Parler d'Amour

N’a-t-on qu’un seul grand amour dans sa vie ? Ou peut-on le vivre plusieurs fois ?

N’a-t-on qu’un seul grand amour dans sa vie ? Ou peut-on le vivre plusieurs fois ?

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Lorsqu’on a vécu une histoire d’amour, sincère, intense, belle et que tout d’un coup tout s’arrête, on a l’impression que le ciel s’effondre sur notre tête et que le sol s’écroule sous nos pieds. Après une rupture douloureuse, on pense qu’on ne pourra plus jamais aimer quelqu’un de toute sa vie, en tout cas pas avec autant de force, de sentiments. D’évidence. Cela semble impossible. Pourtant, on dit que tout le monde se remet d’un chagrin d’amour, et qu’il est possible d’aimer à nouveau, et d’aimer aussi fort plusieurs fois au cours de son existence. Et vous, avez-vous vécu un amour inégalable, ou pensez-vous que le cœur humain est assez grand pour aimer plusieurs fois ? N’a-t-on qu’un seul grand amour dans sa vie ?

Qu’est-ce que le grand amour ?

Qu’est-ce que l’amour déjà ? L’amour, comme tout sentiment, est une notion totalement subjective. On ne peut le quantifier, le qualifier ou le définir concrètement. Il n’y a aucune définition du « grand amour », simplement parce que l’on ne peut pas mesurer l’intensité d’un amour. Alors comment en avoir une définition universelle ?

Selon les dictionnaires officiels, l’amour est un « sentiment très intense, un attachement englobant la tendresse et l’attirance physique entre deux personnes ».

Selon le Larousse :

« Si l’amour a donné lieu à de nombreux clichés, il reste un concept abstrait, plus facile à expérimenter qu’à expliquer. Sa définition elle-même, « affection vive pour quelqu’un ou pour quelque chose », n’est pas univoque, et son sens peut varier de la dévotion à la tendresse, de l’attachement durable à l’inclination passagère, de la passion à la raison, de l’affection à l’obsession… Une constante toutefois : l’amour est source d’émotions multiples, quelles que soient les nuances dont il se teinte. Ce qui explique sans doute qu’il soit si souvent symbolisé par un cœur, organe dont le rythme s’emballe au gré des émois. »

L’amour seul est difficile à expliquer, à rationaliser, alors le grand amour, cela parait impossible, un sentiment trop abstrait mais qui nous dépasse en même temps, une alchimie entre deux personnes, une osmose des cœurs et des corps, une évidence sur la durée. On peut utiliser tous les mots que nous connaissons pour tenter de le décrire, il restera pourtant différent d’une personne à l’autre car chacun exprime ses sentiments à sa façon, chacun vit sa relation différemment.

Alors devant la puissance de cette expression et l’intensité d’un grand amour, cela nous amène-t-il à penser qu’on ne peut aimer aussi fort, de façon aussi évidente et inconditionnelle qu’une seule fois dans sa vie ?

N’aime-t-on vraiment qu’une seule fois dans sa vie ?

« Ne cherchez plus mon cœur, les bêtes l’ont mangé », écrit Baudelaire à une femme qu’il pense ne pas pouvoir aimer tant il croit son vieux cœur saccagé par la douleur d’amours anciennes. Ainsi, après une rupture amoureuse qui nous laisse vide, désarmé, on a l’impression que plus jamais on ne pourra donner à une autre personne tout l’amour déjà donné auparavant.

L’affirmation selon laquelle « tout le monde se remet d’un chagrin d’amour » peut nous faire hurler sur le moment et nous paraitre invraisemblable tant on est persuadé que l’on ne s’en remettra jamais. On a la sensation qu’on nous a littéralement arraché le cœur. Alors ce qui est important, c’est notre façon à nous de nous remettre de cette séparation ; de faire le deuil de ce que l’on a été pour l’autre et de ce qu’il/elle a été pour nous.

Chaque personne a sa façon de vivre une rupture.

Certains déploient une énergie stupéfiante à se projeter dans l’avenir, et veulent à tout prix étouffer leur chagrin. D’autres sont d’abord terrassés par le chagrin puis découvrent ensuite, le temps aidant, que la rupture leur a permis de se retrouver. D’autres encore demeurent inconsolables et se persuadent que jamais plus ils ne pourront aimer, comme si en perdant l’être aimé, ils avaient perdu ce que l’autre leur avait donné et une partie de ce qu’ils étaient eux-mêmes. Après une rupture, il faut non seulement faire le deuil de ce que l’on pense avoir été pour l’autre mais aussi de ce qu’il a été pour nous.

Une rupture ressemble en effet à un deuil : certains apprennent à vivre sans la personne aimée ; d’autres souffrent tellement qu’ils ont l’impression que la personne avec laquelle ils ont rompu a emporté avec elle toute leur capacité d’aimer.

Vivre une grande histoire d’amour, c’est créer avec une personne particulière une relation d’attachement unique, qui ne ressemble à aucune autre.

Mais il n’y a pas une seule façon d’aimer qui serait la bonne façon d’aimer. Certains disent n’avoir connu qu’un seul grand amour dans leur vie, d’autres pensent même n’en avoir connu aucun. Et puis, il y a celles et ceux qui ont connu plusieurs grands amours, alors même qu’ils/elles pensaient, après la première rupture, ne plus jamais être capables d’aimer.

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Alors est-il possible d’aimer plusieurs fois dans sa vie ?

Trois étapes, trois façons d’aimer, trois amours dans sa vie ?

Frédéric Beigbeder écrit « Dans la vie on n’a qu’un seul grand amour et tous ceux qui précèdent sont des amours de rodage et tous ceux qui suivent sont des amours de rattrapage. »

Est-ce à dire qu’on n’aime réellement qu’une seule fois dans sa vie, qu’on ne peut se donner corps et âme et que notre cœur ne peut appartenir qu’à une seule personne ? Malgré une séparation ? Malgré d’autres rencontres, d’autres histoires ? Ces autres relations ne sont-elles que des ersatz d’histoires d’amour ?

On nous parle souvent de trois étapes dans notre vie sentimentale qui correspondent à trois types d’amour, trois manières d’aimer, comme si en vieillissant, en apprenant à nous connaitre et en nous détachant de ce qui nous empêche d’être vraiment nous-mêmes, on faisait un parcours initiatique pour atteindre qui nous sommes réellement, et ainsi être pleinement conscients de l’amour que nous méritons, que nous voulons et que nous pouvons offrir. Nous savons ainsi ce qui nous est vital de donner et recevoir de la part de la personne aimée et qui nous aimera en retour.

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1/ Amour de jeunesse

Cet amour est celui qui répond aux attentes familiales et sociales intégrées, consciemment ou non. Certaines personnes auront une histoire avec un homme/une femme que sa famille considère comme « le gendre/la belle-fille idéal-e », d’autres s’évertueront à en trouver l’antithèse, dans une envie de rébellion d’adolescent ou de jeune adulte. Dans ces deux cas, il s’agit d’histoires influencées par des attentes extérieures, qu’on essaie d’y répondre ou de les rejeter.
Quand cet amour se termine, nous sommes en mesure de chercher celui ou celle qui nous correspond, et non celui ou celle que notre entourage pense que nous devons aimer.

2/ Amour douloureux, souvent au pluriel

En effet, celui-là a pour particularité de pouvoir être vécu plusieurs fois. Il y a une période de notre vie où on peut connaître plusieurs histoires qui répondent au même schéma, au même type de relation. Certain-es d’entre nous tirent les enseignements nécessaires en une seule fois mais d’autres ont besoin que la vie leur répète plusieurs fois la même leçon avant de vraiment la comprendre, et d’abandonner définitivement une fausse notion de l’amour.
Ce deuxième amour est donc celui qui nous fait souffrir, mais aussi qui nous apprend ce que nous voulons. Il s’agit souvent de relations se nourrissant de nos névroses : peur d’être abandonné, manque d’estime de soi, narcissisme, jalousie…, qui conduisent à une relation en dents de scie, avec des disputes, de la manipulation, des hauts et des bas. On pense à tort que cette intensité passionnelle est le signe de vrais sentiments, et c’est pour cela que nous nous battons autant pour les défendre.

Ces amours douloureuses, qui font souffrir plus qu’aimer, durent souvent un moment car nous voulons que l’une de ces histoires d’amour soit la bonne. Faire que cet amour dure, même si c’est un mirage, même si on se ment à soi-même, devient plus important que le fait qu’il fonctionne et existe vraiment.

3/ Le troisième amour : le Grand Amour, enfin ?

C’est celui qu’on n’attend pas, qui ne répond pas forcément aux critères qu’on avait en tête, imaginés depuis tant d’années. Et pourtant il s’agit d’une évidence, d’une relation où le bonheur est d’une simplicité déconcertante, et même perturbante car cet amour bouscule les idées préconçues. Il n’y a pas d’attentes, juste une belle harmonie, une simplicité, une familiarité. Il n’y a plus de passion destructrice, dévastatrice mais l’amour, le vrai, pur, sincère, réciproque. Le bien-être ressenti donne la sensation d’être enfin « arrivé-e », en tout cas d’avoir trouvé la personne avec qui la suite du chemin sera belle.
Alors il faut parfois du temps pour connaitre enfin ce grand amour, et cela peut faire regretter de ne pas avoir fait cette rencontre plus tôt. Ce n’est pas le premier/ la première ; ce n’est peut-être pas celui ou celle qu’on a épousé, avec qui on a eu des enfants, tous ces fantasmes de contes de fée auxquels il faut dire au revoir, car la vie, ce n’est pas ça.

L’important c’est de partager pour le reste de sa vie plein de nouvelles autres fois, même si ce ne sont pas nos premières fois.

Conclusion : le grand amour est-il donc à mettre au pluriel ?

L’idée de trouver l’homme ou la femme idéal-e, l’âme sœur du premier coup et pour toujours demeure ancrée dans nos esprits, et pas chez les romantiques uniquement !
La personne idéale, notre évidence, qui nous apportera au quotidien tout ce qu’on espère de l’amour, tout ce qu’on en attend, ce qui nous fait vibrer, nous fait rêver, est-elle unique ou peut-on en rencontrer plusieurs au cours de notre vie ? Doit-on parler ici de l’homme ou de la femme idéal-e ou des hommes et femmes idéaux ?

Si on est pragmatique un instant, il faut admettre que face au nombre croissant de divorces et à l’allongement de l’espérance de vie, il peut être désuet de croire que l’on aimera qu’une seule et unique personne tout au long de sa vie. Retomber amoureux et refaire sa vie après 50 ans, voire même après 65 ans n’a plus rien d’exceptionnel aujourd’hui.

Il y a un proverbe populaire qui dit « Un jour tu rencontreras la personne qui te fera comprendre pourquoi cela n’a jamais fonctionné avec une autre. »

On a tous en tête un souvenir spécial, une tendresse particulière, parfois même des regrets d’une personne que l’on a aimée plus que tout, mais parfois on embellit cette personne, cette relation, cet amour… La nostalgie est une émotion qui s’invite souvent dans les histoires d’amour. La vie nous fait évoluer et vivre l’amour différemment au fil du temps et en fonction de notre passé. Chaque relation nous apprend ce que l’on doit savoir sur nous-mêmes afin d’être prêts à la grande histoire de notre vie. Cela ne veut pas dire que les histoires d’amour précédentes étaient inutiles ou n’étaient pas sincères. Elles n’étaient juste pas faites pour nous sur la durée, elles ne nous correspondaient pas pleinement.

Chaque amour vécu te prépare à trouver ton grand amour.

Crédits photos : La talentueuse Natalia Mindru

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