Parler d'Amour

Un magnifique texte de Dylan sur la peur d’aimer : « Ne t’approche pas »

Un magnifique texte de Dylan sur la peur d’aimer : « Ne t’approche pas »

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Je viens de découvrir une nouvelle plume, celle de Dylan Pédron et nous sommes ravis de l’accueillir sur parlerdamour.fr pour vous faire découvrir ses textes poignants, emplis de réalisme. Vous pouvez aussi aller sur sa page Facebook.

Ne t’approche pas.

Avec ton joli sourire, ne m’approche pas.

Je sais ce que tu penses, mais je sais encore plus ce qui va arriver si tu approches. Tu vas m’hypnotiser. Rire à mes quelques blagues, partager une clope ou deux, trinquer avec moi à la moindre occasion, et j’aurais mordu à l’hameçon. Et en soi, tout ça, ce n’est rien. Mais je ne saurais pas quoi faire. L’alcool faisant, je deviendrai taquin, provocateur, charmeur même. Mais ne t’y trompe pas, je ne saurai pas te donner plus. Je le pourrais, avec de la volonté, mais je ne sais plus comment faire.

Je ne veux pas prendre le risque de tomber amoureux. Ça fait du bien parfois, mais ça fait du mal trop souvent. Et je ne veux plus souffrir. Je sais, c’est égoïste cette volonté de refuser d’être heureux, et de rendre heureux quelqu’un, juste pour ne pas prendre le risque de souffrir. Pourtant je suis censé être culotté. Dans le boulot, je le suis. Dans le business, c’est ma force. Mais ça, c’est l’acteur. Pas l’homme. L’homme, il ne sait plus oser. Il va trouver toutes les raisons du monde pour ne pas oser. Distance, différence d’âge, emploi du temps trop chargé pour une relation, différence de taille, et pire encore. Tout pour ne pas tenter sa chance. Ne pas prendre de risque. Ne fais pas ton air innocent, je vois bien tes regards.

Tu es belle. Trop belle. Si tu m’avais moins plu, je t’aurais laissé approcher. L’espace d’une nuit, de quelques-unes si l’expérience s’était révélée concluante. Mais toi tu es trop belle. Les filles comme toi, je ne sais pas les approcher. Je ne sais pas comment gérer. Les filles comme toi, ce sont des filles d’une vie, pas d’une nuit. Une vie de quelques années, de quelques mois, semaines même. Mais pas de quelques nuits. Ne rougis pas, les compliments s’arrêteront là. Je vais recommencer à te vanner, critiquer chaque détail que je verrai sur toi. Pour te faire fuir. Rire aussi, mais en ancrant dans ta mémoire que je suis quand même un connard. Ce n’est pas vrai, mais si ça peut me protéger de toi, je n’hésiterais pas à le faire.

J’ai peur de toi. Je sais qu’on ne se connaît pas vraiment, mais j’ai peur de toi. Si je te laisse venir, tu vas te faufiler. Me foutre la chair de poule en me frôlant. Me donner un coup de chaud quand tu effleureras ma peau pour prendre ma cigarette. Me faire rougir à chaque mot gentil. Me donner envie de t’embrasser à chaque compliment. Puis, à coup de sourires et de regards, de caresses sur ma peau, de câlins de plus en plus proches, tu réussiras à glisser ta tête dans mon cou, puis tes lèvres contre les miennes. Et tes baisers s’immisceront droit dans mon coeur. Là où l’espace est grand et vide depuis un moment. Sauf que cette pièce est tout sauf accueillante. La poussière qui est dedans est la seule qui ne me provoque pas d’allergie. Bon, d’accord, là je mens. J’y suis allergique et mon coeur peut être accueillant.

Mais tu dois fuir. S’il te plait. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour moi. Laisse mon coeur où il est. Lève les yeux et tu verras qu’il en manque un bout. C’était un cadeau de poisson d’Avril pour fêter la fin de 3 ans et demi d’engueulade. Mais j’aime pas les puzzles, je ne sais pas bricoler, et surtout j’ai pas eu le temps suffisant pour commencer à reconstruire. J’ai pas eu la force. Pas eu le courage. Oui, je manque clairement de courage. Je dirais même que je suis lâche. Pourtant on dit que tout gagnant du loto a acheté son billet et qu’un non-joueur a forcément perdu. Mais moi j’ai peur de perdre mes deux euros, tu vois ? Mais non, je ne dis pas que tu vaux deux euros. L’alcool ne me réussit pas quand il faut expliquer les choses. Je te dis juste que, oui, qui ne tente rien n’a rien. Mais qui tente tout perd tout.

Tu es une fille. Une humaine. Tu me feras du mal, un jour ou l’autre. Comme tout le monde. L’humain est fait pour faire le mal. Il ne sait faire que ça. Tu me feras souffrir. Comme les autres. Et je ne le veux plus. La dernière fois, j’ai eu mal. Très mal. Trop mal. J’ai cru mourir de tristesse. Je ne mangeais plus, au point de perdre 8 kilos les 5 premiers jours. Je pleurais suffisamment pour me fatiguer et m’endormir, pour me réveiller et pleurer de nouveau. Puis je sortais entre potes, pour boire, et oublier. D’ailleurs, je vais me reprendre un verre après, pour tenter d’oublier que je t’ai confié tout ça. Bien sûr, tu dis que tu ne le feras pas. Mais tu le feras. Tu useras de ta jalousie pour un rien, tu iras voir ailleurs, tu me quitteras sans raison, tu trouveras un truc à me faire. Et si ça se trouve même, ce sera moi qui te ferai tout ça. Je n’ai jamais essayé mais je suis un humain. Bisounours, certes, mais humain quand même. Déjà assez con pour tenter de faire fuir une fille magnifique qui me regarde avec des yeux d’ange et un sourire ravageur, qui me parle avec une gentillesse et une douceur rares. Tu n’aurais pas pu être moche et conne ?! Tu me rends pas la tâche facile !

Ne t’approche pas. S’il te plait, éloigne-toi .. Pourquoi tu viens ? Avec tout ce que je t’ai dit, tu devrais fuir. Partir. Aucune femme ne voudrait d’un éclopé du coeur. Tu n’as pas à supporter les blessures que d’autres m’ont fait. Tu n’as pas à panser mes plaies, pense d’abord à toi. Pourquoi tu continues ? Pourquoi tu te rapproches ? Laisse mon verre tranquille, pourquoi me le prends-tu ? Tu le prends pour le poser, ça ne sert à rien. Et tu me prends dans tes bras. Tu devrais fuir. Tu es trop bien pour ce que je suis. Tu es spéciale. Toutes seraient parties.

Tu sais, je ne sais pas être heureux. Je n’ai jamais appris. Je peux t’apprendre à être triste, à être en colère, à être mal, mais pas à être heureuse. Je n’ai pas été habitué à l’être. Je ne sais pas être heureux. J’ai cru l’être, 3 ans durant. Mais je ne l’ai jamais vraiment été. Pas avec le recul. J’aurais aimé. Mais finalement, est-ce qu’on arrive à être heureux juste en rendant l’autre heureux ?

Que me chuchotes-tu ? “Ose” ? Mais oser quoi ? Oser prendre le risque de souffrir ? “Prendre le risque de connaître le bonheur” ? Mais si je te dis que je ne sais pas faire, pourquoi ne m’écoutes-tu pas ? Je te dis de ne pas t’approcher, et tu le fais. Je ne comprends pas .. Je suis paumé là. J’ai peur. Je frissonne. Est-ce que c’est la peur d’être déçu ? D’être blessé ? Ou juste la peur de pas être à la hauteur ? Peut-être que ça me plaît dans le fond d’être triste, d’être mélancolique. De ne pas être heureux. Je me complais dans le noir et la solitude, qui sait ?

Mais ce qui est bizarre, c’est que plus tu te rapproches de moi, plus je me dis que des fois, les risques, ça se prend. Ça se tente. Je me demande ce que ça doit faire d’embrasser une fille qui ose t’approcher quand tu la supplies de fuir. Est-ce que le baiser est plus beau, plus fort, plus passionné, plus sincère ? Sauras-tu me le dire ?

Mais avant de m’embrasser, je ne te demanderais qu’une chose. Apprends-moi à être heureux.

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