, ce qui vous détruit, ce qui vous perd, ne souffrez pas intentionnellement pour l’autre. Car cela n’est pas de l’amour. Ça s’appelle de la manipulation.

Emilie, Ophélie, merci encore. Infiniment.

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