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Lettre d’un homme à son bébé (par Dylan)

Lettre d’un homme à son bébé (par Dylan)

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Encore un texte fabuleux de Dylan qui écrit une lettre à son bébé (qu’il n’a pas encore). Une lettre émouvante, qui donne des frissons !

Lettre d’un homme à son bébé

Mon bébé,
Mon amour,

Tu ne peux pas t’imaginer à quel point je suis impatient de te tenir dans mes bras. Depuis tout petit, je t’attends.

Déjà enfant, contrairement à beaucoup de jeunes garçons, j’avais un poupon. Arthur, qu’il s’appelait. Je le berçais, je le bordais, je m’en occupais avec ma cousine. J’avais une poupée, oui, et n’en déplaise à la Manif Pour Tous, cette poupée ne m’a pas transformé en homosexuel mais plutôt, j’espère, en meilleur père.

Je t’imagine déjà, tout petit, tout innocent, tout fragile. Chevelu, comme ton père. Peut-être pas autant quand même, ou le médecin hésitera entre couper ton cordon ou tes cheveux, mais tu auras des cheveux. De beaux cheveux bouclés. Et je t’apprendrai à ne pas mettre 24 ans avant de les aimer.

Tu auras de beaux yeux bleus. Je me débrouillerai avec ta mère, promis.

Je t’imagine déjà, pleurant à ta naissance. Mais ce seront des pleurs de joie, cette joie d’avoir un père et une mère heureux de t’avoir conçu dans l’amour, malgré les difficultés de la vie, de ce monde qui part en couille, avec Marine aux portes du pouvoir, Donald qui n’a plus rien d’un canard, et Vladimir qui tente de nous glacer le sang entre deux fausses diplomaties. Sûrement une coutume de son pays.

Je t’imagine déjà, dans ton premier petit lit, sûrement celui que tes arrières-grands-parents t’ont gardé, celui dans lequel j’ai moi-même dormi, celui qui contient l’essence de notre famille, sa force, son lien, cet amour que j’espère te transmettre du plus profond de mon âme, dans ce petit cœur qui, je suis sûr, deviendra plus grand que le mien. Je vois déjà tes premiers petits pots, tes premiers pas, tes premières chutes, tes premières larmes, tes premières bonnes notes. J’ai déjà appris à enlever les petites roues des vélos pour toi, j’ai compris comment changer les piles d’une veilleuse, ou encore réparer les trous des murs que tu feras en accrochant tes posters de la future Ariana Grande ou du prochain Justin Bieber, au pire du Maître Gims de ton époque. Ou du futur Linkin Park, si je ne me foire pas dans tes goûts musicaux.

Excuse-moi si je suis chiant, plus tard, quand je te ferai apprendre tes tables de multiplication, ou préparer tes dissertations. Comprends-moi, je veux que tu sois le meilleur, car à mes yeux, tu le seras indubitablement. Et si je te transmets mes facilités, tu pourras décrocher tous les diplômes que tu voudras. Si je ne te file pas au passage ma flemmardise légendaire. Mais je ferai tout pour que tu puisses devenir qui tu veux être, quoi que tu choisisses.

N’aies jamais peur de moi si tu es différent. Car la différence est belle, et j’en sais quelque chose. Je t’aimerai toujours, quels que soient tes choix, quel que soit ton parcours. Je te jure que je ne ferai pas partie de ces parents qui rejettent leurs enfants qui sont homosexuels ou qui se mettent en couple avec une personne de couleur. Je te le promets. Je t’accepterai toi, parce que je t’aime. Même si tu aimes l’OM. Personne ne peut être parfait.

Tu sais, ta mère aussi sera belle. J’en suis convaincu. Je ne la connais peut-être pas encore mais elle le sera. Pour me plaire, elle devra être belle. Je te vois venir, mais non, pas de cette manière. Je n’ai pas besoin d’être avec une mannequin pour être heureux. Puis avec mes 1m66 cheveux inclus, je ne prétends pas à une Angel de Victoria’s Secret. Mais pour que je me donne à elle, et que tu existes, il faudra que son âme soit belle, assez pour m’émouvoir, et vouloir me lier à elle pour l’éternité à travers un autre être. Ta naissance sera la preuve que ta mère est la plus belle femme au monde à mes yeux. Je ne partage pas mes cellules avec n’importe qui, hein ! Manquerait plus que ça. Je ne suis pas tes grands-parents, moi ..

J’ai déjà réfléchi à ton prénom. Je veux t’appeler Ulysse. Le héros intelligent. Celui qui a déjoué tous les oracles, tous les Dieux, pour être heureux de nouveau, malgré les difficultés, le temps et les efforts. Le symbole de la famille, de l’amour, de la fidélité, de la victoire. Le prénom d’un homme extraordinaire dans son humilité. C’est tout ce que je te souhaite. Mais tu seras peut-être une fille. Je voulais t’appeler Enora, avant de découvrir que ce prénom pouvait être très mal porté. Alors je ne sais pas si je prendrais ce risque. Eléa, c’est beau aussi. Gwenaelle. Je me précipite en même temps, j’imagine bien que ta mère aura le dernier mot. Quand tu seras dans son ventre, fais tout pour qu’elle ait bon goût en matière de prénom. C’est pour toi, hein. Quel que soit ton prénom, je te trouverai le meilleur des surnoms. Le nôtre, rien qu’à nous. Ce sera notre secret.

J’ai déjà tout imaginé, et pourtant tout me paraît si abstrait. Je ne sais pas quel âge j’aurai quand tu naîtras. Je ne sais même pas si un jour, tu pourras exister. Je l’espère. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé être papa. J’ai ça en moi, je le sens, je le sais. Mais la vie, c’est plus compliqué que ça.

Jamais je te concevrai sans être sûr de pouvoir t’offrir la vie que tu mérites. Tu es mon enfant, tu mérites le meilleur. Et ce meilleur, je ne suis même pas convaincu que je l’obtiendrai un jour.

Tout ça parce que ton père a choisi la passion plutôt que la raison. Parce qu’il a décidé qu’un bureau ne pourrait jamais être un lieu de travail pour lui. Parce qu’il s’est dit “bordel, j’ai qu’une vie et être sur scène ou devant une caméra, c’est ce que je veux faire, coûte que coûte”. Je sais, c’est égoïste. Peut-être même que j’ai sacrifié ta vie pour vivre la mienne pleinement. Une vie contre une vie. Je ne l’espère pas mais des fois, le destin aime ce genre de blagues.

Et en même temps, je ne me sens pas coupable. Chacun devrait pouvoir faire le métier qui lui plait, pour lequel il se sent fait, sans craindre de ne pas pouvoir en vivre. Il y a assez de biens, d’argent, de nourriture sur cette Terre, pour que tout le monde puisse vivre décemment, créer, procréer et être heureux. Pourquoi devrais-je choisir entre toi, mon enfant, et lui, mon métier. Vivre sans l’un ou sans l’autre me rendra malheureux à coup sûr. Je ne veux pas choisir. Je ne peux pas choisir.

Et maman, dans tout ça ? Bah maman, pour que je l’aime, y’a 95% de chance que ce soit une artiste, alors c’est pas mieux. Faudra être sacrément solide pour t’avoir. Elle fera peut-être sauter son intermittence pour toi, c’est pour dire à quel point elle t’aimera. Tu te rends pas compte mais 507 heures, c’est pas si facile que ça à trouver. Tous les gens disent que c’est un métier de flemmards, qu’on ne travaille pas assez, qu’on crée le trou de la sécu à nous seuls. Mais nous, on ne demande que ça de plus travailler et de ne pas avoir à être aidés ! Mais quand tu vois tous les castings à passer pour décrocher un rôle, castings qui font dépenser sans forcément rapporter. Quand tu vois toutes les répets non rémunérées qu’on doit faire pour quelques petits cachets, ou une rémunération au chapeau .. Pour une poignée de gens à millions, combien en sont à manger des pommes de terre tous les soirs ?

Alors avec une montgolfière à la place du ventre, je ne vois pas comment elle pourra faire. Mais je suis sûr que ça vaudra le coup. Tu vaux tous les sacrifices du monde, mon chéri. Ou ma chérie, je ne sais pas.

Il ne me reste plus qu’à espérer vivre de ma passion, être reconnu dans mon métier.
Si ça se trouve, mon bébé, tu vas devenir enfant de stars. C’est tout le mal que je te souhaite.

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