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Lettre à mon père, ce héros

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Lettre à mon père, ce héros

Par Audrey

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Une déflagration. Une onde de choc. Une gifle en plein visage, trois jets en l’espace d’une seconde, voilà ce que j’ai ressenti lorsque j’ai appris ton hospitalisation d’urgence. Mon cerveau a assimilé l’information si vite, au téléphone, que j’ai eu l’impression de me transformer en pieuvre pendant les minutes qui ont suivi. Une main qui prend clés et sac, le portable collé à l’oreille, l’autre main pour mettre mes chaussures, et les ordres rapides pour dire à mon fils de se préparer aussi.

J’ai reçu un coup de poing dans l’estomac, j’ai eu le souffle coupé, j’ai eu mal au cœur, à l’âme et j’ai retenu mes larmes juste pour que mon fils, ton petit-fils, ne me voit pas pleurer.

T’aimer, c’est une évidence. Même si on ne se le dit pas, qu’on ne se le montre pas. Tu es mon papa, un père présent, de la vieille école, avec des principes à l’ancienne, des valeurs. Avec des  défauts aussi, tu es rancunier, râleur, souvent têtu, mais tu es si franc, si généreux, si fiable, si solide. Tu es un homme comme on n’en fait plus.

Solide, c’est le mot. Je te voyais solide comme un roc, inébranlable. Et j’ai réalisé que je n’étais vraiment pas préparée à te voir fragile, diminué, sans forces. J’ai compris alors toute la force de notre lien, tout l’amour qui me lie à toi, même si ces mots, on les garde au fond de soi. Ta pudeur, ta retenue, ta brusquerie parfois, c’est ainsi, c’est toi, je ne t’en veux pas.

Je n’ai pas eu besoin de cette épreuve difficile pour réaliser à que point je t’aime et la chance que j’ai de t’avoir pour père. Non ce n’est pas ça. J’ai juste compris que j’avais terriblement besoin de toi, que tu étais un pilier dans ma vie, et je te croyais si intouchable que mon cœur de petite fille s’est mis à saigner, mes larmes à couler. Je n’étais plus une femme, une mère, je suis redevenue ta fille, une petite fille perdue, tout simplement. Et ton combat est devenu mon combat. Et le reste m’est devenu secondaire, plein de choses sont apparues tellement futiles, sans importance.

Je l’aime tant, ce temps qu’il me reste à partager avec toi, ce temps qu’il nous reste ensemble. Mon essentiel a été menacé, notre cocon, notre tribu, toi, notre patriarche, notre point de  repère.

Ils nous ont dit que tu avais eu de la chance, que cela aurait pu être bien pire, très grave, que maman avait eu un excellent réflexe en t’amenant aussi vite à l’hôpital, de prendre cette alerte au sérieux, et que les séquelles étaient minimes compte tenu de l’importance du traumatisme. Triple AVC… Rien que l’écrire me fait encore trembler, frissonner, j’en ai toujours les larmes aux yeux.

Nous avons envoyé toutes nos ondes positives pour que les résultats d’examens soient encourageants, pour que tu puisses sortir rapidement, pour que tu retrouves ton home sweet home, que tu te rétablisses. Tu as gagné cette première bataille, tu as pu quitter l’hôpital au bout de plusieurs jours. Diminué, fatigué, inquiet mais toujours debout, tenace avec cette rage de retrouver toutes tes forces, toute ta mobilité.

Je suis tellement fière de toi, de cette image de père, de mari, de grand-père, d’homme tout simplement que tu montres, que tu es. Malgré, je le sais, tes peurs, tes doutes, ta fatigue, ta frustration.

Tu es coriace, motivé, positif et ton impatience légendaire est ta force. Tu ne supportes pas l’inactivité alors je sais que tu es sur la bonne voie, celle de la guérison. En quelques jours déjà, quelques semaines, tu as fait tant de progrès. Te voir diminué, partiellement handicapé, n’ayons pas peur des mots, privé même juste un temps d’une partie de tes capacités, de ta mobilité, a été un véritable crève-cœur. Car on peut juste te soutenir, t’encourager mais cela demeure ton combat. Sur cette chienne d’épreuve, cette injustice. Il n’y a jamais de logique, de justice face à la maladie nous sommes tous égaux et vulnérables, la santé peut nous lâcher sans raison, sans préavis.

C’est une sacrée leçon de vie, d’humilité que d’y être confronté. Alors on suit tes efforts, tes progrès petit à petit et ils sont déjà si nombreux. Sans t’infantiliser, sans en faire trop. L’image du père reste, tu es resté debout, tu ne sombreras pas.

Je crois que je sais aujourd’hui d’où je tiens cette force de caractère, cette pugnacité, cette volonté. Tu me l’as transmise. Oui papa, je crois que c’est grâce à toi si aujourd’hui, j’ai moi aussi trouvé cette force de me battre contre la maladie et osé sauter le pas qui me semblait être un fossé infranchissable pour enfin être celle que je suis et faire ce que j’aime.

J’ai eu peur pendant des années de ne pas être à la hauteur de ta force, de tes attentes, je me suis sentie souvent incomprise face à ton pragmatisme, tes évidences. Maintenant je réalise que notre différence est notre force et plus je vieillis plus je me sens proche de l’homme que tu es et fière d’être ta fille.

J’espère que c’est réciproque et que tu sais, même si tu ne comprends pas toujours les décisions que je prends, que vous m’avez aidée, maman et toi, à croire en moi. Cela a pris du temps mais j’y suis arrivée et c’est grâce à vous.

Tu gagneras ce combat, papa. Tu es fort comme un roc, chaque jour qui passe te rapproche de ton intégrité d’homme, celle que tu ne veux pas perdre.

On dit de nous que nous sommes un clan, une tribu parfois et j’en suis fière. Si fière de montrer à ton petit-fils le super papy qu’il a, et lui aussi est fier de toi tu sais.

Tu es un modèle, papa. Je n’ai pas besoin de ceux des films pour savoir quel est mon héros favori. Il m’a donné la vie.

Son nom ? Juste papa !

A mon père, et à tous les hommes qui sont dignes d’être appelés « papa ».

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