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Maman solo : comment faire face à la culpabilité

Maman solo : comment faire face à la culpabilité

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Lorsqu’on devient mère célibataire, que l’on soit à l’origine ou non de la séparation, on ressent souvent un fort sentiment de culpabilité vis-à-vis de ses enfants. On ne peut s’empêcher de se sentir coupable de la future vie qu’on va leur faire subir et de l’échec du modèle familial qu’on pensait leur offrir. On doit repenser la vie de famille selon ce nouveau modèle monoparental et mettre en place un autre rythme de vie. Les premiers temps, pour la maman solo, l’urgence est de réussir à faire face à son sentiment quasi permanent de culpabilité.

La culpabilité née de la séparation

Devenir maman solo, c’est faire le deuil de son couple et de son ancienne vie de famille en même temps, c’est accepter de se confronter à un changement de vie important, choisi ou subi, et aux responsabilités qui en découlent ; de ce fait il n’est pas étonnant de développer une certaine culpabilité à la suite d’un tel bouleversement de vie.

La première étape dans ce processus de culpabilité, avant même de devenir réellement une maman solo, c’est celle de la séparation. On sait que c’était la meilleure chose à faire, que c’était inévitable, nécessaire à notre bien-être et à celui de nos enfants, mais cela reste douloureux et culpabilisant vis-à-vis de son ou ses enfants.

C’est une décision qui ne se prend pas à la légère, de se séparer du père de ses enfants, mais, bien que mûrement réfléchie, le deuil de la famille qu’on avait voulu se créer est plus long à faire que celui de son couple.
Alors voilà comment il faut gérer du mieux possible cette nouvelle vie seule avec ses enfants mais pour laquelle chaque décision est difficile à prendre, lourde de conséquences parfois car elle peut engendrer des affrontements avec le père qui nous renvoie une dose massive de culpabilité en pleine figure, alors qu’on se met déjà suffisamment la pression toute seule !

On a la sensation de faire du mal à son/ses enfant(s). Chaque désaccord ou dispute avec son père nous laisse un goût amer dans la bouche et chaque nouvelle situation nous fait hésiter, nous fait douter de nous-même et de notre capacité à assumer la difficulté de notre nouveau rôle de maman solo.
Fait-on ce qu’il faut ? Sommes-nous à la hauteur ?

Mes 10 étapes culpabilisantes dans mon parcours de maman solo

Il y a quelques années, ma séparation a été synonyme de remise en question, de culpabilité quasi permanente pendant les premiers temps. J’étais perdue dans mon nouveau rôle de maman solo, et je ne m’attendais pas à devoir affronter autant d’angoisses, de phases de colère, de tristesse et de questionnements ni à devoir prendre certaines décisions difficiles.

Ce fut le véritable déclencheur d’une longue liste d’étapes douloureuses, parfois même déchirantes et très culpabilisantes à assumer ou subir, à accepter pour réapprendre à vivre le plus sereinement possible.

1- Le premier week-end de mon fils chez son père. Ce moment a été déchirant, je me rappelle encore de mes larmes dès que mon petit bonhomme a passé la porte, de cette boule au ventre et de cette nausée montante. J’ai eu la sensation physique de le perdre, l’impression de l’abandonner, alors qu’il allait passer deux jours avec son père et que je n’avais aucune raison de m’inquiéter, je le sais. Je crois que c’est parce que cela m’a mise en face de la réalité de la situation, je m’en voulais de lui faire subir ça, j’étais encore pleine de regrets d’en être arrivée là.

2- A chaque fois qu’un mot dur au sujet de son père m’a échappé devant mon fils, alors qu’il faut conserver un discours zen sur le papa, même s’il est absent, malgré les désaccords, les guerres intestines alors qu’on s’était promis qu’on n’en arriverait jamais là… Il faut cultiver l’image d’une certaine continuité, conserver certains repères pour son enfant, et surtout un discours respectueux et rassurant malgré la réalité parfois inadmissible de la situation.

3- L’échec de ma vie de famille, du modèle tant de fois rêvé, quand je faisais le bilan pendant de longues nuits d’insomnie. Les « pourquoi », les « et si », les « comment faire » ont longuement accompagné mes moments de solitude.

4- L’obligation de réclamer la pension alimentaire qui m’était pourtant due, après un énième retard, avec cette sensation de lui « prendre son fric », alors que j’essayais de conserver une entente à l’amiable et que je n’étais pas responsable du mode garde qu’il avait imposé.

5- Le sentiment de culpabilité puissance 1 000 lorsque je punissais mon fils après une bêtise et qu’il me criait « Je veux papaaaa, t’es méchante ! ». A ce moment-là, l’expression mauvaise mère semblait prendre toute son ampleur ; il a fallu du temps pour se défaire de cette sensation, de ce complexe de mauvaise maman.

6- Les conseils des proches qui, pensant bien faire, m’ont accablée de « Si j’étais toi… Ne le prends pas mal mais… » sur la façon idéale d’élever mon fils. Alors oui, c’était sûrement des conseils mais j’étais tellement à fleur de peau que je voyais l’expression « mère indigne » clignoter partout en lettres rouges, tout en ayant juste envie de leur dire « Prends ma place pendant 15 jours ! »

7- Répondre inlassablement aux questions de mon fils qui voulait comprendre le pourquoi du comment avec des « Pourquoi vous êtes plus amoureux avec papa ? Il est fâché ? Tu l’aimes plus, et moi tu m’aimes quand même ? », répétés en boucle.

8- Devoir aller au tribunal, le fameux JAF pour les modalités de garde par obligation et non par choix plus d’un an après la séparation parce que les accords à l’amiable n’étaient pas respectés sur la pension alimentaire et le mode de garde. Cet arrangement, trop aléatoire, ne respectait pas le bien-être de notre enfant qui subissait les conséquences d’un rythme de garde anarchique et ne savait plus quand il voyait ou non son père.

9- Affronter un autre type de questions avec le temps ; « Donc maman, ça veut dire que je n’aurais jamais de petit frère ou de petite sœur ? » en refoulant dans un coin de ma tête le tic-tac de mon horloge biologique et faisant le deuil de ma famille imaginaire idéale.

10- Me sentir coupable les premiers temps quand j’ai admis que mes deux week-ends « OFF » par mois m’étaient nécessaires. Après la maman, c’était la femme qui s’auto-flagellait et culpabilisait d’avoir aussi besoin de repos et de temps pour moi.

Le bilan post-culpabilité

Alors voilà le bilan après plusieurs années de séparation… Trois ans de larmes, de doutes et de culpabilité quasi permanente.
On encaisse, on culpabilise pour tout ou presque, jusqu’au jour où, enfin, après un long travail sur soi, après avoir repris confiance, on réalise que notre enfant est heureux avec nous et que oui, on est peut-être bien une bonne mère !

Le déclic est enfin là, on n’a pas à se sentir responsable ou coupable de tout. On n’est pas la seule à porter le poids de l’échec de notre famille, on n’est pas le parent démissionnaire. Et c’est en l’acceptant et surtout en assumant nos choix, en s’affirmant, que l’autre ne pourra plus profiter de notre vulnérabilité et qu’on offrira une vie épanouie et heureuse à notre/nos enfant(s) !

Avec le recul aujourd’hui, je n’ai plus ce poids sur mes épaules et quand un sentiment coupable m’envahit, lorsque je doute, que je me dis que j’aurais pu faire mieux, je regarde en arrière le chemin parcouru et je me dis « Ah oui quand même !! »

J’ai avancé, nous avons avancé avec mon fils, trouvé notre équilibre de vie. Certains doutes subsistent mais j’ai appris à les apprivoiser, et ni eux, ni mon ex, ou encore mon statut ne me feront plus jamais culpabiliser de ce que je suis, une maman solo fière de son enfant, légitime dans son rôle et qui essaie de rester positive chaque jour !
Comme je le dis parfois, j’ai, en quelque sorte, franchi mes étapes culpabilisantes de maman solo !

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