Lettre pour la nouvelle année de Juliette Drouet à Victor Hugo

Dites-le avec une lettre

Il y a des choses qu'on aimerait pouvoir écrire... Mais on ne sait pas toujours par où commencer, comment trouver les bons mots, véhiculer la bonne intention. Aujourd'hui, on vous aide à vous lancer et envoyer la lettre parfaite:

Parmi plus de mille lettres de Juliette Drouet, celle-ci, écrite au matin du 1er janvier marque la consécration des vœux comme rituel amoureux auquel ni Victor Hugo ni sa maîtresse ne manquait.

Guernesey, 1er janvier 1861, mardi matin 8h1/2

Bonjour, bon an, bonne santé, bon amour, bonheur à toi, mon bien-aimé, ma joie, ma gloire, mon appui, ma vie, bonjour.  Comment as-tu passé la nuit, mon pauvre adoré ? Je crains que la tempête ne t’ait empêché de dormir, et je m’en préoccupe à travers le souvenir, de ma chère petite lettre adorée que je n’ai pas eu la patience et le courage d’attendre jusqu’à ce matin.  D’abord tourmentée par le doute, si tu avais pu y penser et l’écrire. Je m’en suis informée à Suzanne hier au soir puis une fois sûre de mon bonheur, j’ai voulu en jouir tout de suite et bien m’en a pris car cela m’a fait passer une nuit de bonheur et de ravissement inexprimable, au lieu d’en passer une détestable à écouter les plaintes du vent et les divagations de la nuit. Merci, mon cher adoré bien-aimé, merci d’être resté quoique tu fusses attendu chez toi avec impatience, merci de ton adorable lettre que je relis avec les yeux de mon âme et que je ponctue de baisers. Merci au nom de nos deux anges, merci au nom de mon amour, merci au nom de nos vingt-huit ans de bonheur, merci au nom de que tu es pour mon cœur, je t’adore.
Je te prie de me pardonner ma mauvaiseté d’hier, de ne t’avoir pas fait penser à ma pauvre honteuse restitus, je voulais voir si tu y penserais de toi-même, comme si tu pouvais penser à tout, et j’ai été si triste en voyant que tu l’oubliais, que je n’ai pas eu le courage de t’en faire souvenir. J’en ai été bien punie par les remords que j’en ai eu et surtout par le regret d’avoir manqué cette occasion de me rapprocher de toi de gré ou de force. Pardonne-moi, mon adoré, car tout cela c’est encore de l’amour ; de l’amour jaloux, mauvais, malade, mais enfin de l’amour.
Ce matin je suis bonne autant que ta chère lettre, et je pourrais mourir en état de grâce d’amour car je ne t’ai jamais aimé plus maintenant  et plus ardemment  qu’à présent.

Juliette

Source : http://maisonsvictorhugo.paris.fr/fr/oeuvre/lettre-de-juliette-drouet-victor-hugo

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