Parler d'Amour

Une lettre bouleversante d’Audrey : “De l’amour à la haine”

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De l’amour à la haine…

Par Audrey

Je t’ai aimé. Un peu, beaucoup, à la folie. Tendrement et passionnément. J’ai été honnête, entière, sincère, du début à la fin. Je t’ai accordé ma confiance, offert mon temps, investi mon énergie pour construire, enfin je le croyais, je l’espérais, ce qui serait une belle histoire. Je t’ai offert tout cela, ainsi que mon corps et mon cœur. Mon âme. Je nous pensais connectés, aimantés. J’ai voulu voir en notre lien si particulier une histoire unique, une alchimie des corps, une osmose des sentiments, une réciprocité sans équivoque.

J’ai cru que c’était toi. Mon autre, mon évidence enfin trouvée, retrouvée. J’ai laissé l’espoir me guider, pensant que notre histoire avait enfin droit d’exister au grand jour. Oui j’ai cru, qu’après tant d’épreuves, de souffrances endurées, de frustrations, de mauvais choix, notre évidence était là. Qu’il n’y avait aucun doute, aucune inquiétude à avoir, que nous étions sur la même longueur d’ondes. Des mots, des émotions, des paroles, des sentiments. Y ai-je vu de fausses promesses ? Tant de mots, mais si peu d’actes au final. On dit qu’il ne faut pas croire aux belles paroles, que seuls les actes comptent.

En effet, j’aurais dû me méfier. Je t’ai ouvert mon cœur, mais tu l’as piétiné. Je t’ai offert ma confiance, totale et aveugle, mais tu m’as utilisée. Oui, utilisée. Tout cela n’était qu’un jeu pour toi. Sournois, malsain, malhonnête. Un jeu de séduction, un défi, un moyen de combler tes manques, de te faire oublier l’ennui dans lequel ta vie te plonge.

Je n’ai été qu’une récréation. Un jouet entre tes mains, une poupée de chiffon. Mes émotions, mes sentiments, tu t’en moques. Tu m’as utilisée, manipulée, pour assouvir ton petit jeu malsain. Tu n’as pas eu le courage d’assumer la situation et tes sentiments. Tu a choisi la lâcheté, des principes creux, une voie toute tracée, facile, sans saveur ni profondeur.

J’ai cru longtemps que tu m’avais aimée et que seules tes peurs avaient guidé ton choix. Mais aujourd’hui, quand je constate la façon dont tu me traites, je me dis qu’il n’en était rien. Tout cela était faux, ai-je eu affaire à un manipulateur, moi qui croyais pourtant si bien te connaître ? Ma perspicacité a été aveuglée par les sentiments que je te portais, je suis redevenue si naïve, si vulnérable, que tu as fait de moi ta marionnette.

Heureusement, j’ai fini par me réveiller, j’ai pris du recul, j’ai réussi à dire STOP ! Stop aux larmes, aux faux espoirs, aux échanges malsains, aux illusions inutiles. J’ai ouvert les yeux, sur toi, sur notre « pseudo-histoire », ce simulacre de relation. J’étais toujours dans l’attente, l’espoir, à ta disposition. Tu me disais « J’arrive » et j’envoyais tout balader pour ces moments volés avec toi. Mais à quel prix ? Comment se mesurent les larmes, les insomnies, l’attente ?

L’amour n’est pas un rapport de force, un déséquilibre, une culpabilisation permanente. Et pourtant, c’est ta définition. Tu me veux à ta disposition, derrière mon écran, accrochée à mon téléphone comme si ma vie dépendait de tes messages. Tu joues au chaud et froid, prêches le faux pour savoir le vrai, me dit adieu pour au final revenir déverser ton fiel, ta jalousie déplacée, ta frustration, ton instinct de propriétaire. De quel droit ?

Je ne suis pas ta femme, pas ta maîtresse. Aujourd’hui, nous ne sommes plus rien l’un pour l’autre. Me crois-tu à ce point dépendante de toi, amoureuse, vulnérable, fragile, pour vivre dans l’ombre d’une fausse relation éternellement, au gré de tes fantasmes virtuels, pour combler tous tes manques non assumés et jamais assouvis ?

Tu as instauré ce jeu, je me suis perdue dans tes règles truquées, jusqu’à avoir enfin cet électrochoc.

Tu ne m’aimes pas, tu combles un manque.

Tu ne me respectes pas, tu me manipules.

Tu n’as pas de place pour moi dans ta vie, tu me caches derrière l’écran de ta double vie virtuelle.

Tu n’assumes rien. C’est tellement pathétique.

Alors aujourd’hui c’est une grande victoire car je ne souffre plus quotidiennement, je ne pleure plus, je ne pense plus à toi à chaque instant. Je ne t’ai pas oublié, c’est évidemment impossible, mais j’ai coupé le cordon de cette relation toxique dans laquelle je m’éteignais à petit feu.

Toi. Tu réagis avec rancœur, cynisme, méchanceté. Tu utilises des mots durs, tu me considères comme une femme-jouet, tu me traites comme une idiote. Et tu ne réalises pas, hélas, que plus tu t’enfonces dans cette communication perverse et manipulatrice, plus je m’éloigne, plus je remets en cause ce que j’ai pu ressentir pour toi.

Je ne t’aime plus follement. Pour vivre un véritable amour, il faudrait le partager, le construire, le vivre. Je t’aimais aussi avec tendresse et respect. Mais tes derniers mots m’ont ébranlée. Comment éprouver de la tendresse alors que toi, tu ne le fais pas ? Pourquoi t’accorder autant d’importance alors que tu ne m’as jamais accordé une vraie place dans ta vie ?

Je ne t’aime plus, même si je te serai toujours attachée, d’une certaine façon, en souvenir de ce que l’on a partagé, car je suis une femme avec cette horrible défaut, celui d’être entière et nostalgique des bonheurs passés.

Tu ne m’es pas indifférent, il y a toujours une émotion lorsqu’un message de toi apparaît ; mais elle ne me submerge plus.

Est-ce que je te déteste ? Suis-je arrivée à l’étape de la haine ? A certains moments, oui. J’ai eu plusieurs fois l’envie de hurler, de te gifler à la lecture de tes mots si déplacés, si culpabilisants, si froids. Je ne comprendrais jamais cette méchanceté gratuite. Et puis la haine, comme l’amour, demande de l’énergie. Tant, trop. Et je ne veux plus en perdre en vain. Je ne veux plus être dépendante affective, à ta disposition, flattée bêtement par tes petites attentions, manipulée.

Aujourd’hui, j’ai pris mes distances avec ce trop-plein de sentiments, avec tes mots, avec toi.

Aujourd’hui, je voudrais juste te dire : « Dommage, tu as tout gâché ». L’amour ce n’est pas utiliser l’autre afin de combler son propre vide.

Accepter ce petit jeu, ce serait refuser d’avancer, te laisser tirer les ficelles, attendre quelque chose qui n’arrivera jamais ; quelque chose qu’au final, je ne veux plus. Car tu m’as montré ton vrai visage, et non l’amour, ce n’est pas cela.

Aujourd’hui, je ne t’aime plus, libre à toi de faire ce qu’il faut pour que je ne te déteste pas.

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