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Que signifie l’expression je t’aime moi non plus en amour ?

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Impossible de penser à cette expression sans fredonner la célèbre chanson de Serge Gainsbourg et Jane Birkin. Et d’ailleurs c’est de là que tout semble venir. Depuis cette chanson qui a été un vrai succès en 1969, l’expression « je t’aime moi non plus » est entrée dans le langage courant. Peut-être que vous vivez une relation comme ça. Entre vous ça a été le coup de foudre. Restant néanmoins sur vos gardes, vous attendez que l’autre manifeste ce qu’il ressent. Qu’il vous court après comme un fou. Mais vous avez trop tardé, trop joué et quand vous vous êtes décidé à montrer vos sentiments, c’est lui qui s’est mis à jouer, à être distant. Jeu de la séduction ? C’est amusant au début, symbole de passion. Mais normalement la relation se stabilise rapidement. Sauf que dans votre cas, ça continue depuis longtemps. Trop longtemps. Un jour je t’aime, un jour je te déteste. Je t’aime mais je ne sais pas te le dire. Tu m’aimes mais je ne sais pas te comprendre. On se cherche et on se repousse. On se veut et on se fuit. Bienvenue dans le cercle vicieux du syndrome « je t’aime, moi non plus ». Que voulait dire Gainsbourg par là ? Comment cela a-t-il été interprété à l’époque ? Et surtout que signifie l’expression je t’aime moi non plus en amour ?

Je t’aime moi non plus : une expression née avec la chanson de Serge Gainsbourg 

L’histoire du scandale de la chanson « Je t’aime moi non plus »

« Je t’aime moi non plus » est une chanson française écrite, composée et chantée par Serge Gainsbourg, en duo, tout d’abord avec Brigitte Bardot en 1967 puis avec Jane Birkin en 1969.

Fin 1967, Brigitte Bardot demande à Serge Gainsbourg de lui écrire « la plus belle chanson d’amour qu’il puisse imaginer ». Il lui écrit en une seule nuit le duo Je t’aime moi non plus.

Dès sa diffusion à la radio, le scandale éclate : Gunter Sachs, mari de Bardot, menace immédiatement de poursuites en justice. Il n’y aura pas d’autre diffusion à la radio, le disque ne sortira pas et c’est la rupture sentimentale.

En 1968, Serge Gainsbourg tourne avec Jane Birkin, alors jeune actrice anglaise peu connue, dans le film Slogan. Une nouvelle histoire d’amour commence. Serge Gainsbourg, frustré de l’interdiction de l’enregistrement précédent, demande à Jane Birkin d’interpréter la chanson avec lui. Le disque sort en  1969.

Le single est interdit à la vente dans certains pays, tandis que la maison de disques préfère remplacer le titre sur l’album par La Chanson de Slogan. Officiellement rendue à son auteur, Gainsbourg en confie l’exploitation à une autre boite de production.

La chanson « Je t’aime moi non plus » : les raisons du scandale

Jane Birkin n’a que vingt ans et la chanson n’est pas que suggestive. Pour certains, elle est obscène. On parle de « duo en râles mineurs ».

Très choqué, le quotidien Il Giornale d’Italia écrit dans ses colonnes : « En l’espace de trois ou quatre minutes, Gainsbourg et Jane Birkin émettent autant de soupirs, de plaintes et de grognements qu’un troupeau d’éléphants en train de s’accoupler ».

Paroles de la chanson « Je t’aime moi non plus »

Je t’aime, je t’aime, oh, oui je t’aime…moi non plus

Oh, mon amour, comme la vague irrésolue

Je vais, je vais et je viens entre tes reins

Je vais et je viens entre tes reins

Et je me retiens

Je t’aime, je t’aime oh, oui je t’aime…moi non plus

Oh mon amour tu es la vague, moi l’île nue

Tu vas, tu vas et tu viens entre mes reins

Tu vas et tu viens entre mes reins

Et je te rejoins

Je t’aime, je t’aime, oh, oui je t’aime…moi non plus

Oh, mon amour comme la vague irrésolue

Je vais, je vais et je viens entre tes reins

Je vais et je viens entre tes reins

Et je me retiens

Tu vas, tu vas et tu viens entre mes reins

Tu vas et tu viens entre mes reins

Et je te rejoins

Je t’aime, je t’aime oh, oui je t’aime…moi non plus

Oh mon amour l’amour physique est sans issue

Je vais, je vais et je viens entre tes reins

Je vais et je viens et je me retiens

Non ! Maintenant viens !

Marqués par les râles de plaisir des couplets et le côté volontairement provocateur du refrain, certains auditeurs non francophones n’ont pas saisi le sens du vers clé : « L’amour physique est sans issue ». Cette phrase dément l’intention libertine prêtée à la chanson.

L’astuce grammaticale du titre inspirée par une déclaration de Salvador Dali « Picasso est espagnol, moi aussi ; Picasso est un génie, moi aussi ; Picasso est communiste, moi non plus » est entrée dans le langage courant, devenant une expression consacrée.

Je t’aime moi non plus : une expression consacrée devenue un jeu de mot amoureux

La subtilité du jeu de mots de Gainsbourg

La subtilité du jeu de mots « je t’aime moi non plus » vient justement de la grammaire. Si on dit je ne t’aime pas à quelqu’un, cette personne répondra moi non plus. Car la règle veut que l’on réponde à une négation par une autre négation. Mais si on lui dit je t’aime, l’autre doit répondre moi aussi et pas « moi non plus » (ou pas moi si ce n’est pas réciproque évidemment mais ce n’est pas le sujet ici).

Ainsi, l’expression « Je t’aime moi non plus » devient une contradiction dans l’affirmation même. Et toute la subtilité vient de là, créant un paradoxe du sentiment. Mais si on pense comme Gainsbourg, en toute modestie, on peut être sûr qu’il a joué du paradoxe parce qu’il adorait ça, à travers cette affirmation niée.

De façon plus pragmatique, pour résoudre ce problème, si on prend le « plus » au sens de la de quantité, et bien cela veut dire alors « moi je t’aime encore plus que ton je t’aime ».

Je t’aime moi non plus dans une relation amoureuse : le fameux « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis » ?

S’il s’agit d’une première déclaration, la personne qui répond  « moi non plus » peut le faire pour deux raisons. Soit elle a compris qu’il ne fallait pas saisir le « Je t’aime » au sens d’une vraie déclaration. Soit elle ne veut pas valider la déclaration  par un « moi aussi je t’aime ». 

Dans le cade d’un couple ensemble depuis quelques temps, pour lequel les sentiments ont déjà été avoués par le passé, on peut penser à une autre interprétation. Dans ce cas, l’expression évoque les hauts et les bas rythmant le couple : on s’aime mais on se dispute, parfois même on se fait du mal.

Enfin, c’est souvent une expression utilisée par les couples qui vivent un amour fusionnel, et torturé. Cela désigne en effet, de l’extérieur, les couples qui passent leur temps à se séparer et à se remettre ensemble, à se déchirer sans cesse.

C’est comme deux aimants qui tour à tour s’attirent puis se repoussent. Ce sont deux personnes qui s’aiment mais qui ne parviennent pas à se le montrer autrement que par la souffrance qu’elles s’infligent. Elles se cherchent désespérément mais ne parviennent pas à vivre leur amour sereinement.

Elles usent ainsi leur temps au jeu du chat et de la souris, prisonnières du cercle vicieux du fameux « suis-moi, je te suis, fuis-moi, je te suis. »

Je t’aime moi non plus : une passion destructrice et non pas de l’amour ?

Ce genre de relation tient plus de la passion amoureuse que de l’amour vrai. Oui il y a de l’amour mais la passion prédomine et détruit tout le reste. Elle est comme une longue plainte intérieure, une souffrance contenue.

L’objet de cette passion, la personne aimée, devient alors également objet de souffrance. « Je te hais parce que je t’aime ». Et ce paradoxe ronge car on passe tour à tour de l’amour à la haine et inversement.

Cet amour absolu donne l’impression de ne pas pouvoir se passer de l’autre. D’être incapable de sortir de cette spirale infernale. A force de vivre ainsi, dans un amour destructeur, on s’en nourrit. Cela devient plus qu’une envie, plus qu’un sentiment amoureux c’est un besoin, une addiction.

On est en plein dans ce paradoxe que constitue cette frontière si fine entre l’amour et la haine. Aimer devient une souffrance et l’être aimé devient l’objet et la raison de notre mal.

Aimer dans une relation basée sur le « je t’aime moi non plus » est une source d’angoisse permanente. L’amour est trop destructeur, trop fragile et trop déséquilibré pour apaiser le cœur et tranquilliser l’esprit. Il s’agit plus d’un jeu que d’amour.

Je t’aime moi non plus : une façon de fuir le véritable amour ?

Et si vous n’aviez pas envie de vous engager au fond ?

Cela expliquerait pourquoi vous continuez. Vous savez que c’est impossible de vivre une relation sérieuse et durable alors vous restez car quelque part vous ne risquez rien, d’un point de vue émotionnel et sentimental.

Peut-être avez-vous peur de revivre un chagrin d’amour ?

Et donc vous ne vous engagez pas vraiment dans l’histoire pour ne pas souffrir ? Mais là c’est vous-même que vous leurrez car vous n’accepteriez pas de rester dans une relation si compliquée si vous n’éprouviez rien.

S’agit-il d’un manque de confiance en vous ?

Jouer au « je t’aime moi non plus » est un moyen de vérifier que l’autre vous aime toujours ou pas. Vous jouez aux montagnes russes avec son cœur. Et si l’autre vous fait subir la même chose, il souffre probablement du même manque de confiance.

Le mieux à faire est de clarifier la situation car ce genre de relation rend toujours malheureux à terme. Vous ne serez jamais épanoui dans une histoire à la « je t’aime moi non plus ». Il est impossible de faire des projets, de construire, d’avoir confiance. Sauf si vous êtes deux à vouloir continuer ce « jeu ».

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